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Les centrales nucléaires bientôt des musées...?
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Après l'Allemagne

Les centrales nucléaires françaises sont sûres... autant que les avions peuvent l'être

La catastrophe de Fukushima a agi comme un électrochoc pour une opinion publique française traditionnelle confiante dans la sécurité de ses centrales. Comme en matière de sécurité aérienne, si la sécurité ne cesse de progresser, personne n'est en mesure d'exclure l'hypothèse d'un accident...

Jean-Paul Biberian

Jean-Paul Biberian

Jean-Paul Biberian est ingénieur en Physique Nucléaire et Électronique et maître de conférences de Physique à la Faculté des Sciences de Luminy.

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Après plus de 40 années de fonctionnement, les centrales nucléaires françaises ont montré qu’elles étaient sûres. Mais c’était également le cas au Japon, en ex-URSS et aux États-Unis. A l’exception des trois accidents graves qu’ont connu ces pays, le reste de leurs centrales a bien fonctionné. Ceci nous montre que même si nos centrales nucléaires sont sûres, nous ne sommes pas à la merci d’un grave accident que  nous n’avions pas pris en compte dans nos estimations du risque.

Dans le cas d’un accident nucléaire de type Tchernobyl ou Fukushima, il a fallu évacuer une grande zone pour de très nombreuses années. Un quart de siècle après, de nombreuses personnes sont toujours déplacées en Ukraine, et pour longtemps encore. Au Japon, nul ne sait quand les habitants pourront rentrer chez eux, et s’ils le pourront même un jour. Un accident nucléaire n’est pas comparable aux autres accidents industriels. Après l’explosion d’AZF, d’ailleurs non élucidée, il n’y a eu aucun problème à réutiliser immédiatement l’emplacement de cet espace pour une autre activité. Ce n’est pas le cas après un accident nucléaire.

Peut-on rendre les centrales nucléaires françaises plus sûres ? Certainement oui, mais elles ne le seront jamais totalement. Plus le temps passe, et que leur nombre grandit, plus le risque s’accroit,  il ne diminue pas. Dans l’aviation, chaque accident permet d’améliorer la fiabilité des avions. Nous acceptons ce risque car il est limité, il ne concerne que quelques dizaines ou centaines de victimes, cela ne remet pas en cause l’avion, nous n’avons pas d’autre choix pour nous déplacer sur de grandes distances. Dans le cas du nucléaire, il y a des alternatives qui sont ou vont être développées.

Le destin funeste des ballons dirigeables

Dans l'histoire des technologies, ce n'est pas la première fois qu'une technologie se développe et est abandonnée. L'histoire du nucléaire ressemble à celle des dirigeables. Avant le nucléaire, les énergies renouvelables existaient comme les avions avant les dirigeables. Les dirigeables ont disparu, et l'aviation a pris le relais. Le nucléaire va disparaître, et de nouvelles énergies vont prendre sa place.

Les pays n’ayant pas accès au nucléaire ou qui l’abandonnent vont développer de nouvelles ressources énergétiques. C’est le cas de l’Allemagne, mais aussi de l’Italie, de l’Espagne, du Japon et de bien d’autres. Si nous persistons dans le nucléaire, nous allons rater les nouvelles technologies. Au lieu de faire Airbus, nous avons dépensé notre énergie et notre savoir-faire dans le Concorde qui a été un échec commercial, bien qu’un succès technologique. Ne continuons pas le Concorde nucléaire, faisons l’Airbus des nouvelles énergies.

Combien de temps, la France va-t-elle s'obstiner dans une technologie dépassée? La page du nucléaire est déjà tournée, il est temps de s'en rendre compte.

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