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Législatives : petite sociologie de l'abstention
©Capture d'écran Dailymotion

Législatives

Législatives : petite sociologie de l'abstention

Il y a plus de gens qui se sont abstenus par rapport au premier tour, mais visiblement ce ne sont pas les mêmes. La droite, le FN et la France Insoumise réalisent un meilleur score que prévu.

François Kraus

François Kraus

François Kraus est Directeur des études politiques au département Opinion de l'Ifop.

 

 

 

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Il y a plus de gens qui se sont abstenus par rapport au premier tour, mais visiblement ce ne sont pas les mêmes. La droite, le FN et la France Insoumise réalisent un meilleur score que prévu. Quels enseignements peut-on tirer de ce scrutin ? Que retenir de cette abstention ? N'y a-t-il pas eu une forte abstention des électeurs macronistes et une mobilisation des autres électeurs ?

François Kraus : En effet on a eu une vague En Marche annoncée tellement haute et tellement forte qu'il y a peut-être eu une démobilisation des électeurs macronistes et une légère mobilisation des électeurs des autres partis pour qui il y avait un candidat en mesure de gagner dans leurs circonscriptions. Ce qui permet à la droite d'avoir une centaine d'élus, ce qui n'est pas si mal, et au PS d'avoir environ 50 députés en comptant les divers gauches. Finalement la France Insoumise et le Parti Communiste se retrouvent avec un nombre de députés qui est assez record par rapport aux dernières années.

La vague des 400 députés en Marche est loin d'être atteinte. En revanche ce résultat ne change rien pour Emmanuel Macron puisqu'il a quand même une majorité et il l'a sans compter sur le groupe du Modem. Donc in fine, ce résultat n'est pas si mal pour eux, dans la mesure où ils ont ce qu'ils voulaient. 

Ajoutons le fait qu'ils sont désormais sous le regard et la critique de groupes parlementaires. Chacun des deux camps devrait avoir de quoi faire des groupes parlementaires et on en aura beaucoup plus que d'habitude. Ils seront sous le feu de la critique d'opposition. Le débat a finalement traversé le groupe En Marche et créé le clivage que l'on voit apparaitre dans le 18eme arrondissement de Paris où l'on voit un candidat soutenu par le Président et un autre soutenu par le premier ministre. Peut-être que le fait que la vague ne soit pas si forte aura pour effet de les ressouder, et d'éviter que ce type de situation en se reproduise. 

La vague d'En Marche est donc très forte mais reste contrôlable. La majorité va être stable mais sous le feu d'une opposition qui, bien que morcelée, va pouvoir se constituer en groupe parlementaire. C'est un petit peu moins le grand ménage que le grand remplacement qu' l'on pouvait croire. Il reste dans les grands partis de quoi maintenir le groupe majoritaire sous le feu des critiques. 

C'est important car on assiste en ce moment à un certain freinage de la popularité d'Emmanuel Macron. N'a-t-elle pas déjà atteint son plafond ? 

 

 

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