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Le scénario selon lequel le Président dissoudrait pour garder la main coûte que coûte est-il inimaginable?
©REUTERS/Jacky Naegelen

Dissolution

Le scénario selon lequel le Président dissoudrait pour garder la main coûte que coûte est-il inimaginable?

Ou est-ce que peut aller notre Président, lui qui semble défier les lois de l'impopularité chaque jour un peu plus ? Si les choses tournaient trop mal pour lui, il semblerait qu'il trouverait encore un moyen de nous surprendre ...

Christian Combaz

Christian Combaz

Christian Combaz, romancier, longtemps éditorialiste au Figaro, présente un billet vidéo quotidien sur TVLibertés sous le titre "La France de Campagnol" en écho à la publication en 2012 de Gens de campagnol (Flammarion)Il est aussi l'auteur de nombreux ouvrages dont Eloge de l'âge (4 éditions). En avril 2017 au moment de signer le service de presse de son dernier livre "Portrait de Marianne avec un poignard dans le dos", son éditeur lui rend les droits, lui laisse l'à-valoir, et le livre se retrouve meilleure vente pendant trois semaines sur Amazon en édition numérique. Il reparaît en version papier, augmentée de plusieurs chapitres, en juin aux Editions Le Retour aux Sources.

Retrouvez les écrits de Christian Combaz sur son site: http://christiancombaz.com

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En tout cas il n'est pas interdit de l'imaginer. Devant l'agitation qui se répand à la faveur des premiers beaux jours de mai-juin, devant l'accentuation du mouvement des "Nuits debout", le Président, fidèle à son goût pour les coups en douce, laisse Manuel Valls et son spécialiste des basses oeuvres, le ministre de l'intérieur, se rendre ultra-impopulaires en demandant à ce que l'ordre soit restauré, de gré ou de force, mais surtout de force. Bavures, surcroît de violences. Il dissout le Parlement, afin de faire élire en hâte une chambre destinée à faire peur au pays avant l'échéance présidentielle, dans l'hypothèse (délirante, mais un psychiatre dirait que François Hollande, qui n'écoute personne, est justement en train d'aborder cette phase-là) dans l'hypothèse dis-je où il pourrait se représenter avec les habits neufs d'un président farouche, courageux, résistant, doté d'une majorité de centre droit, majorité probablement menée par Juppé ou Macron, blanc bonnet et bonnet blanc, mais confrontée aussitôt à une vingtaine (pour le moins) de députés FN ou apparentés. Car devant la situation d'urgence créée par le président Folamour, des alliances électorales naguère impossibles deviendront légitimes au nom du salut public.

Seulement ce qu'il n'a pas prévu c'est l'emballement du mécontentement national, voire de la terreur générale à la faveur d'événements dont nous ne devinons que trop la nature, et où Manuel Valls achèvera de passer pour un hystérique aux yeux de l'opinion, tandis que l'Armée, sans doute encouragée par Sarkozy, laissera entendre qu'elle peut monter au créneau au moindre signal. Ce qu'il n'a pas prévu, c'est ce que découvriront, et révèleront, les nouveaux élus FN sur la gestion de leurs prédécesseurs. Ce qu'il n'a pas prévu, c'est leur éventuelle efficacité à leur poste pendant les quelques mois qui resteront avant la présidentielle. Il n'a pas prévu non plus que Tapie lui renverra, au dernier moment, l'histoire et la chronique de son minable passé d'apparatchik auprès de Mitterrand, passé dont l'homme d'affaires ruiné (et ruiné par lui, d'ailleurs) a été le témoin pendant des années. De sorte que tous ces calculs risquent de provoquer exactement ce qu'ils étaient censés conjurer, la crédibilisation in extremis de Mme Le Pen, celle, encore éventuelle mais plausible, de Nicolas Sarkozy comme candidat au sauvetage de ce qui peut l'être (façon battle-dress-maternelle de Neuilly), et sa propre destitution, peut-être même avant le terme car le principal moteur de ce genre de caractères, c'est de passer pour des incompris qui ont raison contre tous, et de faire croire qu'ils décident de ce qui leur arrive, de prétendre qu'il s'agit d'un calcul conforme à la raison, quand justement cela devient inéluctable et quand la raison a été bafouée.

Le 16 janvier 2107, il donne sa démission, la campagne est féroce, son camp n'a plus un seul soldat, et Sarkozy et Le Pen ont désormais strictement les mêmes chances parce que leurs discours sont parallèles. L'élection de l'un ou de l'autre ne dépend que du vent, mais comme généralement il souffle de l'Atlantique on devine en faveur de qui.

Sauf si... ( là encore). L'expérience prouve que dans le contexte actuel même Dupont-Aignan a ses chances. Ne riez pas. Pour m'être trouvé dans le même café que Hollande (en vérité le bar du Lutétia) ce matin de mai 2011 où il venait d'apprendre que Strauss Kahn était menotté depuis deux heures, je peux témoigner que le pervers narcissique qui nous gouverne a cru que toutes les puissances occultes s'étaient réunies pour lui donner raison. Il est à craindre qu'elles ne se soient désormais toutes liguées pour le lui faire payer. C'est cela, d'ailleurs, la différence entre les malades et les autres : quand les gens normaux ont de la chance, ils essaient de rendre à autrui la faveur du sort, en admettant qu'ils n'en sont pas entièrement dignes. Tandis que chez Hollande, c'est plutôt la tendance "je le vaux bien" qui domine. Elle désigne immanquablement les gens qui ne valent rien.

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