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Les réformes menées par François Hollande vont-elles détruire la ruralité française ?

Rat des villes et rat des champs

François Hollande assassin de la ruralité

Depuis l'élection de François Hollande, le gouvernement a entrepris trois réformes qui risquent de conduire à la destruction de la France rurale et de ses acteurs politiques.

Les Arvernes

Les Arvernes

Les Arvernes sont un groupe de hauts fonctionnaires, de professeurs, d’essayistes et d’entrepreneurs. Ils ont vocation à intervenir régulièrement, désormais, dans le débat public.

Composé de personnalités préférant rester anonymes, ce groupe se veut l'équivalent de droite aux Gracques qui s'étaient lancés lors de la campagne présidentielle de 2007 en signant un appel à une alliance PS-UDF. Les Arvernes, eux, souhaitent agir contre le déni de réalité dans lequel s'enferment trop souvent les élites françaises.

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Depuis son élection, François Hollande a lancé, non sans arrières pensées, trois réformes qui vont, à terme, détruire la ruralité française et ses composantes politiques.

Ainsi, le gouvernement a inscrit, dans la loi de finances 2013, un gel des dotations aux collectivités, et s'est engagé pour une baisse des dotations à hauteur de 750 millions d’euros pour 2014 et 2015. Certes, l'objectif de baisse des dépenses publiques est impérieux, mais l'Etat doit poursuivre une politique ambitieuse d'aménagement du territoire et d'aide à la ruralité. Il ne peut réduire à la mendicité les municipalités, acteurs sociaux incontournables de notre pays, et notamment les plus petites d’entres-elles.

Le gouvernement a également décidé de réviser la carte préfectorale. Bien évidemment, nombre d'implantations de sous-préfectures doivent être revues. Il conviendra d'en supprimer certaines, notamment celles des zones péri-urbaines. Ce n’est toutefois pas le cas de celles implantées en zone rurale, particulièrement ciblées par la future réforme, sur lesquelles les antennes des différentes administrations ont souvent calqué leurs  déploiements (école, centre hospitalier, centre des impôts, etc.). De plus, supprimer les sous-préfets, c'est ne pas comprendre leur rôle essentiel  auprès des élus locaux. C'est supprimer également cette vigie qui alerte l'Etat central, de l’aménagement du territoire, de la cohésion sociale, territoriale et économique des territoires de notre pays.

Enfin, la dernière réforme, et non la moindre, est celle des élections cantonales. Après avoir détruit la timide réforme territoriale de Nicolas Sarkozy, Manuel Valls, l’actuel ministre de l’Intérieur, a annoncé une nouvelle réforme avec un objectif clairement énoncé devant les préfets, le 14 décembre dernier, « faire disparaître l’élu homme et rural ». Si la féminisation est un objectif louable, la disparition de l’élu rural est bien la pire des idées. Il ne faut jamais être sorti d’Évry pour ne pas connaître l’importance des conseillers généraux en zone rurale. Si le mandat de conseiller général en zone urbaine n’est qu’un complément de salaire pour les élus, il répond, en zone rurale, à une demande véritable des électeurs et à un besoin réel des élus municipaux.

Ces trois réformes, qui ne répondent ni à la nécessité de renflouer les comptes publics, ni au besoin de sauver notre système politique par une réforme d’ampleur, ni surtout à l'attente des citoyens vis-à-vis de leurs élus locaux, sont le symbole de l'ambition électorale de François Hollande.

Car en réalité, tuer la ruralité, pour ce président et sa majorité déjà à bout de souffle, n'est-ce pas le moyen le plus sûr de rééquilibrer des élections locales qui s'annoncent comme un bol d'air pour une droite divisée par une guerre interne et un manque criant de renouvellement de ses cadres ? Diminuer la représentativité politique de ces territoires, n’est-ce pas favoriser les grandes villes, pour l'instant détenues par les amis politiques ? Enfin, marginaliser les ruraux, en y désengageant l’Etat, n'est-ce pas favoriser le Front national, l'éternel "ennemi des ennemis" ?

Il est à parier que, si François Hollande ne rectifie pas rapidement le tir vis-à-vis de la ruralité, qui l'a porté si haut aux dernières élections, il sera un des premiers à chavirer au prochain gros temps.

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