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Les exigences du peuple face à une classe politique devenue impuissante
©CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Bonnes feuilles

Les exigences du peuple face à une classe politique devenue impuissante

André Bercoff publie "Le retour des peuples" (Hugo Document). Qu'est-ce qui a fait qu'en quelques mois, le couvercle d'une marmite qui bouillait depuis quarante ans a sauté ? Qu'une élite se retrouva fort dépourvue quand la bise jaune fut venue ? André Bercoff explique pourquoi le peuple refait surface dans tous les domaines, et avec une radicalité inconnue jusqu'alors. Extrait 2/2.

André Bercoff

André Bercoff est journaliste et écrivain. Il est notamment connu pour ses ouvrages publiés sous les pseudonymes Philippe de Commines et Caton.

Il est l'auteur de La chasse au Sarko (Rocher, 2011), Qui choisir (First editions, 2012), de Moi, Président (First editions, 2013) et dernièrement Bernard Tapie, Marine Le Pen, la France et moi : Chronique d'une implosion (First editions, 2014).

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Le hic est que les peuples, ces ingrats, n’ont plus envie de crever en silence. Ils réclament non seulement leur part du gâteau mais aussi et surtout, d’avoir le droit de jeter un œil, et même deux, sur le théâtre des opérations. Que les princes qui nous gouvernent aient la courtoisie élémentaire, non seulement de les écouter mais de les tenir au courant, au moins en partie, du pourquoi et du comment de leurs démarches diverses et variées dans le but qu’ils leur disent en permanence vouloir atteindre : mener le pays à bon port.

Mais au bout du compte, constatant que rien ne se fait, que la communication a remplacé l’action et la palabre tient lieu de résultats, des hommes et des femmes avancent leurs pions, sous forme de revendications aussi précises que variées. Plus question d’attendre le prochain scrutin ou le prochain défilé : on y va, ici et maintenant. Et à présent, nous parlons, vous écoutez.

De quoi parlent-ils, par exemple, en France ? Ils réclament la disparition ferme et définitive de tous les sans domicile fixe, contrairement aux promesses non tenues. La résurrection des petits commerces des villages et, et la fin, à terme, de ces immenses zones commerciales où des troupeaux de zombies viennent paître sans se repaître dans ces espaces déshumanisés. Réclamer que les GAFA paient enfin un peu plus d’impôts que les TPE-PME. Que s’instaure un système de Sécurité sociale unique pour tous, y compris artisans et autoentrepreneurs. Point de retraites en dessous de 1200 euros et celles-ci, comme les salaires et les allocations, doivent être indexées à l’inflation. Arrêter les délocalisations et protéger notre industrie, nos savoir-faire, nos emplois. Il n’est jamais trop tard, disent-ils, pour bien faire. S’asseoir sur la dette en cessant d’en rembourser les intérêts. S’il faut bien accueillir les demandeurs d’asile, il importe d’ouvrir des camps d’accueil dans de nombreux pays du monde, mais aussi que les déboutés soient reconduits dans leurs pays d’origine. Qu’une réelle politique d’intégration soit mise en œuvre : vivre en France implique de devenir Français (cours de langue française, cours d’histoire de France et d’éducation civique, avec une certification de la fin du parcours). Interdiction de vendre des biens appartenant à la France, des barrages aux aéroports. Paiement et récupération des heures supplémentaires imposées aux forces de l’ordre. Le gaz et l’électricité devraient redevenir publics, et les prix baisser en conséquence. Traiter décemment les personnes âgées : interdiction de faire de l’argent sur leur dos. L’or gris, c’est fini, l’ère du bien-être gris commence. Le référendum d’initiative populaire ou citoyenne doit entrer dans la Constitution. Création d’un site lisible et efficace, encadré par un organisme indépendant de contrôle, où les gens pourront faire une proposition de loi. Si celle-ci obtient 700 000 signatures, alors elle devra être discutée, complétée, amendée par l’Assemblée nationale qui aura l’obligation, un an jour pour jour après l’obtention des signatures, de la soumettre au vote de l’ensemble des Français. Retour au septennat unique pour la présidence de la République. En outre, les élections législatives devront se tenir deux ans après celle du Président, ce qui permettrait d’envoyer un signal positif ou négatif au chef de l’État, concernant sa gestion. Et cela permettrait au peuple de ne pas se faire entendre qu’une fois tous les sept ans. Fin des indemnités présidentielles à vie, etc.

Les cahiers de doléances sont bourrés jusqu’à la garde. Les demandes, les souhaits, les exigences, les appels s’amoncellent. Souhaitables et possibles, fantaisistes et irréalistes, utopiques ou pragmatiques, ils témoignent d’un double appel qui ne s’éteindra pas de sitôt : le premier, c’est que des dizaines de milliers de citoyens ont réinvesti un champ politique dont jusqu’ici, ils se fichaient comme d’une guigne, se croyant impuissants à changer quoi que ce soit ; le second, c’est qu’ils mettent leurs dirigeants au pied du mur : parlez-nous, rencontrez-nous, écoutez-nous ou disparaissez. Et nous ferons tout pour cela.

L’alternative est claire.

Extrait du livre d’André Bercoff, "Le retour des peuples", publié chez Hugo Document.  

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