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Les mots justes

M. Macron, pourriez-vous essayer "lupanar" au lieu de "bordel"?

Vous semblez ne pas connaitre les infinies richesses de la langue française. Nous sommes là pour vous aider.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Vous avez donc remis ça avec le mot "bordel". Après les" ouvriers "qui foutent le bordel" vous avez fustigé les "journalistes qui foutent le bordel".  C'est d'un vulgaire ! Et ce qui est encore plus vulgaire c'est l'utilisation du verbe "foutre". Vous ne connaissez pas le sens premier de ce mot ? Pour vous mettre sur la piste, permettez-nous de vous indiquer qu'un bordel était autrefois aussi appelé un foutoir…

Un peu de tenue SVP M. Macron! Reprenez-vous! Il est encore temps. Croyez-vous que Brigitte vous aurait épousé si elle avait eu connaissance de vos écarts de langage? Pensez-vous que chez les Trogneux, une famille de la bonne bourgeoisie amiénoise, le mot "bordel" avait cours ? Ne craignez-vous pas qu'elle vous quitte ayant pris connaissance de vos penchants pour la grossièreté ?

Mais tout n'est pas perdu pour vous. Il y a d'autres mots que celui de "bordel" et qui veulent dire la même chose. Par exemple "lupanar". Et sur les fresques de Pompéi on peut voir à quoi ressemblait ce temple des délices tarifés. Ça fait chic. Et dans la bonne société, ça fait de vous un gentleman cultivé…

Quand vous vous serez lassé de "lupanar", vous pourrez passer à "maison close". Ou mieux, à "maison de tolérance". C'est suranné, distingué donc, et ça plaira chez les Trogneux. Mais quand vous serez avec vos potes, entre hommes, vous pourrez prendre quelques libertés.

Ainsi vous n'hésiterez pas à dire "boxon", "bobinard" et "claque". J'attire votre attention sur le fait que ce dernier mot fait un peu voyou, du temps de mauvais garçons à Pigalle. Mais un président de la République a le droit de s'encanailler un peu…

Je vous connais mal. Mais je suppose qu'il vous arrive de temps en temps – moins souvent que chez Chirac  - de dire " putain". Et là aussi il faut que vous cessiez. Pensez à "fille de joie", à "demoiselle de petite vertu". Les jours ou vous aurez la nostalgie de la monarchie, à "courtisane".

Enfin, j'ai une idée (désolé qu'elle vienne si tard). Oubliez "bordel", "cloaque", "boxon" etc. Il y a un très beau mot, hélas tombé en désuétude depuis que nous avons perdu nos colonies. C'est "bousbir". Du nom de l'ancien quartier réservé de Casablanca. Oui, c'est "bousbir" qu'il vous faut! Vous n’êtes pas connu pour être un opposant actif du multiculturalisme. Bousbir, décidément, vous siérait à ravir.

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