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La France insoumise... à Jean-Luc Mélenchon : quand la gauche file entre les doigts de son héraut
©BERTRAND GUAY / AFP

Mélenchon

La France insoumise... à Jean-Luc Mélenchon : quand la gauche file entre les doigts de son héraut

Jean-Luc Mélenchon a du mal à trouver une place dans le débat politique actuel tout en étant celui qui incarne, de fait, une opposition idéologiquement forte face au gouvernement. Son parti s’est construit à la fois avec lui et sans lui.

Sylvain Boulouque

Sylvain Boulouque

Sylvain Boulouque est historien, spécialiste du communisme, de l'anarchisme, du syndicalisme et de l'extrême gauche. Il est l'auteur de Mensonges en gilet jaune : Quand les réseaux sociaux et les bobards d'État font l'histoire (Serge Safran éditeur) ou bien encore de La gauche radicale : liens, lieux et luttes (2012-2017), à la Fondapol (Fondation pour l'innovation politique). 

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Un an après la présidentielle, comment appréhender aujourd'hui le positionnement de Jean-Luc Mélenchon dans le débat politique?

Sylvain Boulouque : Mélenchon a du mal à trouver une place dans le débat politique actuel tout en étant celui qui incarne, de fait, une opposition idéologiquement forte face au gouvernement. Son parti s’est construit à la fois avec lui et sans lui. La France Insoumise s’est créée dans l’objectif de la campagne des présidentielle et ses représentants n’avaient pas vécue d’histoire commune auparavant. Ce schéma inverse au système des partis classique a fonctionné pour Emmanuel Macon, mais pas pour Jean-Luc Mélenchon.

Son parti, la France Insoumise dispose certes d'un groupe à l'Assemblée nationale mais les députés qui le composent ont-ils un "esprit de groupe", chacun d'entre eux ayant une trajectoire individuelle, un discours propre, et organisent des manifestations auxquelles Jean-Luc Mélenchon ne participe pas, comme ce sera le cas le 5 mai pour le défilé organisé par Jean-Christophe Ruffin?

Son groupe parlementaire est composé de personnalités autonomes, qui avaient déjà leur propre parcours et leurs propres discours, comme Ruffin, Clémentine Autain ou Danièle Obono. Il est confronté  à un problème de stratégie, car certes ces personnes captent différents courants d’idées et de soutiens, mais ce parti souffre d’un manque de cohérence d’ensemble. Mélenchon lui-même entretient ce paradoxe, car il peut être à la fois autoritaire et penser qu’il est le seul chef légitime, tout en laissant d’autres courants prendre leurs distances et  occuper l’espace politique et médiatique.

La « convergence des luttes » espérée par Jean-Luc Mélenchon ne semble pas se réaliser. Quelles sont les conséquences du processus de différenciation de cet électorat, dont il apparait maintenant impossible de faire une synthèse au plan politique?

Jean-Luc Mélenchon pensait sincèrement qu’il serait celui qui pourrait fédérer ces mouvements de contestation et de rejet de la politique de gouvernement. On voit bien aujourd’hui qu’il n’y a pas de convergence collective, donc cette stratégie n’est plus envisageable.  Par ailleurs, il lui arrive de développer un double discours qui déroute les membres de son parti, mais aussi ses sympathisants. L’ensemble donne une image très individualiste du personnage.

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