Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Politique
Pour la droite, l'heure est encore aux consultations et aux réflexions.

Et pendant ce temps-là, où en est le rassemblement post-primaire ?

Mais où est passé François Fillon, et où en est le rassemblement à droite ?

Alors que la victoire écrasante de François Fillon à la primaire a permis de créer une véritable dynamique à droite, certains juppéistes déçus ou opposants à la ligne libérale du député de Paris pourraient briser le rassemblement promis par tous au lendemain du second tour.

Saïd Mahrane

Saïd Mahrane

Saïd Marhane est rédacteur en chef au journal hebdomadaire Le Point. Il couvre particulièrement l'actualité politique.

Voir la bio »

Atlantico : Deux semaines après le second tour de la primaire de la droite et du centre, et alors que les projecteurs sont braqués sur la primaire de la gauche, comment l'union de la droite se déroule-t-elle ? 

Saïd Mahrane : L'heure est encore aux consultations et aux réflexions quant à la stratégie à adopter. Nous sommes en décembre et François Fillon a encore pour lui un peu de temps pour imaginer comment, et avec qui, il va mener bataille. Une position qui sera sans doute, quoi qu'il en dise, infléchie en fonction de celui qui sortira gagnant de la primaire de gauche. Mais gare à celle ou celui qui viendrait rompre le rassemblement promis par tous au lendemain de la primaire. S'il y a une dynamique, et à l'heure où les socialistes vont se déchirer lors d'une campagne interne, il est important de ne pas la briser par des aigreurs ou des amertumes. Fatalement, il y aura des déçus qui peut-être ne pourront s'empêcher de se répandre dans la presse. Mais je distingue ces aigris de ceux qui peuvent être en désaccord avec la ligne libérale adoptée jusqu'ici par François Fillon. Quand Gérald Darmanin, un des derniers seguinistes old school, met en avant la nécessité de parler à l'électorat populaire, il exprime une conviction profonde, partagée par d'autres. Nul ne peut l'accuser de propager la division. 

Le scénario de 1995 après le duel Balladur-Chirac où tous les balladuriens avaient été mis à l'écart peut-il se répéter ? Comment les juppéistes réagissent-ils ? 

Tous les balladuriens n'ont pas été écartés, car je vous rappelle que François Fillon, qui a soutenu et fait campagne pour Balladur, a été ensuite nommé ministre - à la demande de Séguin - dans le gouvernement Juppé. Mais si Fillon, aujourd'hui, voulait jouer la vengeance ou le clanisme, il irait au devant de terribles déconvenues. S'il veut avoir des frondeurs, c'est le meilleur moyen de s'y prendre ! L'homme est connu pour être rancunier, mais il est aussi suffisamment intelligent pour faire fi des fidélités et des vexations du passé et avoir un minimum de représentativité dans sa future équipe. En outre, si, comme il le dit, son souci ne sera pas le casting au moment de composer son gouvernement mais la compétence, il ne s'embarrassera pas de ce genre de considérations, au point où il pourrait sacrifier des proches. 

Peut-on considérer que les investitures aux législatives permettront de garantir la réconciliation ? 

A la marge, car il y a beaucoup de députés sortants qui seront reconduits. L'exercice des investitures suscite toujours des crispations. Il faudra bien "traiter" les recalés. En outre, s'agissant de la cohésion de la droite, il faudra voir ce que feront Juppé et Sarkozy. Apaiseront-ils leurs troupes ou les inviteront-elles à faire entendre leur petite musique ? A priori, je pense que l'un et l'autre sont plutôt dans de bonnes dispositions. 

Le sujet vous intéresse ?

À Lire Aussi

François Fillon est-il l'homme du renouveau de la droite ?Mais que va devenir cette droite des valeurs qui pensait lancer ses propres frondeurs en cas de victoire d’Alain Juppé ? Robert Ménard : "Les valeurs de la droite hors les murs se retrouvent sans aucun doute dans le discours de François Fillon"

Mots-Clés

Thématiques

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !