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Municipales : 64% des Français comptent sur leur maire pour développer la solidarité intergénérationnelle

Selon un sondage de l'Ifop sur "les attentes des Français envers les maires en matière de solidarité", près de deux Français sur trois (64%) en appellent à la responsabilité du maire pour créer des activités favorisant l’émergence de nouvelles solidarités notamment entre les générations.

Paul Cébille

Paul Cébille

Paul Cébille est Analyste Opinion Senior et Chargé d'étude à l'IFOP. 

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Atlantico.fr : A l'occasion du premier tour des élections municipales ce dimanche 15 mars, l'IFOP publie un sondage sur "Les attentes des Français envers les maires en matière de soldiarité". D'ordre général, avant tout, les Français attendent-ils beaucoup de leur maire ? 

Paul Cébille : Les maires sont à la fois adorés (si l’on en croit les sondages) et détestés (si l’on en croit les attaques verbales et physiques dont ils font l’objet) des Français. Ils sont aussi en première ligne face aux problèmes des Français et n’ont pourtant que des prérogatives limitées pour y répondre.

Pour comprendre le poids moral qui repose sur les maires, il faut se pencher sur l’image d’un « bon maire » comme décrit par les Français dans un sondage Opinionway de 2019. Ce portrait tient principalement dans l’image de proximité que les Français ont de leur maire et des traits positifs qui y sont associés. Ainsi, plus de six Français sur dix considèrent que leur maire doit être honnête - dont 40 % estiment que c'est le plus important-  45  %  pensent  qu’il  doit  tenir  ses  promesses  et  enfin  34  %  estiment  qu’il  est important qu’il soit proche des "gens comme [eux]". Ce dernier item monte à 42 % dans les communes de moins de 2 000 habitants, illustrant le besoin de proximité. Au contraire, l’orientation politique du maire est citée comme source de confiance par seulement 7 % des Français (mais 13 % dans les communes de plus de 200 000habitants), signe que le jugement des Français va se porter sur l’action du maire et sa personnalité plutôt que son appartenance partisane.

Pour résumer simplement, toutes les qualités qui manquent chez les hommes et femmes politiques au plan national sont recherchées chez les maires qui sont ainsi soumis à des attentes qu’ils n’ont sans doute pas envisagé devoir supporter au début de leur mandat.

Alors que les liens de solidarité s'effritent, 64% des Français interrogés attendent du maire qu'il crée des activités favorisant l'émergence de nouvelles solidarités. Cette volonté est-elle partagée à la fois par les Français ruraux et citadins ?

Notre sondage IFOP pour l’Alliance VITA souligne une légère mais notable différence d’opinions entre citadins et ruraux. Si 54% des ruraux jugent que c’est la responsabilité du maire de favoriser les nouvelles solidarités, le taux montre à 74% parmi les citadins de l’agglomération parisienne, dont 32% le pensent « tout à fait ». Une différence qui n’est pas nouvelle car on peut faire remonter l’effritement du lien social citadin au début de la révolution industrielle et de l’exode rural. Les citadins se trouvent souvent coupés de leur famille et ne peuvent compter que sur un réseau amical limité et récent, à l’inverse des Français plus ruraux qui bénéficient de liens plus larges - leurs voisins - et durables car ils y ont bien souvent vécu toute leur vie. Dans ce contexte les citoyens se tournent plus facilement vers les services proposés par la mairie, porteuse d’intérêt général, pour résoudre leurs problèmes.

Comment expliquer que cette attente en matière de solidarité soit si grande ? Quelle catégorie de la population en est la plus demandeuse ? 

Depuis plusieurs années maintenant, l’individualisation des modes de vie et le développement du numérique ont créé un besoin chez les citoyens d’actions communes et de socialisation. Sur ce plan, les initiatives des acteurs privés viennent concurrencer les acteurs publics et calquer les exigences des citoyens sur l’action des maires. Ces derniers doivent ainsi avoir à la fois des résultats mais être innovant et s’adapter aux différentes populations.

Sans surprise ce sont les populations les plus isolées et les plus vulnérables qui sont demandeurs de solidarité de la part du maire. Outre les catégories populaires dont on comprend les besoins dans un contexte où le chômage diminue certes mais où les inégalités demeurent, on notera la part importante de femmes (22%) et de Gilets jaunes (24%) en demande de solidarité. Ces deux catégories résonnent particulièrement dans le contexte actuel, avec une révolte des Gilets jaunes où les femmes seules avec enfants étaient surreprésentées.

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