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©BERTRAND GUAY / AFP

CAMPAGNE ÉLECTORALE

LR intermittent : mais à quoi a donc joué Gérard Larcher pendant les sénatoriales ?

Réélu sénateur du Finistère dimanche, Philippe Paul a annoncé qu'il quittait les Républicains à l'issue des sénatoriales après le soutien apporté par le président du Sénat Gérard Larcher envers Michel Canévet, élu sur une liste centriste concurrente dimanche. Pour Atlantico, il revient sur les raisons de son départ.

Philippe Paul

Philippe Paul

Philippe Paul est sénateur (LR) du Finistère. Il a notamment occupé les fonctions de président départemental des Républicains. 

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Lundi, j'ai annoncé que je quittais Les Républicains, et donc la présidence de la Fédération du Finistère.

Cette décision, qui n'a pas été facile à prendre, suscite de nombreuses interrogations et de tout aussi nombreux commentaires.

Aussi me paraît-il utile de préciser les raisons de mon départ. Ces raisons tiennent principalement en deux points : 

- le soutien apporté par le Président du Sénat à Michel Canévet, tête de la liste de la majorité présidentielle. 75 voix séparent nos deux listes et j'ai la conviction que sans la confusion consécutive à ce double soutien (Gérard Larcher soutenait aussi la liste que je conduisais), l'issue aurait été bien différente, d'autant que mon concurrent s'est bien gardé tout au long de la campagne d'indiquer avec clarté son positionnement politique. Résultat, une sénatrice LREM, Nadège Havet, a été élue. Ces attitudes ambigües ne relèvent vraiment pas de ma conception de la politique !

- lundi, le groupe de l'Alliance pour le Finistère, qui rassemble les élus de la droite et du centre au Conseil départemental, s’est félicité de mon élection, mais aussi de celle de Michel Canévet et de Nadège Havet. Il y a là un grand écart que je ne sais pas expliquer aux électeurs. Au plan national, LREM et Les Républicains s'opposent et au plan départemental, nous devrions nous réunir pour essayer de battre le Parti Socialiste et de récupérer la majorité au Conseil départemental ? Comment l’électeur finistérien peut-il s’y retrouver ? Sans compter que le même jour aux élections régionales, les mêmes feront, peut-être, sans doute, listes à part. Ces attitudes sont aussi illisibles qu'incohérentes ! En tant que président départemental, je ne me voyais pas assis autour d'une table avec le chef de file de l'Alliance pour le Finistère, Maël de Calan, Michel Canévet et Richard Ferrand ou le représentant départemental de LREM pour préparer ces élections de 2021. J'ai préféré me retirer.

Pour autant, je ne renie pas ma famille politique. Je lui reste fidèle, comme je l'ai été à l'UMP auparavant, en restant rattaché administrativement au groupe des Républicains au Sénat. Demain, bien évidemment, je voterai pour la réélection de Gérard Larcher à la présidence du Sénat. Nous nous sommes d'ailleurs expliqués hier soir. Et chaque mois je continuerai à verser au parti ma cotisation d'élu. Simplement, par ma démission, je souhaite alerter sur la perte de boussole politique : je ne soutiens pas l’action de ce gouvernement mais, à vouloir jouer sur tous les tableaux, nos propres responsables ont contribué à faire entrer au Sénat des élus qui le soutiennent. Je ne peux l'accepter !

S'il est évident que le parti Les Républicains ne peut gagner seul des élections, que des alliances sont nécessaires, encore faut-il qu'elles s'opèrent en pleine lumière et sur des bases claires et compréhensibles par les électeurs. C'est bien le moins que nous leur devons !

Philippe PAUL

Sénateur du Finistère

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