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Crédits Photo: STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Quand faut y aller, faut y aller !

Municipales : sauve qui peut chez les ministres et – ouf – ils seront sauvés…

Il y a des funambules qui avancent sur un fil sans filet. Pour les membres du gouvernement, il y en aura un et un gros.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Alexis de Tocqueville écrivit en son temps "De la Démocratie en Amérique". Sibeth Ndiaye vient d'écrire "De la démocratie en macronie". C'est très court et, comme toujours avec elle, à la portée des esprits les plus simples.

Elle a expliqué que les ministres qui se présenteraient aux municipales et qui seraient battus pourraient rester membres du gouvernement. Mais qu'en est-il alors de la sanction du suffrage universel ? Sibeth Ndiaye a balayé cette objection d'un revers de la main : "nous ne sommes pas dans une démocratie à l'anglo-saxone".

Mais alors dans quel type démocratie sommes-nous ?  On a bien compris que le but de la manœuvre était d'inciter les ministres à aller au charbon pour un scrutin dont les résultats font trembler LREM. "Allez-y. Si vous gagnez tant mieux. Et si vous perdez, vous gagnerez aussi".

Quelques-uns, les plus courageux, ont franchi le pas : Edouard Philippe au Havre, Gérald Darmanin à Tourcoing, Franck Riester à Coulommiers. Ils aspirent donc à être maires ? Pas du tout : ils veulent conserver leur portefeuille. Parce que maire c'est bien mais ministre c'est tellement mieux…

Darmanin et Riester y sont allés d'une déclaration qui restera gravée dans le marbre de l'éloquence française : "si le Président de la République et le Premier ministre continuent à vouloir me confier des responsabilités au sein du gouvernement, je ne me déroberai pas". Oui, ils ne se déroberont pas !  Quel sens du sacrifice.

Edouard Philippe, lui, a été encore plus clair. S'étant assuré à l'avance de la confiance d'Emmanuel Macron, il a simplement annoncé que s'il était élu, il laisserait la place à l'actuel maire, son ami, et qu'il repartirait aussitôt pour Paris où le devoir l'appelle.

On ne sait ce que vont en penser les électeurs du Havre, de Tourcoing et de Coulommiers. Peut être estimeront-ils qu'on les prend pour des cons. Un sondage publié et commenté sur Atlantico indique qu'en Occident une majorité de citoyens ne croient plus en la démocratie. La France d'Emmanuel Macron et de Sibeth Ndiaye est pour beaucoup dans ce résultat. 

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