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Le coronavirus, danger massif pour la zone euro

La zone euro devrait craindre le coronavirus et ses conséquences économiques car tout depend de la durée de l’épidémie. Si elle continue et se transforme en pandémie, la zone euro sera fortement impactée.

Philippe Crevel

Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

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Atlantico : Affaiblie par la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, la zone euro est-elle en danger ? L'est-elle encore plus depuis le début de l’épidémie de coronavirus ?

Philippe Crevel : Selon les prévisions économiques de l'hiver 2020 publiées par la Commission de Bruxelles le 13 février dernier, l’économie européenne devrait se maintenir sur une trajectoire régulière de croissance modérée. La zone euro connaît ainsi sa plus longue période de croissance soutenue depuis la création de l'euro en 1999. En 2020 et en 2021, sa croissance devrait être de 1,2 % identique à celle de2019. Pour l'ensemble de l'UE, un léger recul de la croissance serait constaté à 1,4 % en 2020 et 2021, contre 1,5 % en 2019. La Commission considère que l'économie européenne pourrait bénéficier de politiques budgétaires plus expansionnistes et propices à la croissance, ainsi que des retombées positives de conditions de financement plus favorables dans certains États membres de la zone euro. Les autorités européennes ont listé les principales menaces qui pourraient remettre en cause leurs prévisions. Figurent parmi ces menaces l’évolution des relations commerciales américano-chinoises, les problèmes au Moyen Orient, le Brexit et le coronavirus. La Commission de Bruxelles estime que l'accord commercial de « phase 1 » entre les États-Unis et la Chine contribue à réduire dans une certaine mesure les aléas baissiers, mais le degré élevé d'incertitude qui entoure la politique commerciale des États-Unis empêche toujours une amélioration plus généralisée du climat des affaires. Elle souligne qu’en Amérique latine, les troubles sociaux risquent de peser sur la croissance.

En ce qui concerne les relations commerciales entre l'Union et le Royaume-Uni, si le hard Brexit n’est plus à l’ordre du jour, l’élaboration d’un accord avant la fin de l’année ne sera pas simple. L’épidémie de coronavirus « Covid-19 » constitue un nouvel aléa baissier, compte tenu de ses conséquences pour la santé publique, l'activité économique et le commerce, en particulier en Chine. L'hypothèse retenue dans le scénario de référence est que le pic de l'épidémie sera atteint au premier trimestre, et que la propagation à l'échelle mondiale sera relativement limitée. L’Allemagne qui dépend des échanges commerciaux avec la Chine est la première concernée. La France l’est également compte tenu du poids de l’industrie du luxe qui a comme premiers clients les Chinois. Par ailleurs, la France est une destination touristique de premier choix pour ces derniers.

La zone euro est dans une position délicate, étant en plein milieu de ce conflit. Quelles pourraient être les conséquences économiques que le coronavirus amèneraient au sein de la zone euro ?

Philippe Crevel : Compte tenu de l’évolution de l’épidémie, il est encore trop tôt pour apprécier ses conséquences en termes économiques et au niveau des relations entre les grands blocs commerciaux. Cela pourrait avoir comme conséquences de renforcer les échanges entre les Etats-Unis et l’Europe. Cette dernière est dépendante du reste du monde pour ses achats de biens informatiques et électroniques. L’épidémie devrait peser fortement sur les échanges internationaux qui stagnent depuis plusieurs années. Ils ne jouent plus leur rôle d’amplificateur de la croissance comme dans le passé. Il faut trouver des relais de croissance en interne.

Quels scénarii pourrait-on voir apparaître au sein de la zone euro dans un avenir proche à cause de cette épidémie ? 

Philippe Crevel : Cette épidémie comme toute crise devrait conduire à un renforcement des coopérations au sein de la zone euro. La nécessité de mettre en place de filières économiques dans les hautes technologies ne peut pas se faire à l’échelle de la France, du Luxembourg, de l’Allemagne ou de l’Italie. L’Union européenne doit réfléchir aux moyens pour dynamiser sa demande intérieure et notamment l’investissement. Le Green Deal lancé par la Commission apparaît bien trop modeste et devrait être complété par des programmes d’investissement dans les domaines de l’intelligence artificielle, de l’éducation, des transports…. La croissance européenne est faible en raison de la démographie et aussi de l’insuffisance de gains de productivité. Pour favoriser leur augmentation, il faut jouer sur les infrastructures et sur l’éducation.

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