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Les organisations anti mariage gay comme Civitas sont accusées de radicaliser le débat.

Têtus

Mariage homosexuel : qui des Civitas et autres extrémistes ou de ceux qui voient des homophobes partout sont les plus dangereux dans la dégradation actuelle du climat politique ?

Dans le débat sur le mariage homosexuel, c'est justement l'absence de débat qui marque le plus. D'une part comme de l'autre, les points de vue semblent bornés à se stigmatiser mutuellement, dans un refus généralisé de participer au dialogue.

Michel Maffesoli

Michel Maffesoli

Michel Maffesoli est Membre de l’Institut universitaire de France, Professeur Émérite à la Sorbonne. Ces derniers livres publiés sont "Écosophie" (ed du Cerf, 2017), "Êtres postmoderne" ( Ed du Cerf 2018), "La nostalgie du sacré" ( Ed du Cerf, 2020).

 

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Atlantico : Sur fonds de débat sur le mariage pour tous, le climat politique s’est rapidement dégradé et plusieurs agressions homophobes ont été reportées. Beaucoup montrent du doigt les organisations comme Civitas. Quelle est la part de responsabilité de ces organisations dans la dégradation du climat politique ?

Michel Maffesoli : Le problème général est qu’il existe une violence symbolique. A partir du moment où l’on s’attaque à un certain nombre de valeurs communes partagées par le commun des mortels, cela peut susciter des violences physiques.  

J’avais été frappé il y a quelques semaines, lorsque les groupes de Femen étaient venues agresser ces pauvres intégristes catholiques avec des cornettes de bonnes sœurs et les seins nus, c’est une violence symbolique. Il n’y a pas de violence physique mais cela choque et agresse les valeurs de ces gens et quoiqu’on en pense ces valeurs sont là. Cette violence ne peut susciter en retour qu’un coup de poing, ou une violence de cet ordre.  

Le fait d’accuser les opposants au mariage homosexuel d’homophobie participe-t-il de cette violence symbolique ?

On constate une forme de conformisme. Il existe une forme d’auto proclamation de certains lobbys, de représenter l’ensemble des homosexuels. Par ailleurs, le fait de mettre en avant que si l’on est contre cette loi, on est réactionnaire, est une violence. Cela s’inscrit dans cette tendance au politiquement correct.

Il ne s’agit pas de justifier les destructions de bars gays ou les passages à tabac d’homosexuels. Mais alors que l’on condamne les coups de poings, on ne condamnera pas la violence des propos et le mépris des valeurs de certaines personnes.

Comment éviter que le débat ne dérape davantage et ne s’envenime ?

C’est un autre problème. Je ne sais pas si c’est possible parce que sous prétexte de détenir la vérité, le Parti socialiste a imposé cette loi. Cela ne peut aboutir qu’au climat délétère dans lequel nous sommes.

A partir du moment où les autres positions ne sont pas prises en compte, le climat ne peut être apaisé.

Est-il encore possible de réconcilier ces différentes franges de la population ?

Je ne vois pas comment cela pourra s’arranger tant que le discours sera de dire que l’on détient la vérité parce que l’on est progressiste. Cette assurance de détenir la vérité ne peut que susciter des comportements de violence. La sagesse serait d’une certaine manière, comme dans le cas de la loi sur l’école en 1984, de suspendre cette loi. Même si elle est votée, elle devrait être suspende pour qu’il y ait un vrai débat. Parce que la violence physique apparaît à partir du moment où l’on ne peut pas s’exprimer.

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