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Le bloc-pol de Laurence Sailliet

Laissez-nous respirer : cette douteuse convergence des luttes qui asphyxie la France

Laurence Sailliet revient cette semaine sur la nouvelle manifestation pour Adama Traoré, organisée ce samedi. Alors que la rentrée s’annonce périlleuse, la France pourra difficilement assumer des mouvements qui bloquent encore son économie.

Laurence Sailliet

Laurence Sailliet

Laurence Sailliet, ex-porte-parole Les Républicains, est chroniqueuse politique.

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Samedi, à Beaumont-sur-Oise, lors de la manifestation pour Adama Traoré, on pouvait entendre un nouveau slogan scandé par des militants écologistes venus grossir les rangs : « Laissez-nous respirer ! ». Celui-ci avait un double sens car il s’agissait d’une part de dénoncer l’incapacité des politiques à agir pour protéger la planète et d’autre part il faisait référence aux derniers mots de Georges Floyd « je ne peux plus respirer ». Nous nous souvenons tous que ces mots ont été l’expression de sa terrible suffocation, celle qui lui aura été fatale. Alors, les retrouver sur une pancarte avec cette confusion pour créer une « convergence des luttes » est plus que troublante , elle est choquante. Cette vile récupération politique aura gagné, sans conteste, le prix du cynisme. Mais rien n’arrête EELV et ses alliés, d’ailleurs co-organisateurs de l’évènement, rien et surtout pas la dignité nécessaire lorsque l’on fait référence à une mort si tragique. Ce cynisme n’est pourtant pas très difficile à comprendre pour celui qui voit venir le duel fratricide entre EELV et la FI. Plutôt que de rivaliser d’idées et de projets, ces deux formations politiques préfèrent « se tirer la bourre » sur le terrain de l’indécence. 

Ce premier slogan énoncé venait s’ajouter aux habituels « Tout le monde déteste la police ! » ou « Une société sans police ! ». Ces propos encourageant la haine anti-flic, n’ont, de la même manière, aucunement gêné les élus de la République présents et qui portaient d’ailleurs fièrement leur écharpe tricolore comme signe distinctif de leur autorité. Pour certains d’entre eux, ils étaient déjà là lors de la manifestation nommée faussement « contre l’islamophobie ». Rien ne les avait non plus dérangé, ni la foule scandant 'Allahou Akbar' sous l'impulsion de Marwan Muhammad, ni l’étoile jaune arborée par des manifestants. On peut légitimement se poser la question : méritent -ils encore de représenter la Nation alors qu’ils participent avec engouement à ces rassemblements qui défient sans vergogne la République ? Car, ne soyons pas dupes, le réel objectif de certains organisateurs est bien celui-ci : déstabiliser la République et obtenir dans la rue, souvent avec violence, ce qu’ils n’ont pas obtenu dans les urnes.
 
Il ne s’agit pas de nier la sincérité de certains participants, réellement attachés à des causes de justice sociale, de défense du climat ou inquiets d’une montée de la violence. Ceci serait une injure faite à de nobles combats. Mais on ne peut continuer à baigner dans cette naïveté ambiante où si peu dénoncent les réelles ambitions de ceux qui cherchent à faire converger les luttes, pour mieux faire plier un pouvoir pourtant démocratiquement élu par le peuple. Cette manifestation de samedi, découlant de l'appel conjoint du Comité Adama et Alternatiba, organisation du mouvement pour le climat, à laquelle ont participé des gilets jaunes est la démonstration de cette dangereuse « confusion des causes » plus que « convergence des luttes ». 

En cette rentrée qui s’annonce si périlleuse, tant la dégradation du marché du travail liée à l’épidémie va frapper de plein fouet les plus fragiles, la France pourra difficilement assumer des mouvements qui bloquent encore son économie. Certains commerçants, restaurateurs ont difficilement survécu et leur demander de baisser encore leur rideau pour ces samedis de manifestation leur sera fatal. Nos forces de l’ordre mobilisées depuis presque deux ans pour encadrer ces manifestations répondront encore présent mais seront toujours plus la cible des factieux, leur autorité ayant été bafouée à de nombreuses reprises sans que le bouclier de leur hiérarchie ne les en protège. Alors si l’on veut que notre pays traverse cette étape avec la force et la dignité qu’on lui connaît, il est de la responsabilité de chacun de ne pas être le soutien d’agitateurs animés par l’unique volonté de voir la France mettre un genou à terre.

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