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©FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Pas encore...

Lille/PSG: 5/1 Les Parisiens passent encore à côté du titre et explosent en plein vol au stade Pierre Mauroy

Cette défaite des Parisiens est tout sauf anecdotique car il relance les doutes sur la capacité du PSG et de Thomas Tuchel d'atteindre ses objectifs à l'avenir.

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez est entraîneur de tennis... et préparateur physique. Il a coaché des sportifs de haut niveau en tennis. 
 
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Encore raté ! Hier soir, face à son actuel dauphin, un nul suffisait aux joueurs de Thomas Tuchel pour être sacrés champions de France. En perdant lourdement sur la pelouse de Lillois euphoriques, juste après avoir fait match nul à Strasbourg, le PSG a encore retardé l'inéluctable. S'il est entendu que les Parisiens seront champions sous peu, cette défaite n'est pourtant pas anecdotique... et elle est aussi lourde que ses raisons sont nombreuses.
 
En premier lieu, il faut rendre grâce à la copie rendue par les Lillois. Si les flèches que sont Ikoné, Pepe et Bamba ont été des poisons constants, le reste de l'effectif s'est également montré à la hauteur de l'évènement. Physiquement impressionnants, techniquement sûrs, les joueurs du LOSC ont fait la démonstration formidable que leur seconde place au classement est tout sauf usurpée. Ce matin, avec une différence de buts soignée, ils comptent 8 pts d'avance sur Lyon, leur concurrent direct dans la course à la qualification pour la Ligue des Champions. Dire que les circonstances du match furent totalement à leur avantage est un euphémisme. En présentant un effectif décimé par les blessures et en subissant rapidement l'expulsion de Bernat (36ème minute), il était évident que l'affaire se présentait mal pour les joueurs de Thomas Tuchel. Le début du match avait pourtant été trompeur. Les débats étaient équilibrés, le match était engagé et l'égalisation de Bernat (11ème minute) avait été une belle réponse apportée au but marqué contre son camp par Meunier (7ème). Mais tout cela, c'était juste avant la catastrophe et l'avalanche improbable de buts marqués par Pepe (51ème), Bamba (65ème), Magalhaes (71ème) et Fonte (84ème). Le résultat : une fessée historique et méritée.
Comment l'expliquer ? Ce matin, on ne peut s'empêcher de penser que le principal responsable de cette déroute est Thomas Tuchel. En choisissant de conserver trois joueurs offensifs et en cherchant le déploiement d'un jeu résolument ambitieux, le coach Allemand a certainement mis en place une politique dont il n'avait pas les moyens. Lorsque l'on joue pour gagner au lieu de simplement chercher à ne pas perdre et lorsque l'on permet à l'adversaire de jouer sur ses points forts, il est autorisé de penser que les conditions de l'échec sont réunies. Si l'on ajoute les prestations catastrophiques d'Alves, de Kehrer (malade) et de Draxler, et la nervosité maladive de Verratti (qui le privera de la finale de la Coupe de France) on aura une vision plus complète des explications de la défaite. Hier soir, contrairement aux semaines précédentes, le club Parisien n'a tout simplement pas pu cacher la misère.
 
Tôt ou tard, nous l'avons dit, le PSG sera titré. Et peut-être même dès mercredi prochain à Nantes. L'équipe de la capitale devra alors se focaliser sur le dernier objectif de la saison: remporter la Coupe de France, le 27 avril prochain. Une victoire dans cette épreuve redonnerait au club un (petit) peu de l'éclat nécessaire au projet Qatari mais ne pourrait masquer les problèmes récurrents ou enlever la tâche indélébile laissée par les deux défaites honteusement historiques subies en Ligue des Champions. Si pour un médecin légiste la mort peut-être considérée comme une collègue de travail, pour le club Parisien, les défaites humiliantes en coupe d'Europe font désormais aussi tristement parties de l'ordinaire... Pour ne rien arranger, bien avant le naufrage d'hier soir, le PSG a également perdu en cours de route la Coupe de la Ligue (dont il était quintuple tenant du titre). Et ce, en chutant contre Guingamp, actuellement bon dernier de Ligue 1.Tant d'ambitions et tant de moyens pour tant d'échecs, ce n'est pas rien. En début de saison, en changeant d'entraîneur et en amenant un peu de sang neuf dans l'équipe, la direction sportive avait exprimé sa volonté de vouloir faire évoluer les choses. Mais même en se renouvelant, le PSG a démontré qu'il ne changeait pas. Il faut aussi avoir l'honnêteté de rappeler que le club n'a pas été épargné par les petits et les grands chagrins: Une infirmerie qui ne désemplit pas... un fair-play financier qui étrangle les possibilités de recrutement... une communication bégayante dans la tourmente... un effectif déséquilibré et insuffisant ... et pour finir ce constat: si l'équipe ne manque pas de figures, son collectif, lui, reste sans visage dans les soirées qui comptent. En rajoutant les tensions récurrentes entre le directeur sportif et le coach et en soulignant l'absence régulière de joueurs majeurs pour les matchs les plus importants, on peut conclure que le tableau est complet. Un tableau ou un roman, on ne sait plus. 
 
La prochaine finale de la Coupe de France sonnera donc la fin de la saison pour le PSG. Il sera alors l'heure du bilan et il faudra se pencher sur la définition des prochains objectifs comme sur l'ensemble des moyens nécessaires à leur réalisation. En résumé, c'est l'ensemble du projet qui devra être remis en question car si sur la forme on voit bien ce à quoi il ressemble, sur le fond, c'est beaucoup moins net. Espérons que le désastre observé hier soir ne freine pas les élans et que le club, malgré les doutes ambiants, apprenne enfin de ses erreurs. Restons prudents, car avec le PSG version QSI, l'idée que l'avenir puisse ressembler au présent flotte toujours dans l'air. Mais qu'il s'agisse d'un miracle ou bien d'une simple question d'argent, le projet, même si on l'a tué à deux reprises, n'est toujours pas mort. Pour le club Parisien, la question est maintenant de savoir combien de fois il est possible de survivre à son propre suicide...

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