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Bon appétit…

Mais quel besoin avez-vous, monsieur Macron, de vous faire servir la soupe par Edwy Plenel ?

Il y en a qui mangent à tous les râteliers. Vous, vous mangez à toutes les télés.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Vous êtes, monsieur le Président, un télévore. Un téléphage. Un télévangéliste à la française. Vous aviez déjà les caméras de TF1 pour le 13 Heures de Jean-Pierre Pernaut. Vous y avez ajouté BFMTV et RMC. Et, jamais rassasié, vous y avez coopté Mediapart !

Une telle goinfrerie dépasse l'appétit normal d'un homme normal. Mais savez-vous seulement qui est Edwy Plenel, que vous avez convié à votre table déjà si bien remplie ? Vous n'ignorez quand même pas que le patron de Mediapart est depuis des années, et aujourd'hui encore, le porte-parole à peine dissimulé des Frères musulmans !

Avant vous, en invité d'honneur, il y avait là-bas Tariq Ramadan. Il bénéficiait d'un rond de serviette à Mediapart. Oui, frère Tariq était grand ! Oui, son intelligence forçait le respect ! Oui, Edwy et Tariq débattaient ensemble à la même tribune ! Tariq disait du bien de l'islam et Edwy disait du bien de Tariq.

Concubiner avec un prédicateur qui était le héraut présentable de l'islamisme le plus obscurantiste ne gênait en rien le patron de Mediapart. Puis – ô rage, ô désespoir – Ramadan s'est ratatiné sous le poids de ses turpitudes sexuelles particulièrement abjectes. Et Plenel a été contraint de prendre ses distances d'avec un homme dont il assurait la promotion.

Sic transit gloria mundi… Vous savez tout ça, n'est-ce pas monsieur le Président ? Vous n'êtes pas dégoûté ? Manifestement, non. Il est vrai que vous êtes un adepte du "en même temps". En même temps, BFMTV et Mediapart. En même temps, RMC et Mediapart… Vous n'ignorez pas non plus que, même sans Ramadan, Edwy Plenel continue à ferrailler pour défendre l'honneur des musulmans blessés et la dignité piétinée des "jeunes" de banlieue.

On vous a montré la dernière photo que le patron de Mediapart a mise en ligne sur son site ? On y voit Plenel entouré de trois "jeunes". Ils portent tous les trois le même sweat-shirt avec l'inscription : "Urgence, la police assassine". Oui, la police, votre police, monsieur le Président, assassine ! Les cadavres de ses victimes jonchent par dizaines les pavés de La Courneuve, les artères de Champigny et les cages d'escalier de Sarcelles.

Comment s'étonner après ça qu'une jeunesse en colère cherche à se venger dès lors qu'on la massacre ? Comment s'étonner que deux policiers soient égorgés à Magnanville ? Que d'autres soient caillassés et frappés à l'aide de battes de baseball ? Que d'autres encore brûlent dans leur voiture par la grâce de quelques cocktails Molotov ? Edwy Plenel comprend tout ça. Et vous, vous comprenez Edwy Plenel.

On se demande ce qui vous a pris, monsieur Macron. Vouliez-vous donner un coup de pouce à un site – Mediapart – affaibli par le scandale Ramadan ? Avez-vous jugé nécessaire – charité chrétienne oblige – de verser une pièce dans la sébile d'un Plenel souffreteux ? Ou peut-être, en froid calculateur, avez-vous pensé qu'après avoir parlé à la France profonde de Jean-Pierre Pernaut, il fallait se faire entendre des populations musulmanes en détresse et des islamo-gauchistes vieillissants ?

Une autre hypothèse, un peu désobligeante pour vous, vient à l'esprit. Comme chacun sait, la capacité de nuisance de Mediapart est grande. Ce site a déjà fait tomber des ministres et des députés. Auriez-vous quelque chose à vous reprocher, monsieur le président ? La bienveillance de Plenel vous serait-elle nécessaire ?

Nous nous refusons à croire une chose pareille. Il y a plus de 40 ans, Edwy Plenel, alors jeune militant de la LCR, avait écrit un texte se félicitant de l'assassinat des athlètes israéliens lors des JO de Munich. Des méchants – Marine Le Pen en tête – l'ont exhumé. Plenel s'en est expliqué : "J'avais 20 ans". Et il a récusé ses anciens propos. Je suis sûr, monsieur Macron, que vous avez été sensible à ce tendre aveu. Car vous aimez la jeunesse. Plenel aussi. Et quand on aime, on a toujours 20 ans…

 

 

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