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L’indésirable "Français de souche", prié de laisser la place aux minorités militantes, car forcément coupable (mais de quoi ?)
©Reuters

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L’indésirable "Français de souche", prié de laisser la place aux minorités militantes, car forcément coupable (mais de quoi ?)

Tout doit être fait pour éviter, en France, la guerre civile que l’islam radical aimerait semer pour imposer le califat, ce nouveau communisme. L’erreur serait néanmoins de se soustraire à l’épreuve en s’accommodant de ce nouveau totalitarisme. Le danger n’est pas le FN, qui n’est que l’expression de la colère d’un peuple abandonné. C’est le déchaînement d’une idéologie apocalyptique qu’il s’agit de stopper pendant qu’il est encore temps. Extrait de "La guerre civile qui vient" d'Ivan Rioufol, aux Editions Pierre-Guillaume de Roux (2/2).

Ivan Rioufol

Ivan Rioufol

Ivan Rioufol est essayiste et éditorialiste au Figaro. Il tient quotidiennement le blog Liberté d'expression. Il vient de publier un nouvel ouvrage, La guerre civile qui vient (Editions Pierre-Guillaume De Roux).

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L’infamie raciste et xénophobe accolée à l’expression « Français de souche », tandis que le « Français issu de la diversité » et plus encore l’immigré extraeuropéen sont valorisés, dévoile s’il en était besoin l’indifférence officielle portée aux indigènes. Quand François Hollande emploie pour la première fois cette expression de « Français de souche », en février 2015, au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), c’est pour qualifier l’« inconscience », l’« ignorance », l’« intolérance » de jeunes lycéens responsables de la profanation d’un cimetière juif à Sarre-Union (Bas-Rhin), en oubliant de préciser que le leader est un « antifa » d’extrême gauche. Bien qu’encore majoritaires dans le pays de nos pères, nous autres Français d’origine française, forcément coupables (mais de quoi ?) plus qu’aucun autre peuple d’Europe, sommes priés de disparaître et laisser place aux minorités militantes, qui se disent humiliées par la colonisation d’hier, l’hégémonie occidentale, l’injonction à s’assimiler. Bref, humiliées par l’homme blanc, l’indésirable, contre qui le racisme n’est pas reconnu. C’est ce qu’annonce Delphine Ernotte, la nouvelle présidente de France Télévision, quand elle explique en septembre 2015 au micro d’Europe 1 : « On a une télévision d’hommes blancs de plus de cinquante ans, et ça, il va falloir que ça change. » C’est avec un semblable volontarisme que Nicolas Sarkozy avait annoncé, en 2008, rêver d’une France « où l’expression Français de souche aura disparu », quitte à « contraindre » à l’impératif du métissage.

Ces minorités-là ne se font d’ailleurs pas prier pour prendre la place. Pour m’être déjà inquiété de l’avenir de mon pays dans un recueil de mes blocnotes intitulé Où va la France ?, j’ai été distingué en 2009 (en compagnie de Pascal Sevran, Alain Finkielkraut, Luc Ferry) par le prix parodique du « Y’a bon Awards », section « Académie bien française », décerné par l’association « antiraciste » des Indivisibles, créée notamment par la décidément incontournable Rokhaya Diallo. J’eus droit les années suivantes à la nomination dans les catégories : « Touche pas à mon pote raciste » (2010) puis « La France aux Français, les vrais » (2011). Après les attentats de janvier 2015, cette sympathique jeune femme présentera les tueurs en victimes de la société française, en écrivant : « Ce n’est pas le Coran qui a produit ces monstres. Ils sont nés en France, ils ont grandi ici. Ces tueurs sont le fruit de réalités sociales bien françaises. Cette rage folle et meurtrière qui les anime n’est pas le fruit d’un enseignement religieux transmis par leur famille mais la production d’un contexte sociopolitique français. » Et peu importe si les plus pauvres des Corréziens ou des Creusois oubliés n’ont jamais mis le feu à une voiture, ce rituel des « sensibles » à l’injustice française. Tariq Ramadan avait tenu le même registre antifrançais en 2012, en présentant Mohamed Merah, assassin de militaires et d’enfants juifs, comme un « grand adolescent, un enfant, désœuvré, perdu, dont le cœur est, de l’avis de tous, affectueux [...]. Un pauvre garçon coupable et à condamner, sans l’ombre d’un doute, même s’il fut lui-même la victime d’un ordre social qui l’avait déjà condamné [...]. » Merah, victime de la France raciste.

En décembre 2011, j’avais débattu une première fois avec l’intellectuel islamiste de nationalité suisse, sur le plateau de la chaîne publique France O, pour l’émission Toutes les France, animée par Ahmed El Keiy. Y  participait également le maire de Montfermeil (Seine-Saint-Denis), Xavier Lemoine. En voici un court extrait.

Moi : « La France n’est pas un pays multiculturel, comme vous avez décidé qu’elle serait : elle est un pays d’assimilation. »

Ramadan : « Vous avez une certaine idée de la France qui est inquiétante ; non pas pour vous, mais pour la France. Cette reconstruction de l’histoire de la France ne répond qu’à votre fantasme. Tous ceux qui sont venus, on est aussi allé les chercher. Ils ne sont plus chez vous, ils sont chez eux. Cette France est multiculturelle par la mémoire de ceux qui la font. Ils viennent avec une mémoire que vous ne pouvez pas leur nier. Elle fait partie de la France et leur religion, l’islam, fait partie de la France. Vos processus d’assimilation sont dangereux parce que vous avez envie d’effacer toute visibilité. Ce que je propose comme projet pour la France, ce n’est pas du tout le vôtre, ce n’est pas cette idée que l’intégration serait une étape vers l’assimilation. C’est : un citoyen doit respecter les règles de la république, qui s’imposent à tous et à chacun. »

Extrait de La guerre civile qui vient d'Ivan Rioufol, aux Editions Pierre-Guillaume de Roux

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