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Bonnes feuilles

L’instinct de survie : cet atout majeur de l’espèce humaine pour surmonter ses peurs, les obstacles et les accidents de la vie

Jean-Pierre Marongiu publie "Même à terre, restez debout !" (Les Nouveaux Auteurs). Emprisonné 1 744 jours au Qatar, Jean-Pierre Marongiu revient dans ce manuel sur les méthodes et les techniques qui lui ont permis de résister à l'horreur et d'en réchapper indemne. Extrait 1/2.

Survivre est la programmation basique de notre espèce et de toute vie sur terre et probablement au-delà dans l’univers.

Dès lors que le mouvement a été insufflé, par ce qui demeure une énigme scientifique, à une bactérie, celle-ci n’a de cesse que de s’adapter à son milieu, de se défendre contre celui-ci et de se multiplier. Cette pulsion fait partie de notre héritage génétique ou peut-être en est-elle à l’origine. Que cette pulsion soit d’essence divine ou la manifestation instantanée d’un long processus naturel consécutif à une accumulation de paramètres et de circonstances si improbables que le hasard apparaît impossible, sitôt vivants nous refusons l’idée de la mort.

Si cette volonté inconsciente est si forte, c’est parce qu’elle ne concerne pas seulement notre existence physique, mais également notre présence psychique, émotionnelle et identitaire.

J’ai toujours été intrigué par cette trousse de survie que possède toute particule inerte qui soudain vit. À la naissance, le cerveau du bébé fonctionne à plein rendement, sans se soucier de son environnement, il expulse les fluides qui obstruent les voies respiratoires, il cherche à s’alimenter… et il pleure pour exprimer sa douleur aux brûlures de la lumière à la froideur de l’air… Il fait tout cela sans y réfléchir, de façon instinctive, parce qu’il s’agit là d’une programmation pré-vitale, comme il en existe une post mortem.

Nous venons au monde avec le logiciel de fonctionnement basique de notre métabolisme.

Il suffit de regarder au microscope une boîte de Petri pour réaliser l’énergie extraordinaire, insensée, démesurée, dépensée par les composantes d’un bouillon de culture pour vivre.

Cette énergie, nous l’avons en nous, nous la portons chevillée au corps, elle porte un nom : l’instinct de survie.

L’instinct de survie, ou la volonté de survivre, est un système de sécurité d’urgence en grande partie inconscient parce qu’inhérent à nos fonctionnements réactifs et défensifs. Ce système de sécurité doit entraîner une réaction immédiate sans qu’il y ait de réflexion ou une conscience intellectuelle qui viendrait le polluer par des considérations métaphysiques mettant en péril l’existence d’un individu.

Quand un danger apparaît, la priorité immédiate de l’organisme est de se déconnecter de toute pensée parasite. C’est la raison pour laquelle la paranoïa intellectualisée et consciente dictée par l’inquiétude sans fondements réels doit être refoulée parce qu’elle va déclencher un réflexe de survie erroné et nous orientant vers une solution non pragmatique d’une situation.

Nous avons tous vécu des expériences où nos réactions n’étaient pas en phase avec la situation qui nous a fait réagir. L’explication est dans le fait que nos perceptions refoulées sont en rapport avec notre vécu. Ainsi, ces perceptions que nous ne voulons pas rendre conscientes alertent notre système réactif de sécurité, notre comportement devient alors animal. C’est un mécanisme de survie. Il existe alors trois réactions en fonction du danger réel ou imaginaire, la paralysie, la fuite ou l’attaque. La peur disparaît et nous agissons suivant la plus appropriée des trois réactions.

Survivre est un mécanisme.

J’ai passé presque cinq années à m’intérioriser pour ne pas perdre pied avec la réalité. Non pas avec celle que je vivais – pour cela je n’avais qu’à ouvrir les yeux – mais avec celle qui se déroulait sans moi, à l’extérieur, ma réalité, celle à laquelle je m’accrochais et que je voulais retrouver. J’ai fini par naviguer en mer intérieure, déclenchant volontairement mon mécanisme de survie qui me faisait réagir avec mon patrimoine mémoriel et non pas avec la réalité que l’on cherchait à m’imposer. C’est devenu un jeu, le jeu de la survie.

Prendre conscience de ce jeu de survie est libérateur, car il permet d’influer sur des réactions biochimiques très puissantes. Ces réactions dans notre alchimie sont une multitude d’associations visuelles mémorielles. Elles fonctionnent du fait de la communication intelligente entre les sensations, les émotions, les pensées et les croyances situées à divers niveaux de la conscience. Notre conditionnement mental s’élabore à partir de cette négociation entre le conscient et l’inconscient.

Quand j’ai eu acquis la certitude que je pouvais à tout moment déclencher mon système de survie, la peur a disparu et plus rien ne pouvait m’atteindre.

J’ai acquis la certitude que nous sommes programmés pour survivre. Quels que soient les obstacles, les agressions ou les accidents de vie, nous sommes plus forts que nos peurs.

Je ne suis pas le seul à avoir transcendé mon esprit et mon corps pour survivre. Des centaines d’exemples, d’hommes et de femmes, à travers le monde peuvent témoigner de cette capacité incroyable de l’humanité à survivre alors que rien ne les y préparait. Ils n’avaient suivi aucun entraînement auprès des forces spéciales et n’étaient ni des surhommes ni des héros. À l’inverse, moi dans ma cellule, j’ai lu leur histoire et je leur dois certainement ma survie.

Extrait du livre de Jean-Pierre Marongiu, "Même à terre, restez debout !", publié aux éditions Les Nouveaux Auteurs

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