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Firas Alshater, le réfugié syrien qui fascine (et fait rire) l'Allemagne en racontant sa vie dans le pays en vidéo
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Firas Alshater, le réfugié syrien qui fascine (et fait rire) l'Allemagne en racontant sa vie dans le pays en vidéo

Firas Alshater, emprisonné et torturé en Syrie, a publié une amusante séquence sur l'épineux débat qui divise le pays depuis plusieurs mois.

"Je veux savoir : qui sont les Allemands ?" Vaste question sur laquelle s'est penché Firas Alshater. Ce Syrien à grande barbe et couvert de piercings a déclenché une onde d'empathie pour les migrants en Allemagne, simplement en publiant une petite vidéo de 3 minutes. Postée fin janvier, elle compte plus de 300 000 vues et a été reprise par tous les médias allemands et par plusieurs médias internationaux comme le Washington Post.

"Mon nom est Firas Alshater. Je vis à Berlin depuis 2 ans et demi et je viens de Syrie" explique l'homme, dans la langue de Goethe. "En Syrie, je faisais des films, sauf quand j'étais en prison parce que je faisais des films" souligne-t-il, non sans humour. Et de comparer, photos à l'appui sa ville d'antan, Alep, totalement détruite par les bombes et Berlin, forcément préservée des destructions de la guerre contre le terrorisme. "C'est pour ça que je préfère Berlin," s'amuse-t-il avant de se lancer dans le cœur du débat : "je ne voulais pas seulement connaître la langue allemande, mais aussi les gens qui vivaient ici" prévient-il.

Le Syrien s'est donc inspiré d'une vidéo tournée au Canada et rapidement devenue virale en janvier 2015, peu après les attentats contre Charlie Hebdo. Pour montrer que la défiance contre l'islam n'était pas universelle, un musulman s'est bandé les yeux en pleine rue et proposé des "hugs" (câlins) aux passants qui le croisaient. L'expérience a été un succès et a fait beaucoup parler d'elle.

 "J'ai fait la même chose" explique Firas Alshater. "Et j'ai attendu… j'ai attendu…" plaisante-t-il, affichant les longs moments où les passants se contentaient de l'observer, distants. Alors les Allemands ne veulent plus entendre parler des réfugiés ? La fracture est consommée ? Quelques jours auparavant, une vidéo captée dans le métro de Munich avait soulevé un véritable tollé. On y voit des jeunes réfugiés afghans s'en prendre à des usagers. S'il est difficile de clarifier le contexte, la vidéo s'est propagée comme une trainée de poudre et symbolisé les tensions existantes dans le pays.

De son côté, Firas Alshater voit enfin s'approcher une personne, qui préfère faire… un selfie. Mais rapidement, une première personne va jouer le jeu, puis une seconde, une troisième et rapidement les "câlins" se sont multipliés. "J'ai compris que les Allemands avaient besoin d'un peu de temps mais qu'après cela, ils ne pouvaient plus s'arrêter" s'enthousiaste le réalisateur. "C'est pour cela que je pense que l'intégration sera un succès."

Interrogé par le Washington Post, l'auteur s'étonne lui-même du succès inespéré de sa vidéo. "Je n'ai jamais imaginé que cela pouvait arriver. J'ai posté cette vidéo sans raison particulière et jamais je ne m'attendais à devenir célèbre" s'amuse-t-il. "Je pense que les gens ont simplement besoin d'un peu d'humour, en ce moment" raconte-t-il. "Ils ne font qu'entendre des mauvaises nouvelles, ils ont besoin de rire."

 

Depuis le début de la crise des migrants, la chancelière Merkel est critiquée pour sa politique d'ouverture envers les réfugiés. Mais début février, la politique allemande a tourné. Désormais, les autorités cherchent à rendre le pays moins attractif, à travers un projet de loi du gouvernement : les pays du Maghreb ont été classés comme "sûrs" ce qui annihile toute chance d'obtenir des papiers tandis que les procédures vont s'accélérer pour les demandeurs d'asile, avec l'objectif de reconduire à la frontière rapidement ceux qui ne répondent pas à tous les critères. Pour les pro-migrants, la vidéo de Firas Alshater est une bien piètre consolation.

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