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©LUCAS BARIOULET / AFP

Grincements de dents

Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants

Dans deux publications distinctes, le syndicat France Police, Policiers en Colère a fait parler de lui. Son secrétaire national a d’abord affirmé, en interview, que s’il y avait des tirs tendus de LBD dans la police, les ordres venaient de plus haut. Ensuite, le syndicat a aussi accusé le ministère de l’Intérieur de minorer les chiffres de la mobilisation.

Adrien Pittore

Adrien Pittore

Adrien Pittore est journaliste, photographe et pigiste. Il a notamment participé au recueil « Les Photos qu’on peut voir qu’au niveau district – Tome 2 » publié le 17 novembre 2017 aux éditions Petit à Petit.

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La charge est plutôt inattendue puisqu’elle vient directement du syndicat de police « France Police, policiers en colère ». Dans plusieurs publications, celui qui se classe comme étant le cinquième syndicat de policiers en France, d’après les toutes récentes élections professionnelles, n’a pas hésité à remettre en cause les ordres reçus par les forces de l’ordre durant les manifestations. Les comptages ont aussi été remis en cause.

« Les tirs tendus de LBD sont ordonnés par l’autorité hiérarchique »

Invité par la chaîne RT France, Eric Roman, secrétaire national du syndicat France Police, Policiers en colère, débattait avec un Gilet Jaune sur la violence qui entoure les manifestations.

Interrogé sur les moyens dont dispose les forces de l’ordre et sur leur usage de la force, le secrétaire national du syndicat confesse que « tout ce qui est tirs tendus (à hauteur de visage par des LBD, accusés d’éborgner les manifestants) est ordonné par les autorité hiérarchiques, par les commissaires et ça remonte jusqu’aux préfets. »

"Mais nous obéissons aux ordres derrière."

Eric Roman, secrétaire national du syndicat France Police, Policiers en colère

Lorsqu’on lui fait remarquer que les tirs tendus sont interdits, Eric Roman explique lorsqu’un policier est bousculé au moment de son tir, « la cartouche ailleurs, et là, effectivement, il y a des blessés, ce que nous déplorons énormément. » Avant de rajouter que jamais les « policiers ne blessent volontairement » ceux qui manifestent.

Le comptage gouvernemental largement remis en cause

Dans une publication datée du 12 janvier, le syndicat France Police – Policiers en colère est aussi revenu sur les chiffres de la mobilisation avancés par le ministère de l’Intérieur. Chiffres qui sont régulièrement remis en question par les Gilets Jaunes.

Ainsi, pour l’acte 9, le gouvernement constatait une mobilisation qui repartait à la hausse avec près de 80 000 personnes mobilisées. De leur côté, les Gilets Jaunes affirmaient que ces chiffres étaient largement biaisés et qu’il fallait dénombrer plus du double de manifestants.

Quant au cinquième syndicat de policiers en France, les chiffres tournaient plutôt autour de 360 000 manifestants sur toute la France, soit trois fois plus que ce qui était annoncé par le cabinet de Christophe Castaner. 

Comment expliquer une telle défiance de la part de ce syndicat de policier ? Pour ce dernier, il s’agit simplement du bon sens aux vues des images de la manifestation. « Le ministère de l’Intérieur annonçait 32.000 manifestants à 14h. Avec 80.000 forces de l’ordre mobilisées, il y aurait donc 3 policiers pour 1 manifestant aujourd’hui dans les rues » explique le communiqué.

Même dans les pires dictatures de la planète, aucun gouvernement ne met 1 manifestant face à 3 policiers.. A quand le même zèle sécuritaire face aux narcotrafiquants et aux djihadistes ?

Communiqué de presse du syndicat France Police, Policiers en Colère

Après la grogne des agents suite aux frugaux repas distribués dans leurs rangs, un sentiment plus général de colère pourrait se développer dans les rangs des forces de l’ordre.

En 2016 déjà, Jean-Paul Delage, du syndicat Alliance, dénonçait les ordres reçus par les forces de l’ordre lors de manifestations où des casseurs étaient présents en train de dégrader du mobilier urbains et des vitrines de magasins. Les agents avaient ordre d’attendre une heure avant d’agir.

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