Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Santé
La peau, pièce maîtresse de notre immunité
©DR

Bouclier intelligent

La peau, pièce maîtresse de notre immunité

Béatrice de Reynal évoque le rôle de la peau et son impact sur l'immunité. La peau est une véritable protection contre le milieu extérieur et son cortège de microbes et d'éléments agressifs. Deuxième article d'une série en trois parties consacrée à l'immunité.

Béatrice  de Reynal

Béatrice de Reynal

Béatrice de Reynal est nutritionniste Très gourmande, elle ne jette l'opprobre sur aucun aliment et tente de faire partager ses idées de nutrition inspirante. Elle est par ailleurs l'auteur du blog "MiamMiam".

Voir la bio »

Une évidence : la peau est notre protection contre le milieu extérieur et son cortège de microbes, de toxines, d’éléments agressifs. C’est aussi l’organe le plus important, le plus lourd : 15 % du poids corporel, pour une superficie d’environ 2 m2. La peau est notre pièce maîtresse de notre immunité.

Bouclier intelligent

Bouclier contre le monde extérieur, il n’est – surtout pas – étanche car il gère de nombreux échanges vitaux : l’eau, des éléments nutritionnels, des éléments chimiques. Pour démontrer combien son intégrité est vitale, les risques immenses encourus par les sujets qui perdent leur peau, souvent par brûlures. Selon la gravité et l’ampleur de la brûlure, la survie n’est pas possible au-delà de 50 % de surface brulée.

En effet, la peau sans derme est la porte ouverte aux microbes qui sont naturellement présents dans notre environnement. Dans l’air, sur les surfaces, sur les autres. Privés d’une partie de notre flore cutanée qui, normalement, occupe le terrain, l’invasion est très rapide et la multiplication des germes dans le corps est très rapide.

Soignons donc notre flore cutanée de façon intelligente en considérant bien la peau comme une membrane poreuse, habitée de microorganismes bénéfiques, nourrie par le derme sous-jacent et donc, par les aliments plus ou moins riches de nutriments que nous mangeons, hydratée par les boissons ingérées et par l’eau naturellement contenue par les aliments, protégée par un film hydrolipidique précieux qui ne doit être ni trop fin et fragile, ni trop épais et étouffant. Finalement, vous le constatez : la peau est d’une très précieuse complexité.

Soigner sa peau, c’est surtout lui éviter les agents déshydratants, agressifs, abrasifs. Le soleil et ses UBA et B, la chaleur qui augmente la température, les rayons (UV cabine, les spots intenses), le vent et le grand froid, qui déshydratent beaucoup, mais aussi, tous les savons décapants, trop acides ou trop basiques qui « décapent » les protections naturelles.

Évitez impérativement les aliments déshydrateurs comme l’alcool (les boissons alcoolisées), le sel et les aliments très salés comme Nuoc mam, sauce soja, moutardes, les comprimés effervescents (très salés), certains boissons et eaux trop salées, et les aliments en saumure comme olives ou anchois, les aliments salés.

Nourrir sa peau pour la rendre plus forte

Nous avons tous en tête les liens étroits entre la flore intestinale, notre intestin et notre immunité. Nous savons tous que si notre flore est bien équilibrée avec plus variétés de microorganismes bénéfiques, meilleure sera notre digestion et notre confort digestif et meilleure sera notre santé aujourd’hui et demain. Pour la peau, c’est similaire. Il faut bien l’entretenir, bien la nourrir, bien la protéger … sans oublier de soigner la flore cutanée qui l’habite.

Étaler des probiotiques sur la peau ? Un masque au yaourt ? Oui, c’est un peu l’idée, sauf que le choix des souches sera différent de celui de la flore intestinale : sur la peau, les sources sont tolérantes à l’oxygène, voir amateur d’oxygène quand les éléments de la flore intestinale préfèrent l’anaérobie.

Cette flore est composée de souches bénéfiques en général Gram+, staphylocoques et corynébactéries. Derrière ces noms barbares se cachent des souches qui prennent une vie à s’installer car le bébé naît sans flore. Directement liée aux sécrétions hormonales, la flore cutanée va évoluer avec l’âge : on le voit avec la puberté qui parfois, génère des boutons, comédons, infections très invalidantes et perturbantes pour les jeunes sujets.

Déjà, certains laboratoires et marques de compléments alimentaires ou de boissons fonctionnelles proposent des produits pour la flore cutanée. Certains cosmétiques s’y mettent aussi.

Une crème au magnésium idéale pour les peaux sensibles qui va dynamiser votre flore microbiotique et nourrir votre flore cutanée. Un soin 100% d'origine naturelle.

Enrichi en pré et probiotiques, ce gommage libère votre peau de toutes les impuretés, protège le film protecteur 

Quant aux compléments alimentaires, on ne compte plus les formules avec prébiotiques ou probiotiques, mais aussi avec certains nutriments qui jouent un rôle sur l’équilibre de la flore cutanée.

Fibres prébiotiques, probiotiques (différents ferments), mais aussi certains nutriments comme les oméga 3 dont on va encore retrouver l’efficacité dans l’immunité.

Postbiotiques bénéfiques

Certaines populations utilisent des postbiotiques pour nettoyer la peau : le sérum du yaourt, le jus de légumes lactofermentés, le petit lait des fromages faisselle, le jus de la choucroute crue. Riche en acide lactique et en éléments vivants, ils respectent la peau et peuvent permettre de stimuler la flore cutanée naturelle. 

Fermented berry vegetable drink. Des baies fermentés et de la vitamine C pour ce postbiotique vendu en Chine

Questions pratiques

• Un comédon, un bouton infecté : que faire ?

Aider votre corps à s’en débarrasser sans abimer davantage votre peau avec des pression, des expulsions forcées, voir des coups d’aiguille ou de rasoir pour « ouvrir » et sortir le point noir ou le pus.

Au contraire, nettoyez le tout avec une eau micellaire et respectez la peau, lui donnant toutes chances pour avoir le dessus.

• Manger plus de yaourts ? Oui pour votre flore intestinale, peu efficace pour stimuler votre flore cutanée.

• Aisselles ou pieds malodorants ?

L’humidité et la chaleur de ces microclimats favorisent le développement de bactéries dont le métabolisme produit des odeurs désagréables. Inutile d’utiliser des déodorants agressifs ou alcoolisés qui vont mettre votre flore cutanée à genoux. Au contraire : c’est le bon moment pour les postbiotiques : petit lait, jus de légumes lactofermentés, sérum de yaourt. Appliquez et laisser faire votre nature.

A lire aussi : Comment notre alimentation peut agir sur notre immunité

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !