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Michel Onfray.

Misère de la philosophie

Michel Onfray, l'homme qui crache sur les morts de Paris

Il y a eu des morts, beaucoup de morts à Paris. Et alors, dit le philosophe. Car c'est nous qui avons commencé.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Michel Onfray est philosophe. Et même selon Le Point le philosophe le plus populaire de France. Il passe pour " politiquement incorrect" depuis que Valls  - qui aurait mieux fait de se taire – a dénoncé ses sympathies intellectuelles pour Alain de Benoist. Parfois Onfray est rouge. Parfois il est brun. Ce qui donne rouge-brun.

Mais ces couleurs sont trop banales pour un penseur de son envergure, toujours soucieux de ne jamais emprunter des sentiers battus.  C'est pourquoi il a rajouté du vert (celui de l'Islam) à sa palette. Et même – abondance de couleurs ne nuit jamais – du noir (celui de Daesh). Comme Onfray est le "philosophe le plus populaire de France" et que, de surcroit, il est "politiquement incorrect", une garantie qu'avec lui on ne va pas s'ennuyer, Le Point a décidé de l'interviewer. Et le titre est " la France doit cesser sa politique islamophobe".

C'est peu dire que les assassins de Daesh fascinent le philosophe. "Ils ont une vision de l'Histoire contrairement à nous (l'Ooccident) soumis à un matérialisme trivial et aux mafias de l'argent". Les filles yézidis violées et vendues comme esclaves sexuelles, les otages égorgés, le pilote jordanien brulé vif et les mécréants crucifiés apprécieront.

Michel Onfray admet que nous sommes en guerre. Mais cette guerre, dit-il, c'est nous qui l'avons commencée avec Georges Bush. Bien sûr ! Michel Onfray ne sait pas, et en tout cas ne veut pas savoir, qu'il y a eu plus de 3 000 morts un certain 11 septembre à New-York. Mais bon c'était juste des Américains… Le journaliste du Point essaie de l'émouvoir : "mais les gens de Daesh ont tué des innocents chez nous !". Réponse du philosophe : "nous aussi nous avons tué des innocents". Parfaite égalité donc dans le match Daesh-Occident. En tout cas selon l'arbitre qu'est Michel Onfray.

>>> Lire aussi : L'Etat islamique utilise Michel Onfray dans sa dernière vidéo de propagande

Le philosophe est aussi en colère : "de quel droit les appelons-nous des barbares ?". Oui de quel droit ? Car selon Onfray ils sont comme nous. "Ils font à la disqueuse (il voulait sans doute dire à la tronçonneuse) ce que nous faisons avec des drones". Là encore égalité dans le match Daesh-Occident. Barbares contre barbares : on devrait pouvoir s'entendre non ?

Michel Onfray, répétons-le sinon on risque de l'oublier, est philosophe. Pour certain ça consiste à essayer de penser. Pour d'autres c'est juste un job. Onfray philosophe à Caen. Dans de nombreuses madrasas du Yemen, de Syrie, d'Irak, de Pakistan et d'Afghanistan on philosophe de la même façon que lui. De manière certes un peu plus fruste : les prédicateurs de ces écoles coraniques n'ont lu que le Coran. Onfray, lui, a lu beaucoup de livres. Pas sûr que ça lui ait servi à grand-chose.

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