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Logement : il faut faire tout le contraire de la politique d’Anne Hidalgo !
©LIONEL BONAVENTURE / AFP

Tribune

Logement : il faut faire tout le contraire de la politique d’Anne Hidalgo !

Le prix du logement mine le quotidien des Parisiens. Il vampirise le dynamisme de Paris. Il rétrécit Paris ! Depuis le début de la mandature d’Anne Hidalgo, Paris a perdu en population l’équivalent de l’un de ses arrondissements.

Marie-Claire Carrere-Gee

Marie-Claire Carrere-Gee

Présidente du groupe LRI à la Mairie de Paris
Conseillère de Paris, Candidate (LR) à la Mairie de Paris

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Le sujet du logement est l’angle mort de la campagne des municipales : personne n’en parle vraiment parmi les candidats à la Mairie de Paris. Il est vrai que le poids des facteurs structurels qui poussent à la flambée des prix a de quoi rendre muet : rareté de l’offre, baisse des taux d’intérêts, éclatement des ménages… Des solutions existent cependant, à condition bien sûr de ne pas promettre la lune. Leur point commun : il faut ranger le dogmatisme au vestiaire et faire l’inverse de ce qui a été entrepris sous la dernière mandature.

Le point de départ, c’est de créer une offre locative abordable : elle est n’existe pas à Paris ! D’abord, les investisseurs n’y sont pas du tout encouragés, car le Pinel ancien n’est pas rentable à Paris : le plafond de l’avantage fiscal étant trop bas. Il faut absolument faire un « Pinel adapté » pour Paris et les communes voisines. Ensuite, la Ville de Paris doit cesser ses pratiques aux limites de la légalité consistant à céder aux bailleurs sociaux un grand nombre d’appartements à loyers libres, pour pomper la trésorerie des bailleurs et booster les chiffres du logement social. Ces chiffres -7 500 nouveaux logements chaque année revendiqués par la Mairie de Paris-, sont en effet une pure farce : seuls 2 500 sont de nouveaux logements, le reste correspondant à ces transformations qui ne changent rien – les appartement dont on change l’étiquette demeurent occupés par les mêmes locataires-, et à des préemptions dans le privé. Enfin, beaucoup de jeunes Parisiens, nés à Paris, n’ont aucun avenir dans leur propre ville : nous ne pouvons rester les bras ballants devant cette situation si choquante et cette perspective si sinistre !   Mon projet de « Capital » pour les jeunes parisiens – un prêt avec la caution de la Ville de Paris pour tout jeune qui le demande, jusqu’à 50 000 euros, remboursable lorsqu’il commence à travailler avec des mensualités adaptées aux revenus – peut servir à beaucoup de jeunes pour débloquer leur accès au logement et leur permettre de s’installer.

Pour lutter contre la flambée des prix de l’immobilier, il faut bien sûr agir à l’échelle, au moins, de la métropole.  Mais évitons déjà d’alimenter inutilement la hausse des prix ! La Mairie doit cesser cette folie qui consiste à acheter à prix d’or des appartements dans le parc privé pour les labelliser « logement social ». Nous approchons des 25% exigés par la loi. Dans le 13e arrondissement, on tangente les 40% : jusqu’où ira-t-on ? Le « tout logement social » qui a tenu lieu de politique du logement à Anne Hidalgo et son adjoint communiste Ian Brossat produit désormais beaucoup d’effets pervers. Cette politique purement dogmatique jette de l’huile sur le feu du marché de l’immobilier. Elle crée des inégalités criantes au sein des classes moyennes à revenus modestes. Lorsqu’on dispose, à vie, d’un logement social à 6 ou 8 euros le mètre carré, que l’on paie son logement l’équivalent d’un smic moins cher que dans le privé, où est l’incitation à gagner plus et sortir du logement social ? Tout cela pour habiter dans le parc privé, à 30 ou 35 euros le mètres carrés et s’exposer à en être exclu di l’on perd son emploi ou au départ en retraite ? Il faudrait être fou…Un autre levier est la transformation de bureaux en logements, engagée tardivement et à un rythme insuffisant : 1 à 2 millions de mètres carrés de bureaux sont durablement vides à Paris.  Il faut également mettre un coup d’arrêt à la progression des résidences secondaires qui représentent déjà 8% du parc et beaucoup plus dans les arrondissements centraux. Notamment de la part d’étrangers, qui achètent beaucoup et trop cher par rapport au marché. Je refuse que Paris devienne le terrain de jeu d’héritiers et d’étrangers fortunés. La politique de taxation des logements vacants – 8% du parc, comme les résidences secondaires et la surtaxation de ces dernières au titre de la taxe d’habitation doit naturellement être poursuivie. Et il faut aussi lutter sans merci contre toutes les fraudes liées aux plateformes comme AirBnB : la Mairie de Paris s’y est engagée avec énormément de retard.

Pour la municipalité actuelle, la propriété est un gros mot : Madame Hidalgo ne consacre qu’1% des quelques 450 millions du budget logement à l’accession sociale à la propriété. Il faut offrir l’accès à des appartements qui dissocient la propriété du foncier et celle de l’appartement et proposer l’acquisition de logements HLM à leurs locataires. L’existence d’une offre résidentielle continue – logement social, logement à loyer abordables, accession à la propriété – est seule de nature à faire respirer l’offre à Paris. Cela peut également doper le taux de rotation dans le parc social, moins de 5% aujourd’hui, libérant ainsi des dizaines de milliers de logements chaque année.

Enfin, il faut complètement réorienter la politique du logement social. D’abord, la Mairie de Paris doit réserver 10% des attributions annuelles aux personnels soignants, aux policiers – bref à celles et ceux qui travaillent H24 au service des Parisiens. Il manque plus de 400 infirmières à l’AP-HP !  Par ailleurs, Madame Hidalgo a asséché la trésorerie des bailleurs d’un milliard d’euros et les subventions à la rénovation du logement social ont fondu : l’an dernier, c’était 20 millions d’euros pour 240 000 logements environ, soit une moyenne de 80 euros par logement ! Priorité doit être donnée à la rénovation du parc : les locataires de logements sociaux doivent pouvoir vivre dans un cadre digne. 

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