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Les territoires perdus de la République

Le prophète Mahomet veut-il que ma fille change d'école ?

Valls : "Il y a eu après la tragédie de Charlie Hebdo des réactions insupportables dans nos écoles". Najat Vallaud-Belkacem : "C'est marginal car ça ne concerne que 70 établissements"

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Ici on a fait le V de la victoire. Là, on a volontairement chahuté pendant la minute de silence. Et on a entendu le même refrain du CM1 à la 3e (les élèves concernés vont rarement au-delà en filière générale) : "ils n'avaient qu'à ne pas insulter le Prophète". C'est une façon de voir les choses.

Habitués à la violence et aux insultes, terrorisés et craintifs, les profs n'ont pas réagi. Et les plus cons d'entre eux (il y en a un certain nombre) y sont allés de leur couplet lénifiant : "il faut essayer de comprendre les gamins". Être enseignant aujourd'hui dans des établissements scolaires classé ZEP (zone d'éducation prioritaire) situés en ZUP (zone d'urbanisation prioritaire) s'apparente à un sport de combat. Et les profs n'ayant pas été préparé à cela jettent l'éponge bien avant le gong final.

En 2002, il y a plus de 12 ans donc, paraissait un livre désespérant : "Les territoires perdus de la République". Écrit par des enseignants qui avaient, eux, un peu de courage. Une effroyable revue de détails de ce que l'on pouvait entendre dans certaines écoles. Sans doute les 70 établissements parcimonieusement dénombrés par la ministre de l'Education Nationale.

"Chiennes de juives", "t'es une pute et en plus une pute juive". "La journée de la jupe", avec Isabelle Adjani est venue compléter ce tableau avec la description de ce qui arrivait dans les mêmes écoles aux filles trop court vêtues. C'était il y a 12 ans. On savait déjà tout. Et en tout cas on pouvait tout savoir. Mais on a préféré rester sourd et aveugle. Entre temps, les territoires déjà perdus de la République sont devenus des territoires occupés par le prophète Mahomet. Mais il n'y a pas que les gamins qui ont basculés dans le Coran. Il y a aussi certains profs.

Dans le collège où est ma fille, son prof de maths, un stagiaire, a tenu à prendre la parole après la minute de silence consacrée aux assassinés de Charlie Hebdo. Il a lu un discours auquel, de son propre aveu, elle n'a rien pigé. Puis il a enchainé en disant comprendre les motivations de ceux qui avaient tué. Et ça, elle l'a bien compris. Devrais-je pour faire plaisir au prophète respecté par ce prof, changer ma fille de collège ? Non et non. Il n'en est pas question. C'est à lui de changer de collège. Pour aller enseigner dans une école coranique.

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