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En analyse

La double question qui perturbe les psychiatres : les anti-dépresseurs endommagent-ils le cerveau… Mais y a-t-il une alternative ?

Une étude danoise réalisée par le professeur Peter Gotzsche de l'université de Copenhague montre plus en détail les effets négatifs que peuvent avoir les antidépresseurs sur la santé. Ils ont des conséquences irrémédiables notamment sur le cerveau. Des alternatives existent.

Sauveur Boukris

Sauveur Boukris

Sauveur Boukris est médecin généraliste.

Enseignant à Paris, il participe à de nombreuses émissions de radio et de télévision sur les questions de santé. Il est l'auteur de plusieurs livres médicaux dont "Santé : la démolition programmée", aux Editions du Cherche Midi.

Il a écrit  "Médicaments génériques, la grande arnaque" aux Editions du Moment.

Son dernier livre s'intitule "La fabrique des malades" aux Editions du cherche midi.

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Atlantico : Une étude danoise réalisée par le professeur Peter Gotzsche de l'université de Copenhague montre que les antidépresseurs sont mauvais pour les personnes instables émotionnellement. Ils peuvent créer des dommages irrémédiables sur le cerveau. Leurs effets négatifs sont présents longtemps après l'arrêt du traitement… Que nous dit cette étude de la dangerosité des antidépresseurs ?

Sauveur Boukris : On savait déjà beaucoup de choses sur les dangers des antidépresseurs. Il en existe de deux sortes, les tricycliques et les sérotoninergiques qui sont répandus avec le Prozac ou le Deroxac qui font partie de la deuxième catégorie. Ils développent des troubles sur la mémoire immédiate, des difficultés de concentration. Chez les enfants et les adolescents, ils lèvent les inhibitions, ce qui peut faciliter les passages à l'acte de pulsions suicidaires. On a pu constater que beaucoup d'adolescents avaient des envies suicidaires de passage à l'acte sous antidépresseur. Dans ces cas, les médecins se posent la question de savoir si c'est la dépression en elle-même ou les médicaments qui favorisent le passage à l'acte. Les médicaments psychotropes lèvent l'inhibition. 

Bien souvent, les antidépresseurs sont donnés sur de très longues périodes, de 6 à 18 mois. Les effets négatifs restent beaucoup plus longtemps dans l'organisme. Il reste à déterminer les conséquences au bout d'une longue période comme cinq ans. La prise d'antidépresseurs peut provoquer des troubles du sommeil, du comportement qui persiste même à l'arrêt du traitement. 

Les troubles du cerveau sont connus. Il s'agit surtout de de la mémoire récente, on oublie ce qu'on vient de nous dire, où on a posé ses affaires. On se souvient bien des événements à dix ans, mais pour la mémoire courte, ce qu'il s'est passé dans la minute ou la demi-heure comme par exemple,   les communications par téléphone, les rendez-vous, c'est plus difficile. Les antidépresseurs peuvent aussi entraîner un effacement du ressenti des émotions. Il n'y a pas de lésions anatomiques cérébrales. 

En quoi est-ce que cela pose problème pour les psychiatres ? Ils ont des choix très limités en matière de traitement pour les patients. 

Le ressenti d'un patient varie d'un patient à l'autre. La dépression est une souffrance.  Les effets secondaires existent, mais ils ne sont pas identiques pour tous les patients. Certaines personnes sont beaucoup plus sensibles et susceptibles aux risques. Les effets secondaires ne sont pas communs à tous. Les antidépresseurs sont les seules armes dont on dispose pour lutter contre les symptômes dépressifs. Cela affecte les patients différemment. Pour certains d'entre eux, ils n'ont plus de projets, ils ont des difficultés à s'endormir, ils sont très fatigués. Ils ne peuvent plus travailler. Il faut agir relativement vite pour éviter d'entrer dans une phase de chronicité de la maladie. 

Les effets secondaires ne sont pas constants chez tous les malades, mais ces médicaments vont apporter des progrès et un soulagement. Il faut adapter les traitements et les posologies au cas par cas et en fonction du ressenti du patient.

Existe-t-il des alternatives crédibles aux antidépresseurs  pour calmer les dépressions ? 

Il existe quelques alternatives. Après, tout dépend de la gravité de la maladie, du degré de la dépression. Pour les dépressions légères, on peut utiliser des solutions à base de plantes. Il existe des médicaments à base de millepertuis, une solution naturelle qui est très efficace.  Dans les dépressions post-traumatiques, après un accident, on peut utiliser des thérapies comportementales comme l'EMDR pour  le "Eye-Movement Desensitization and Reprocessing" ou Désensibilisation et Retraitement par les Mouvements Oculaires en français. Elle consiste en des mouvements pendulaires des yeux qui en deux, trois séances améliore le ressenti dépressif, les troubles du sommeil 

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