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Les nuisances sonores liées au trafic automobile sont susceptibles de faire augmenter le risque de complications sur le plan cardiovasculaire.
©PHILIPPE MERLE / AFP

Répercussions insidieuses

Le bruit de la circulation est mauvais pour le cœur (mais ceux qui ne pensent qu’à la réduction arbitraire de la circulation automobile ne veulent pas l’entendre)

Le bruit de la circulation automobile et les nuisances sonores peuvent impacter non seulement vos oreilles mais aussi votre cœur.

Pierre Sabouret

Pierre Sabouret

Le Dr. Pierre Sabouret est cardiologue et Président du comité scientifique du collège national des cardiologues français.

 

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Atlantico : Comment les nuisances sonores peuvent-elles augmenter le risque cardiovasculaire ?

Pierre Sabouret : En 1910, le prix Nobel de médecine Robert Koch prédisait que les nuisances sonores seraient la peste moderne. Il avait bien anticipé.

Les nuisances aériennes sont supérieures aux nuisances du trafic routier, elles-mêmes supérieures aux nuisances liées aux trains en termes de bruit et de temps d'exposition au bruit.

Dans l'European Heart Journal de 2014, le chercheur Thomas Munzel rapporte que 40% de la population d’Europe de l’ouest est exposée aux nuisances sonores. C’est-à-dire exposée à un seuil supérieur à 55 db par jour en moyenne.

Les nuisances sonores entraînent une perturbation du sommeil et de la qualité de vie. Elles augmentent le risque cardiovasculaire par des perturbations du cycle du sommeil, des modifications du système sympathique et parasympathique (système nerveux), augmentent l’agrégabilité plaquettaire et le stress de la paroi. Il y a donc des modifications organiques visibles. Au-delà du risque cardiovasculaire, cela augmente aussi le risque de troubles cognitifs chez les enfants.

Il semblerait que la part attribuable aux nuisances sonores dans le risque cardiovasculaire d’un seul individu est relativement faible mais étant donné que 40% de la population d'Europe de l'ouest est exposée, la prévalence élevée de la nuisance fait que l’impact peut être important. Ce dernier sera mieux précisé par des études en cours, notamment celle de Marianne Zeller au CHU de Dijon.

Les personnes les plus à risques sont celles qui habitent à proximité des aéroports, des autoroutes ou des grandes voies de passages (comme certaines avenues à Paris qui sont mal insonorisées) et toutes celles vivant près des voies ferrées.

Le risque des politiques de restriction de la circulation en centre-ville est de provoquer une concentration du trafic sur d'autres axes. La pollution (et donc la pollution sonore) se concentre ailleurs. Les données de Air Paris le montrent. Le Pr Pierre Carli montre bien qu'en fermant les voies sur berge, la pollution a augmenté dans les rues qui longent la scène. Et donc logiquement la pollution sonore aussi.

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