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Le "jeunisme" de Brigitte, une démonstration que les 24 ans qui la séparent d'Emmanuel Macron ne gênent que "les autres"
©Reuters

Bonnes feuilles

Le "jeunisme" de Brigitte, une démonstration que les 24 ans qui la séparent d'Emmanuel Macron ne gênent que "les autres"

Qui est Emmanuel Macron ? Les Français le savent-ils ? Le sait-il lui-même ? Il fallait Philippe Bilger pour oser, en toute liberté, ce monologue imaginaire où le nouveau président questionne et médite sa propre destinée. Passé, présent, avenir, grandes manœuvres et coups bas : voici, décryptés, les dessous et les non-dits d'une aventure qui se veut légende. Extrait de "Moi, Emmanuel Macron, je me dis que..." de Philippe Bilger aux Editions du Cerf (2/2).

Philippe Bilger

Philippe Bilger

Philippe Bilger est président de l'Institut de la parole. Il a exercé pendant plus de vingt ans la fonction d'avocat général à la Cour d'assises de Paris, et est aujourd'hui magistrat honoraire. Il a été amené à requérir dans des grandes affaires qui ont défrayé la chronique judiciaire et politique (Le Pen, Duverger-Pétain, René Bousquet, Bob Denard, le gang des Barbares, Hélène Castel, etc.), mais aussi dans les grands scandales financiers des années 1990 (affaire Carrefour du développement, Pasqua). Il est l'auteur de La France en miettes (éditions Fayard), Ordre et Désordre (éditions Le Passeur, 2015). En 2017, il a publié La parole, rien qu'elle et Moi, Emmanuel Macron, je me dis que..., tous les deux aux Editions Le Cerf.

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Pour rien au monde, nous ne consentirions à jeter notre dilection pour la frivolité et le divertissement, que d’aucuns qualifient de vulgaire, au profit de la seule gravité, d’un exclusif sérieux. Tout ensemble, c’est nous.

Est-ce à dire que tout me plaît chez elle par une approche positive qui me comblerait quoi qu’elle fasse, quoi qu’elle dise, de quelque manière qu’elle se montre. Évidemment non. Je la laisse vivre sa vie et par exemple s’habiller comme elle l’entend. Personne n’ose devant moi la critiquer mais il y a des rumeurs tellement entendues et des bruits si constants qu’ils ne sont plus des ragots qui m’informent suffisamment. Elle s’habillerait mal ou en tout cas trop court. Elle abuserait des tenues militaro-sportives, elle les adore, je peux en témoigner et cette dilection parfois m’étonne. Mais je ne m’imagine pas lui faire le moindre reproche. En effet, ces apparences dont elle raffole renvoient à une netteté, presque à une rigidité du maintien alors que son caractère est tout de souplesse, de chaleur et de féminité. Je perçois là comme un désir de se maîtriser et d’offrir, grâce à l’habillement, une structure d’ordre, de cohérence et de discipline qui était sans doute familière à l’univers du très grand professeur qu’elle a été mais beaucoup moins à la femme de mon quotidien et de mon bonheur intime.

Comme elle a été heureuse quand Karl Lagerfeld qu’elle adore, avec une intuition et un savoir qui ne sont pas à dédaigner, a déclaré qu’elle avait les plus belles jambes de Paris ! Comme Vogue l’a comblée en la comparant avec Jane Fonda !

Et moi, comme je l’ai trouvée superbe dans son bustier et son jean, adaptés à Rihanna, quand nous avons reçu cette dernière à l’Élysée.

Je souscris évidemment à l’expression de ces admirations esthétiques et, aussi superficielles qu’elles soient, la joie qu’elles ont fait naître chez elle est révélatrice d’une angoisse sourde, superbement occultée. Suis‑je belle et séduisante, suis‑je encore belle et désirable, suis‑je toujours belle et pleine de grâce ?

N’est-on pas dans un registre similaire quand elle tente, autant qu’elle peut, de s’afficher dans un « jeunisme », par de légères entorses à la distinction et au bon goût – selon les critères de certains contempteurs – et que paradoxalement ainsi elle révèle ce qu’elle cherche non pas à effa‑ cer mais à atténuer ? Comme les talonnettes de Sarkozy rendaient ostensible sa petite taille dont tout le monde, je l’espère, se serait fichu sans leur présence, Brigitte s’abandonne, dans cet infime excès – c’est trop court trop nettement destiné à « faire jeune » –, à la démonstration que les vingt-quatre ans qui nous séparent la gênent non pas par rapport à moi – je suis amoureux d’elle, de son allure et de son corps comme au premier jour de notre première vraie rencontre – mais à l’égard des autres. Qui la jaugent, la jugent et s’étonnent de notre couple. Alors que je ne suis ému et séduit que par elle et qu’elle m’a lié à elle pour toujours.

Extrait de "Moi, Emmanuel Macron, je me dis que..." de Philippe Bilger aux Editions du Cerf 

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