Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Economie
Pierre Omidyar, fondateur de eBay.
Pierre Omidyar, fondateur de eBay.
©Reuters

François Hollande à San Francisco

French Tech : qui sont les Français qui réussissent dans la Silicon Valley et ce qu’ils peuvent nous apprendre

A l’occasion de sa visite officielle aux États-Unis, François Hollande rencontre aujourd'hui les entrepreneurs français installés dans la Silicon Valley. Une façon de découvrir la French Tech et ses acteurs.

Juan Hernandez

Juan Hernandez

Actif dans l’Internet et les nouvelles technologies depuis 1994, Juan Hernandez participe à la création des activités Internet du groupe Lagardère (où sera lancée Club-Internet en 1995) avant de créer plusieurs sociétés dans les services informatiques aux TPE, l’édition en ligne et le conseil aux start-up. Il cofonde l’Accélérateur début 2012 avec Michel de Guilhermier et Jonathan Lascar, une structure unique en son genre, spécialisée dans l’accompagnement long terme de start-up avec un modèle économique de fonds d’investissement. Il est diplômé de Telecom Sud Paris.

Voir la bio »

Atlantico : François Hollande se rend aujourd'hui en Californie  à la rencontre des acteurs de la French Tech. 10 000 français sont partis s'installer aux Etats-Unis pour travailler dans la Silicon Valley. Quel est le grand projet porté par la French Tech en Californie ?

Juan Hernandez : Pour rappel, la mission French Tech a pour but de mobiliser toutes les forces vives du secteur français du numérique pour favoriser la croissance et le rayonnement des start-up françaises. De mon point de vue, et il n’engage que moi, le projet porté en Californie est triple : tout d’abord, établir des ponts entre la France et la Silicon Valley (où les ingénieurs français sont très prisés) pour soutenir et faciliter le développement des start-up françaises sur le marché américain, lequel est souvent un passage obligé pour des industries telles que celle du logiciel dès lors qu’on vise un développement mondial. Ensuite, il est pertinent pour Fleur Pellerin et la mission French Tech d’aller dans les grands lieux d’innovation et d’entrepreneuriat, tels que la Silicon Valley, comme elle l’a fait en se rendant en Israël fin 2013. Il y a beaucoup à apprendre au contact des principaux acteurs de l’écosystème, que ce soit en matière de bonnes pratiques, de relations entre acteurs privés et publics, de rôle des maillons intermédiaires que sont les structures de financement ou d’accompagnement. Enfin, il me semble important de passer le message à tous les français sur place, et notamment aux entrepreneurs : « Vous français qui êtes loin de la France, vous êtes la French Tech vous aussi. Et la French Tech a besoin de vous ! »

Quels sont les secteurs dans lesquels on retrouve le plus de Français dans le Silicon Valley ? En quoi ces Français se démarquent-ils ?

On en retrouve beaucoup dans l’industrie logicielle, où les ingénieurs informatiques français jouissent d’une excellente réputation. Mais on les retrouve plus largement dans tous les secteurs industriels de la Valley, que ce soit dans l’électronique, l’aéronautique, le spatial, l’énergie, les "clean techs", notamment parce que l’informatique joue un rôle clé quel que soit ces secteurs de pointe. Outre leurs compétences techniques, les Français y sont appréciés pour leur capacité d’innovation, leur créativité et leur ouverture d’esprit, des qualités humaines qui sont sans doute le fruit d’une formation multidisciplinaire, héritage des Lumières.

Quel est le profil de ces entrepreneurs ? Quels sont les grands exemples de réussite ?

On retrouve beaucoup d’ingénieurs et de scientifiques. Parmi les grandes réussites, plusieurs noms me viennent spontanément à l’esprit : Philippe Kahn (Borland), Pierre Benhamou (il avait créé Bridge Communications, qui sera rachetée par 3Com et dont il deviendra le CEO) , Bernard Liautaud et Denis Payre (Business Object), le franco-iranien Pierre Omidyar (eBay), Jeff Clavier (SoftTech VC), Loïc Le Meur (conférences LeWeb) ou plus récemment Renaud Laplanche (Lending Club) et Jérôme Lecat (Scality).

Quels enseignements doit-on retenir de leur réussite ? Pourrait-on la reproduire en France ?

Cette réussite n'est pas due au hasard. Elle est en grande partie due à l'écosystème même de la Silicon Valley qui a mis du temps à se créer. En effet, la Silicon Valley bénéficie de certains avantages, notamment celui de réunir sur une portion de territoire très réduite à la fois des chercheurs, des entrepreneurs et des investisseurs. Précisons également que cet espace profite de l'engouement qu'ont les Etats-Unis pour les business-angels. A cela s'ajoute le fait que les principaux acteurs de la Silicon Valley figure parmi les pionniers, implantés dans la région depuis plusieurs décennies maintenant à l'instar de la NASA. Il y a donc tout un savoir-faire déjà présent sur place.

N'oublions pas non plus d'évoquer, parmi les facteurs contribuant à cette réussite, la forte émulation qui existe au sein de la Silicon Valley. Cette émulation se manifeste d'ailleurs aussi bien dans le cadre professionnel que dans la vie quotidienne, que se soit au restaurant ou au supermarché. Là encore, on en revient à la géographie de la région, qui favorise la proximité, mais également au climat particulièrement agréable qui pousse les gens à sortir, et donc à se rencontrer et à communiquer.Au regard de tous les éléments évoqués, il serait donc difficile de reproduire un tel écosystème en France, avec le succès qu'est celui de la Silicon Valley. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que cela prendrait beaucoup de temps.

A côté de ces succès, il y a aussi des échecs, mais qui sont bien plus acceptés aux Etats-Unis qu'en France où l'échec est comme une marque indélébile.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !