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Crédits Photo: Reuters
Les Français seraient plus de 500 000 à "vapoter".

Révolution

La e-cigarette est-elle partie pour changer la vie de millions de fumeurs ?

La cigarette électronique fait un véritable tabac auprès des Français : ils seraient plus de 500 000 à "vapoter". Moins chère, moins nocive pour la santé... les arguments sont nombreux pour attirer les fumeurs. Problème : ses effets sur l'organisme sont encore méconnus.

Gérard  Audureau

Gérard Audureau

Gérard Audureau est président de l'association DNF (les Droits des non-fumeurs) depuis 2002

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Atlantico : Quelle est l’ampleur de la cigarette électronique en France ? Quel est le profil des utilisateurs ?

Gérard Audureau : On dénombre à l’heure actuelle un peu plus de 500 000 personnes qui ont essayé la cigarette électronique en France ce qui est d’ores et déjà conséquent. Il est difficile de cerner le profil de ces utilisateurs car très peu d’enquêtes sont pour l’instant disponibles à ce propos, on ne dispose pas du recul suffisant pour analyser le phénomène. Néanmoins on observe que en plus des fumeurs, certaines personnes non fumeuses sont séduites par la cigarette électronique ce qui fait de cette innovation un produit dit "d’entrée". 

La cigarette électronique présente-t-elle des risques pour la santé des utilisateurs ? Quelles sont les techniques de marketing utilisées par les distributeurs ?

Si l’on doit comparer les dangers de ce nouveau produit avec la cigarette classique c’est l’alfa et l’oméga. Il n’y a aucune comparaison possible entre la nocivité des deux produits. Dans la cigarette électronique il n’y a pas les deux éléments principaux qui sont les plus nocifs dans la cigarette traditionnelle : les goudrons et le monoxyde de carbone. A l’évidence la cigarette électronique est moins dangereuse que le tabac. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a aucun danger. Pour produire ce qui ressemble à de la fumée, on utilise du propylène glycol qui est un produit considéré comme peu offensif ou inoffensif lors de leur mélange avec des aliments mais on n’a jamais testé leur dangerosité lorsqu’il est inhalé. Nous devons attendre les résultats commandés par la ministre de la Santé à ce sujet même si dans le cas où il y aurait un danger il ne serait pas important. D’autre part, pour faire en sorte que les utilisateurs s’habituent et prennent plaisir à fumer la cigarette électronique, les fabricants ont mis des doses de nicotine de plus en plus importantes qui sont approximativement les même doses que celles que l’on peut trouver dans les cigarettes classiques. Il y a donc un risque d’accoutumance, d’addiction très important à la nicotine.

Le problème majeur se situe dans le fait que l’idée de la cigarette électronique était géniale car son utilisation joignait la gestuelle à une éventuelle possibilité de réduire ou de supprimer sa consommation de tabac. Malheureusement, le marketing mis en place lors de sa commercialisation s’est emparé de deux slogans tout à fait contraires aux politique de lutte contre le tabagisme.

Le premier est de dire que c’est un produit de nature à vous aider à arrêter de fumer utilisé comme un substitut nicotinique pour autant que les fabricants demandent une autorisation de mise sur le marché. Ce sont des produits à 99% produits en Chine, et il peut arriver que la contenance en nicotine soit deux ou trois fois plus élevée que ce qui est annoncé donc c’est dangereux.

Le deuxième argument qui est également tout aussi pervers est de dire qu’avec la cigarette électronique il est possible de fumer partout où c’est habituellement interdit. C’est une incitation à contrevenir à la loi. Les distributeurs jouent sur l’ambiguïté et il va falloir que la ministre se prononce à ce sujet et que la législation s’adapte rapidement.

Quelles sont les entreprises qui commercialisent la cigarette électronique et comment réagit l’industrie du tabac ?

Les grands industriels du tabac ont raté le tournant historique de la cigarette électronique mais aujourd’hui les deux poids lourd du secteur que sont Phillip Morris et British American Tobacco se rattrapent en rachetant les plus grosses sociétés, pour la plupart chinoises, à l’origine de cette innovation. On peut se demander s’ils ne vont pas profiter de la cigarette électronique pour en faire un produit d’appel pour le tabac c’est un risque.

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