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©PCF / AFP

RIP

Le Parti Communiste a 100 ans : normal qu’il soit en soins palliatifs

Il serait humain de le débrancher et de le laisser mourir en paix.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

Voir la bio »

Le 29 décembre 1920 au Congrès de la SFIO (Section Française de l’Internationale Ouvrière), la majorité des délégués se prononça pour l’adhésion à la Troisième Internationale. Ainsi naquit le Parti communiste français, jeune et vigoureux, qui tirait son énergie de la lumière rayonnant de Moscou.

Suivirent 100 ans de mensonges, de reniements, de trahisons avec quelques abjections. Pourtant des millions de Français adhérèrent à ce parti et à son idéologie. Elle avait le charme des lendemains qui chantent. Et les ouvriers, fidèles au souvenir de la Commune de Paris, voulaient à tout prix croire que le rêve des Communards s’était réalisé en Union soviétique.

Cette passion fut souvent génératrice d’héroïsme. Après être entrés tardivement dans la Résistance, des milliers de communistes périrent sous les balles des nazis. Auréolé par ce sang versé, le Parti communiste devint, après la guerre, le premier parti de France. Ensuite, il avala, approuva les pires abominations de Staline. « L’homme que nous aimons le plus au monde », disait-il.

Il avait salué les monstrueux procès de Moscou avant la guerre. Après la guerre, il s’enthousiasma pour les procès de Budapest, de Sofia et de Prague. Les potences qui furent érigées dans les Démocraties Populaire ne les gênaient pas puisqu’au bout des cordes se balançaient des « ennemis du peuple ».

Quand en 1953 à Berlin-Est les chars soviétiques écrasèrent les ouvriers révoltés, il s’empressa de saluer la nécessaire intervention de l’Armée rouge. En 1956, les mêmes chars noyèrent dans le sang l’insurrection de Budapest : il s’empressa alors de dénoncer « les fascistes hongrois ». Et il n’eut pas un mot pour condamner l’étouffement par les chars soviétiques (ils faisaient de l’usage car il ne fallait pas qu’ils rouillent) du Printemps de Prague.

Petit à petit, le rideau se leva sur l’imposture du siècle et le Parti communiste français commença à s’étioler en même temps que se fissurait la patrie du socialisme. Quand en 1989, l’URSS, édifice vermoulu, s’effondra, le PC n’était déjà plus que l’ombre de lui-même.

Aujourd’hui, il n’est plus que l’ombre de son ombre. Il détient encore quelques municipalités mais il les doit à la charité du Parti socialiste. Il a encore un journal, « L’Humanité », qui ne survit que grâce aux subventions gouvernementales. Et il a un chef : qui connaît son nom ? Dans le paysage politique français, il n’existe plus par lui-même : il a accepté de devenir la force supplétive de Jean-Luc Mélenchon. Son rouge est délavé et il chante l’Internationale d’une voix chevrotante.

Ayant cessé de croire aux lendemains radieux qui n’arriveront pas, ayant perdu l’électorat ouvrier qui vote pour Marine Le Pen, il s’est tourné vers les banlieues en quête d’un peu de chair fraîche. Là-bas, en chaise roulante, le PC fait le trottoir. Et ce n’est pas beau à voir.  

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