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Crédits Photo: FRANCK FIFE / AFP

PSG - MONACO

Le PSG (enfin) champion de France ou comment réussir l’exploit d’être titré en décevant presque tout le monde

Le PSG vient de décrocher son huitième titre de champion de France après sa victoire 3 à 1 face à Monaco ce dimanche soir. Lors de la rencontre Kylian Mbappé a encore montré tout son talent et Edinson Cavani et Neymar ont pu enfin rejouer après leurs blessures.

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez est entraîneur de tennis... et préparateur physique. Il a coaché des sportifs de haut niveau en tennis. 
 
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Le purgatoire est terminé. Ne pouvant plus être rejoints mathématiquement par le LOSC, les Parisiens se sont adjugés, sans euphorie, le 8ème titre de champion de France de leur histoire. Hier soir, si le Champagne a bien été sabré, de toute évidence, c'était sans les bulles.

Ce sont les derniers tourmenteurs du Paris Saint Germain qui l'auront finalement libéré. En ne gagnant pas à Toulouse, les Lillois ont donc offert le titre sur un plateau à des Parisiens qui commençaient à trouver le temps long. Il faut dire qu'avant de recevoir des Monégasques dont la saison n'est qu'une longue plainte, l'équipe de Thomas Tuchel traversait une très mauvaise passe. La plaie était à vif: en affichant un nul et deux défaites sur ses trois derniers matchs, le PSG était trop loin de ses standards. Les remplaçants convoqués lors de ces déroutes n'avaient vraiment pas réussi à se faire considérer comme indispensables et les tensions entre le coach, le staff médical et la direction sportive étaient plus que palpables. Pour célébrer ce qui pouvait l'être, détendre l'atmosphère et préparer sereinement la prochaine finale de la Coupe de France, il devenait urgent de gagner.

Cette victoire nécessaire, le PSG est allé la chercher dans une ambiance bien terne, une ambiance digne des jours de lessive. L'occasion avait beau être propice à la liesse, pour l'atmosphère, on pouvait toujours repasser. Marquée par les retours de Neymar et Cavani, la rencontre aura surtout été illuminée par le talent sans bornes de Kylian Mbappé. Certes, quand on écoute du Schubert, on en croit pas ses oreilles.. mais en voyant évoluer un joueur pareil, on en croit pas ses yeux. Son triplé (15ème, 38ème et 55ème) lui permet de passer la barre des trente buts en Ligue 1 en une saison. A vingt ans, c'est sensationnel. Ce joueur enrichit l'horizon footballistique d'une silhouette qui marque déjà son époque. Cette silhouette, c'est vraiment quelqu'un. Que dire des Monégasques ? Qu'ils furent dépassés, complaisants et que le but de Golovine (80ème) aura davantage sauvé l'honneur que les apparences. En regardant de près leurs dernières prestations, on ne jurerait pas que leur maintien dans l'élite se fasse sereinement.

Puisque le championnat est fini, voici l'heure du premier bilan. Que nous dit la saison du Paris Saint Germain en Ligue 1 ? Prétendre qu'elle a été paradoxale est un euphémisme car le début tonitruant (14 victoires consécutives !) a été définitivement terni par les différents naufrages qui ont caractérisés la fin de l'exercice. La question se pose: s'agit-il du titre le moins glamour gagné sous l'ère Qatari ? On peut raisonnablement le penser.

La faute à qui ? La faute, déjà, à une concurrence en pleine déconfiture: les cadors habituels que sont Lyon, Monaco et Marseille sont de toute évidence passés au travers. Quand les déséquilibres budgétaires s'ajoutent aux déséquilibres sportifs, les résultats sont forcément relativisés.

La faute, ensuite, aux stars du PSG. Des stars qui, comme souvent, auront fait la pluie et le beau temps tout au long de la saison. Certes, l'explosion sportive et médiatique de Mbappé reste une formidable réussite… mais si certaines vedettes ont été absentes des terrains pour de bonnes raisons, d'autres n'étaient pas présentes dans les tribunes pour de mauvaises. Dans un club où les joueurs touchent des primes colossales pour aller saluer de temps en temps leurs supporters, est-il saugrenu d'imaginer, à l'avenir, un Neymar absent mais représenté par son hologramme dans les loges du Parc ? Vous me direz, on a vu des hommes politiques user du même stratagème, mais pour d'autres motifs…  

La faute, enfin, à un manque évident d'emballement populaire. En grossissant le trait, on pourrait diviser le monde des suiveurs du Paris Saint Germain en deux catégories. D'un côté, il y a ceux qui se réjouissent des échecs humiliants des pseudo-idoles. Pour eux, le PSG (version QSI) n'est qu'un vulgaire business-plan, un club de nouveaux riches. Une simple marque, pas plus ancrée dans l'histoire que dans le cœur de ses fidèles. Ce club est donc celui qu'ils adorent détester. De l'autre, il y a la masse de clients, de purs consommateurs, qui souhaitent avant tout s'identifier mollement à ce qu'ils consomment. Pour ces derniers, même s'ils assistent sans passion aux différents naufrages, passer du caviar à la soupe populaire reste une épreuve pénible. La moralité est ailleurs: l'addition de deux foules ne constitue pas un public.

Entre ces deux mondes, il existe la même distance qu'entre une comédie légère et un drame Shakespearien. Un point commun les réunit cependant tous: la déception. Car les demi-dieux qui finissent en écharpes ou en porte-clefs, même mal sacrés, sont tout de même champions. Etre titré en décevant presque tout le monde n'est pas un mince exploit. Cette saison, cet exploit, le PSG l'a accompli. Hier soir, le champagne a certainement coulé à flots mais il est permis de penser que tous ceux qui auront fêté le titre seront passés de la sobriété à la gueule de bois… sans jamais jouir de l'ivresse.

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