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Crédits Photo: Reuters

Editorial

L’espoir de reprise économique mis à mal par le pessimisme sans précédent des Français

L’Insee estime ainsi qu’une amélioration pourrait se dessiner dès les prochains mois avec un rythme de reprise qui pourrait atteindre 0,4% par trimestre, tout en admettant que cet espoir demeure fragile.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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Les prévisionnistes sont formels : la France devrait rompre l’an prochain avec la stagnation qui vient de miner son économie pendant trois ans et connaÏtre un regain d’activité qui lui permettrait de s’aligner sur le mouvement de reprise qui a gagné toute l’Europe. L’environnement est particulièrement favorable avec un pétrole qui ne cesse baisser, donnant ainsi du pouvoir d’achat aux entreprises, mais aussi aux particuliers, les taux d’intérêt et l’euro demeurent très bas, autant de facteurs qui devraient permettre à notre pays de ne pas rester à la traîne. L’Insee estime ainsi qu’une amélioration pourrait se dessiner dès les prochains mois avec un rythme de reprise qui pourrait atteindre 0,4% par trimestre, tout en admettant que cet espoir demeure fragile pour deux raisons. En premier lieu, les attentats ont entraîné une forte baisse de la consommation des ménages et un exode des touristes à une période de l’année  marquée par une hausse des dépenses qui cette fois n’aura pas eu lieu : plusieurs mois seront nécessaires pour rattraper ce handicap et les experts officiels s’attendent désormais à ce que la croissance espérée au quatrième trimestre soit deux fois plus faible  que ce qui avait été envisagé.

Et ce mauvais coup du sort risque d’être amplifié en deuxième lieu par l’onde de choc provoquée par le score électoral du Front national, à son  plus haut niveau historique en termes de voix, qui a montré la dégradation du climat moral des Français. Un sondage publié par le journal les Echos vient conforter ce sentiment : jamais le pessimisme  de la population n’a été aussi profond, les deux tiers des personnes interrogées estimant que leur situation personnelle allait se dégrader, alors qu’un tiers seulement s’attendait à une amélioration. Comme l’écrit le quotidien économique : « le pessimisme s’enracine », sous l’effet d’un  chômage dont les  ravages s’étendent non seulement à ceux qui sont directement  frappés, mais touchent aussi les proches et tous ceux qui redoutent d’en être victimes à leur tour.

D’autant que l’Insee se montre très circonspecte sur la possibilité de réduire le chômage : celui-ci risque au plus de revenir à mi-2016 au niveau qui était le sien cet été. Une diminution  qui serait pratiquement  imperceptible, d’autant  que la moitié des emplois créés cette année l’auront été dans le secteur public, ce qui est insupportable dans  un pays où il faudrait dégonfler le nombre des fonctionnaires pour le ramener à la même proportion que celle de nos partenaires.

A cet égard, le sentiment  de l’opinion évolue. Celle-ci réclame de plus en plus des mesures radicales et audacieuses, pour remettre la France sur les rails, dans un monde où le surplace signifie une condamnation à terme, car la concurrence extérieure se fait de plus en plus féroce.

Les réformes à accomplir sont connues : elles font au fil des ans l’objet de rapports lucides, qui demeurent dans les tiroirs, faute d’une volonté politique pour les mettre en  œuvre.

Une  fois de plus, le gouvernement va annoncer un plan pour l’emploi , qui risque d’être un catalogue de mesurettes sans lendemains uniquement destinées à faire baisser un peu la pression en attendant  la prochaine échéance électorale. Car les résistances aux transformations indispensables  sont  partout, comme on le voit avec les difficultés que rencontre la loi Macron toujours inappliquée pour l’essentiel. Au point qu’on peut s’interroger pour savoir si les Français ne rêvent pas au changement pour mieux s’arrimer aux entraves des boulets issus du passé.

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