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Ça va faire des vagues...

La tempête sociale du 5 décembre : Macron nous invite "à prendre la mer"

Une grève massive et très suivie ? "Même pas peur", dit le président.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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On ne vantera jamais assez la souplesse du chef de l’État. Sa capacité d'adaptation aux circonstances force l'admiration. Il était hier aux Assises de la mer. Et, capitaine courageux, il s'est jeté à l'eau. Dans une allusion explicite à la grève du 5 décembre, il a exhorté les siens, les marins présents, la France toute entière « à prendre la mer », même par gros temps, en saluant le « courage » des marins qui ne craignent pas « de prendre des risques » face aux flots déchaînés.

Dans ses paraboles maritimes, il n'en a oublié aucune. Il a salué « l'esprit d'équipage ». Quelles que soient les dissensions, a dit Macron, nous sommes tous dans le même bateau et c'est ensemble que nous affronterons les vagues. Macron a un côté caméléon. Il épouse fidèlement les couleurs de ceux qui l'environnent. Aux Assises de la montagne, il serait venu avec un piolet et aurait salué l'audace du premier de cordée. Aux Assises du handicap, il serait arrivé en fauteuil roulant et il aurait dit « nous sommes tous debout ». Aux Assises de la banlieue, il se serait présenté en survêt avec une capuche sur la tête et un joint au bec.

Ce que Macron a oublié de dire, c'est que sur les bateaux se pose parfois la question du comportement du capitaine. Ce dernier est supposé tenir fermement la barre. Or, avec le président de la République, elle oscille dangereusement. Bâbord, tribord, le risque est grand : Fluctuat et mergitur...

Craignant le naufrage, l'équipage peut s'interroger sur le fonctionnement erratique de celui qui est le seul maître à bord. Et alors les marins sont tentés de l'inciter fermement à laisser le gouvernail entre des mains plus expertes. Macron devrait méditer sur les paroles d'une chanson de Renaud : « Ce n'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme ». Il lui faudrait aussi aller réfléchir devant un célèbre tableau de Géricault : Le Radeau de la Méduse.

P.S. : Normalement, le capitaine est réputé « seul maître après Dieu ». Mais Macron lui-même est un Dieu, même si ce n'est qu'un dieu grec. Il y a des moments où on peut trouver sympatrique la devise des anarchistes : « ni dieu, ni maître ».

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