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Grand O des paroles et des actes : 
vu de chez les libéraux, 
zéro pointé à tous les candidats
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Examen

Grand O des paroles et des actes : vu de chez les libéraux, zéro pointé à tous les candidats

Ce jeudi soir, 5 candidats à la présidentielle se prêtaient au jeu du grand oral dans l'émission politique "Des paroles et et des actes". François Bayrou, Jacques Cheminade, Nicolas Sarkozy, Nathalie Arthaud et Jean-Luc Mélenchon ont répondu aux questions des journalistes de France 2.

Daniel Tourre

Daniel Tourre

Daniel Tourre est notamment l'auteur de Pulp Libéralisme, la tradition libérale pour les débutants (Tulys, 2012) et porte-parole du "Collectif Antigone". 

 

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Atlantico : Ce jeudi soir, 5 candidats à la présidentielle se prêtaient au jeu du grand oral dans l'émission politique "Des paroles et et des actes". Quel candidat vous a le plus convaincu ?

Daniel Tourre : Aucun. Je suis sorti de cette émission conforté dans mon choix pour ces élections : l’abstention. Je suis libéral, cette campagne ne s’adresse tout simplement pas à moi. J’ai l’impression d’assister à des primaires socialistes à deux tours.

Aucun des candidats ne propose une réelle diminution de la place de l’Etat –ou des intérêts instrumentalisant l’Etat- dans nos vies et dans la société. Certains proposent d’un peu mieux le gérer (en évoquant des points d’ailleurs plutôt anecdotiques) mais aucun n’évoque concrètement la diminution de la place de l’Etat qui est passé de 37% du PIB sous De Gaulle à 56%.

Tous proposent plus d’impôts, de taxes, des interventions, du protectionnisme, de réglementations approximatives et le gag de répétition de cette campagne : la banque publique d’investissement. Tous appellent secrètement de leurs voeux l’inflation qui leur permettra de prendre des ressources au français (plus ou moins) discrètement soit via la BCE, soit via la Banque de France.

Tous rivalisent d’imagination pour parler de ce qui ne les regardent pas : ce qu’il faut produire et comment,  très peu s’occupent de ce qui devrait les regarder : mieux gérer l’Etat.

Aucun n’oublie un petit coup de griffe au méchant, méchant ultralibéralisme dont Dieu merci, ils nous protégent tous avec courage depuis tant de décennies.

Alors bien sur, il y avait des variations entre le communiste gueulard version homme ou femme et le socialisme gestionnaire des Sarkozy ou Bayrou mais par rapport à un vrai programme libéral comme celui du candidat fictif Frédéric Bastiat, je suis surtout convaincu que voter pour l’un de ces candidats, c’est cautionner la place que gardera l’Etat dans la société les 5 prochaines années : délirante.

Qu'avez-vous retenu des propositions formulées par les différents candidats ?

Le commissariat au plan proposé par François Bayrou, gag soviétique, comme si l’Etat, incapable de se coordonner lui-même, pouvait sérieusement aider les entreprises à se coordonner.

Les jeux vidéos, le voyage sur Mars et le chant choral de Jacques Cheminade illustre par l’absurde cet Etat qui s’occupe de tout. Jacques Cheminade avec son discours scientifico-dingo fait tache parce qu’il ne cadre pas avec l’esprit «service public » ambiant, mais son niveau d’interventionnisme et de pointillisme surréaliste est comparable à celui des autres candidats.

Je n’ai pas retenu les propositions de Nicolas Sarkozy à part qu’il faut faire le contraire du Financial Times parce que c’est de l’ultra- libéralisme anglo-saxon prônant leur « laissez faire ». Je n’ai jamais lu le Financial Times donc je ne connais pas ses propositions mais je signale à M. Sarkozy que l’expression « laissez faire » est en français dans le texte, que c’est donc un bon produit du terroir bien de chez nous, en l’occurrence un ordre donné par les physiocrates au pouvoir Royal pour qu’il cesse d’intervenir dans l’économie.

Qu'avez-vous pensé de la forme de ce dernier "débat" avant le premier tour de la présidentielle ?

Que justement ce n’est pas un débat. Où alors simplement un débat asymétrique entre les candidats et les journalistes.

Un débat à 5 personnes peut tourner à la confusion, mais de nombreuses formules (par exemple où les candidats, présents en même temps ne se font pas face mais parlent à tour de rôle aux journalistes ou au public) auraient permis un minimum d’échanges.

En même temps, ces échanges auraient sans doute donné lieu à une exaltante compétition « je-déteste-le-libéralisme-plus-que-toi, la preuve…’, donc on ne peut pas dire que ce spectacle m’a particulièrement manqué.

 

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