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La croissance française qui était meilleure devint moins bonne que celle de la zone euro en mai 2012.
La croissance française qui était meilleure devint moins bonne que celle de la zone euro en mai 2012.
©Reuters

La courbe qui tue

Indices PMI : et la croissance française qui était meilleure devint moins bonne que celle de la zone euro en… mai 2012

Au-delà du marasme général de la zone euro, l'évolution des chiffres de l'indice des directeurs d'achat permet de mettre en évidence l'inversion de la performance relative de l'économie française. De moteur de la zone euro, la France est bien devenue un boulet depuis la mi-2012.

Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann

 

Nicolas Goetzmann est journaliste économique senior chez Atlantico.

Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :

 

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Au-delà des chiffres trimestriels de la croissance, publiés avec un décalage de plusieurs mois, il n’existe que peu de moyens de suivre l’évolution d’une économie « en direct ». Cependant, la publication des indices des directeurs d’achat (PMI) offre cette base mensuelle (donc plus riche que les seuls chiffres trimestriels) permettant d’évaluer l’état de l’activité économique à un moment donné, ou, plus généralement, le niveau de confiance en l’avenir des acteurs économiques du pays. Ainsi, en utilisant ces données, il devient possible de mesurer plus précisément la performance de l’action de François Hollande. Et ce, aussi bien à la tête de l’Etat qu’en qualité de membre influent de l’action européenne.

Depuis l’entrée de François Hollande à l’Elysée, la performance économique du pays peut se résumer à deux chiffres : en premier lieu, un total de 0.98% de croissance pour 9 trimestres. Soit une performance moyenne de 0.43% de croissance annuelle dans un pays dont le potentiel est pourtant proche de 2%. En second lieu, un total de 537 000 chômeurs de plus, soit une progression de 18% de leur nombre. Et cette situation se perçoit clairement dans l’évolution des chiffres PMI :

 

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Un indice PMI supérieur au seuil de 50 signifie que l’économie est en expansion, à l’inverse, le franchissement de ce seuil à la baisse indique que l’économie est en récession. Après de courts épisodes négatifs au début des années 2000, l’économie française a clairement sombré en récession à la fin de l’année 2008 pour en sortir vigoureusement à la fin 2009. Mais la nouveauté depuis 2012 est que désormais ; l’économie française navigue en terrain « récessionniste » de façon habituelle.

Et comme le démontre le graphique, l’indice PMI est parfaitement corrélé à l’évolution du chômage, ce qui témoigne de sa fiabilité.

 

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Le constat est clair. Si la période Sarkozy a été le témoin de fortes variations ; entre solide expansion et profonde récession lors la crise de 2008, la période présidée par François Hollande se caractérise par une faiblesse économique constante. A un tel niveau, l’inversion de la courbe du chômage n’a jamais été un horizon crédible pour le Président.

Il pourrait être tentant d’attribuer cette médiocrité au seul contexte global européen. Car en effet, le sort de la zone euro ne semble pas beaucoup plus attrayant. Et les deux courbes d’activité semblent en effet se chevaucher parfaitement :

 

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Cependant, une observation attentive de ces deux courbes permet de discerner deux séquences différentes. Afin de faire émerger cette différence, il suffit de mesurer l’écart qui existe entre l’évolution de l’économie de la zone euro et l’évolution de l’économie française :

 

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L’évolution est frappante. Entre l’été 1998 et la mi-2012, l’économie française a constamment « surperformé » l’économie de la zone euro. Mais depuis la mi 2012, la situation s’est totalement inversée. La France jouait un rôle moteur dans l’économie de la zone euro pour en arriver à une situation de « poids mort » lors des 30 derniers mois.

De ce double constat ressort une conclusion. Il est toujours possible de montrer du doigt le contexte européen afin de justifier le marasme dans lequel est plongée l’économie française. Mais. En premier lieu, il n’est pas possible de prétendre que le pouvoir exécutif français n’a aucune responsabilité dans ce destin européen. Car l’Europe évolue sous l’influence principale du couple franco-allemand.

Il n’est alors pas envisageable d’exfiltrer la responsabilité de l’exécutif français au sujet des performances globales de l’ensemble. Mais ce n’est pas tout. Car l’arrivée de François Hollande au pouvoir a marqué un profond changement hiérarchique au sein de la zone euro. D’une performance relative supérieure de l’économie française entre 1998 et 2012, la France est réellement devenue l’« homme malade de l’Europe » depuis l’entrée en fonction de François Hollande.

 

A lire également, le nouveau livre de Nicolas Goetzmann : Sortir l'Europe de la crise : le modèle japonais, (Atlantico éditions), 2013. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

 

 

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