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Des manifestants brandissent une banderole avec la mention "Le fascisme ne passera pas" lors d'un rassemblement contre le racisme à Paris, le 22 mars 2014.
Des manifestants brandissent une banderole avec la mention "Le fascisme ne passera pas" lors d'un rassemblement contre le racisme à Paris, le 22 mars 2014.
©PIERRE ANDRIEU / AFP

Sens historique

Les fascismes : une dérive sociétale, un épouvantail ou une justification ?

Fascisme versus collaboration et vice versa.

Jean-Pierre Marongiu

Jean-Pierre Marongiu

Jean-Pierre Marongiu est écrivain, conférencier, ingénieur, expert en Management et Directeur général et fondateur du thinktank GRES : Groupe de Réflexions sur les Enjeux Sociétaux.Perpetuel voyageur professionnel, il a parcouru la planète avant de devenir entrepreneur au Qatar où il a été injustement emprisonné près de 6 ans, sans procès. Il a publié plusieurs romans et témoignages dont : Le Châtiment des Elites, Qaptif, InQarcéré, Même à terre, restez debout ! Aujourd'hui conférencier et analyste societal, il met son expérience géopolitique au service d'une approche libérale-souverainiste de la démocratie.

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Quand on évoque le fascisme, de quoi parle-t-on ?

1. Régime établi en Italie de 1922 à 1945, fondé sur la dictature d'un parti unique, l'exaltation nationaliste et le corporatisme.

2. Doctrine ou tendance visant à installer un régime autoritaire rappelant le fascisme italien ; ce régime lui-même.

3. Attitude autoritaire, arbitraire, violente et dictatoriale imposée par quelqu'un à un groupe quelconque, à son entourage.

« J'ai vu les démocraties intervenir contre à peu près tout, sauf contre le fascisme » André Malraux.

Qu’est-ce que le fascisme ?

Le fascisme est une appellation qui, dans le langage politique courant, tend à devenir toujours plus générique. Elle est utilisée souvent mal à propos comme synonyme d’extrême droite, de réaction, de conservatisme, d’autoritarisme, de racisme, de nationalisme, etc. Dans les faits, les méthodes de l’extrême gauche antifa découlent directement des procédures et du concept fascistes.

Il est notable que le progressisme et le communautarisme se soient aujourd’hui emparés du terme pour désigner l’ennemi, à savoir tous ceux qui pensent différemment, et dans le même temps en utilisent les techniques les plus coercitives pour l’éradiquer.

C’est la politique des deux poids deux mesures : pas de liberté pour les ennemis de la liberté, que l’on pourrait décliner sur toutes les nuances de la notion de liberté : liberté d’expression, d’opinion, de culte, de circulation, etc.

« Toute démocratie représentative est une forme de fascisme » Franck Ntsamara

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Quelle est l’origine du Fascisme ?

Le fascisme est une invention de Gauche née avec le philosophe socialiste italien Giovanni Gentile qui identifiait l’existence de deux types de démocratie opposés. D’une part, il concevait une démocratie libérale individualiste égoïste favorisant l’élitisme, et de l’autre, celle qu’il appelait de ses vœux, une démocratie égalitaire dans laquelle les individus se subordonneraient à l’État, œuvrant tous ensemble pour le bien commun, une communauté bâtie sur un modèle familial et patriarcal. Cela ressemblait dans son esprit à une forme de socialisme plus radicale, du communisme donc.

La différence avec le marxisme venant du fait que celui-ci mobilise les citoyens uniquement en fonction de leur classe alors que le fascisme fait appel à leurs identités et classes nationales.

Jusqu’à récemment, toutes les obédiences politiques convergeaient sur la définition du fascisme au point que l’Union européenne mit le Communisme et le Nazisme dans le même sac, en condamnant par une résolution les deux régimes pour « génocide et asservissement des peuples »

Dans le réel, si l’on fait abstraction des références surannées mussoliniennes et hitlériennes, le fascisme est un système politique autoritaire qui associe populisme, nationalisme et totalitarisme au nom d'un idéal collectif suprême.

Dans l’arène politique française actuelle, on ne peut en toute objectivité identifier un parti fasciste stricto sensu, mais on peut en dénombrer plusieurs.

Marine Le Pen est fasciste pour Jean-Luc Mélenchon lequel est fasciste pour Éric Zemmour qui est fasciste pour Emmanuel Macron et ainsi de suite. Le plus paradoxal sans doute est la nature fasciste des antifascistes.

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Il n’est pas étonnant que les médias puissent en perdre leur latin, eux qui s’arrogent le droit de contraindre au silence certains plutôt que d’autres au nom de la sacro-sainte liberté d’expression. De même que la justice condamne les uns, jugés coupables d’attiser les haines, et en absout d’autres pour les mêmes propos.

La réalité du fascisme est de s'opposer frontalement à la démocratie parlementaire et au libéralisme traditionnel, il remet en cause l'individualisme codifié par la pensée philosophique des Lumières. Or, dans le paysage politique français, il n’existe aucun parti politique remettant en cause la démocratie parlementaire, il n’existe donc pas de fascisme politique en France.

On donne du fasciste et du collabo pour dénigrer ses contradicteurs comme on donnait jadis du comploteur ou du traitre. Les mots politiques n’ont plus leurs sens historiques, ils ne sont que des qualifications dénigrantes.

Les invectives progressistes envers les tenants d’un patriotisme identitaire ne sont rien moins que des manifestations d’une hégémonie idéologique médiatique qui utilise tous les codes et toutes les méthodes du fascisme.

Un autre terme galvaudé également est celui de collabo (déclinaison péjorative de collaborateur).

Dans l’esprit de la gauche, les collabos sont ceux qui se soumettent au fascisme, généralement venus de l’extérieur. Il existe donc les résistants au fascisme et les collabos, lesquels sont les traitres à la nation.

Il se trouve que la mondialisation n’est rien d’autre que la mise à disposition des ressources productives et intellectuelles du pays à des organisations supranationales européennes et mondiales. Ceci est la définition même de la collaboration voire de l’intelligence avec des puissances étrangères. Les collabos modernes sont donc aujourd’hui aux commandes du pays et imposent un droit de silence à une résistance patriotique accusée de fascisme.

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Les fascismes

Le terme n’ayant plus de sens historique, si ce n’est l’incarnation des dictateurs du 20e siècle, la terminologie s’applique aujourd’hui à tous les totalitarismes, de gauche comme de droite, idéologiques ou politiques.

Le fascisme est devenu multiple : religieux, racial, féministe, sexiste, écologiste, intellectuel.

Il existe chez les végans la même haine envers les carnivores que les islamistes envers les mécréants. Le même degré de détestation des féministes envers les hommes que les progressistes envers les souverainistes. La même violence chez les racailles de banlieues envers la Police que celle du gouvernement envers les Gilets Jaunes.

Le fascisme est devenu un mode d’expression, sans doute l’a-t-il toujours été puisque la Révolution française en a instauré les codes et les pratiques bien avant l’inventeur du terme : Giovanni Gentile.

« Quiconque rêve d'une liberté sans limites et sans frein porte en soi le germe du fascisme, même s'il crie son antifascisme à tue-tête. » Maurice Schumann

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