Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Société
©EITAN ABRAMOVICH / AFP

Social Justice Warriors

Etes-vous contaminé par l’épidémie de “woke” (ça n’est pas parce que vous ne savez pas ce que c’est que vous n’êtes pas concerné) ?

Le terme "woke" est le fait d'être "très prétentieux sur le fait que vous vous préoccupez d'un problème social". Ce phénomène né aux Etats-Unis gagne la France.

Samuel Veissière

Samuel Veissière

Samuel Veissière est anthropologue et professeur de psychiatrie à l’université McGill à Montréal. Spécialiste en évolution de la cognition et de la culture, il étudie les modulations automatiques et influences sociales sur le comportement humain — de l’hypnose à l’effet placebo en passant par les smartphones, la méditation, et la psychologie des foules.  Dans ses travaux le plus récents, il s’est penché sur la montée de l’anxiété, de la fragilité, et de la polarisation chez les nouvelles générations. 

Voir la bio »Anne-Sophie Chazaud

Anne-Sophie Chazaud

Anne-Sophie Chazaud est essayiste et chroniqueuse. Auteur de Liberté d'inexpression, des formes contemporaines de la censure, aux éditions de l'Artilleur, parution le 23 septembre 2020. 

Voir la bio »

Atlantico : L'Urban Dictionary définit le terme "woke" comme le fait d'être "très prétentieux sur le fait que vous vous préoccupez d'un problème social'. En quoi est-ce que ce terme américain décrit aussi un phénomène existant en France, par le biais des social justice warriors ?

Anne-Sophie Chazaud : Les soubresauts et mutations à l’œuvre dans les sociétés contemporaines s’éprouvent à l’heure du numérique et des réseaux sociaux. Ces derniers contribuent à une forme inévitable de mondialisation des modalités d’action et d’engagement, en particulier après des jeunes générations. Dès lors que les principales industries du numérique sont américaines, il semble logique que les comportements et postures valorisés au sein de ce modèle culturel se diffusent largement, à la fois par mimétisme et par conformisme –ce qui n’est pas le moindre des paradoxes dès lors qu’il s’agit de s’afficher comme rebelle-, pour le meilleur mais souvent pour le pire.

Cette perméabilité des attitudes prenait auparavant une dizaine, quinzaine d’années voire une génération pour se développer de ce côté-ci de l’Atlantique. Elle est désormais quasi instantanée, comme l’a par exemple démontré la déflagration de l’affaire Weinstein immédiatement suivie de la vague #MeToo.

Les industries culturelles américaines comme par exemple l’industrie des séries télé jouent également un rôle majeur dans la diffusion d’un certain nombre de clichés qui sont alors diffusés comme des évidences au regard des sujets qui obsèdent la société nord-américaine (questions raciales, questions liées au genre, obsession des problématiques liées à la discrimination, préoccupations environnementales etc.).

Cela aboutit à une situation plutôt cocasse dans laquelle les activistes militants français et européens (songeons par exemple à la figure fort agitée d’une Rokhaya Diallo, toujours prompte à soulever d’improbables polémiques sur le créneau qui est le sien), se croyant émancipés, autoproclamés progressistes et pourfendeurs d’un capitalisme européen néo-colonisateur, patriarcal et intrinsèquement raciste, n’en sont que les marionnettes, les derniers avatars.

En l’occurrence, ces militants contribuent à importer en France des problématiques qui ne la concernaient pas ou pas autant qu’ils le prétendent : la question du racisme par exemple, si elle doit toujours être traitée et considérée avec sérieux et gravité, ne saurait s’aligner sur les paradigmes et schémas qui président à son traitement américain, lequel est issu d’une civilisation qui a pratiqué jusque tard la ségrégation.

L’importation de ces « concepts » souvent hystériques représente un appauvrissement culturel, une soumission à des schémas de pensée dominants qui sont ceux de l’économie culturelle dominante : comme émancipation, on pourrait faire mieux !

Par ailleurs, ce modèle anglo-saxon, à la fois des Social Justice Warriors et de sa déclinaison trendy du Woke est l’émanation d’une société dans laquelle tout est judiciarisé. Il convient donc d’être en « éveil », ce qui dans le fond correspond aussi à la notion de « veille » liée aux Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication sur lesquelles règnent les GAFA, afin de pouvoir toujours porter le fer, sur le modèle d’une potentielle action judiciaire permanente.

Cette sorte d’inconscient judiciaire ne paraît pas très enviable. Il correspond cependant à une dérive de la société dans laquelle sera par exemple combattue en justice par ces activistes toute forme d’expression jugée déviante et non politiquement correcte : la liberté d’expression en est la première victime.

Samuel Veissière : Le terme de "woke" est tout d’abord utilisé de manière non ironique par les militants de la nouvelle gauche qui revendiquent être « éveillés » aux mécanismes de pouvoir des institutions culturelles qu’ils perçoivent comme « coloniales », surtout autour de ce qui touche aux genres et au statut des minorités ethniques et sexuelles. 

Ceux qui se revendiquent comme « Woke » éprouvent une certaine fierté morale à percevoir de la violence partout (patriarcat, sexisme, heterosexisme,  grossophobie, transphobie, etc.). Le terme a maintenant acquis une connotation plus cynique pour dénoter un puritanisme hystérique dans la montée du politiquement correct.  

La culture des social justice Warriors a ses origines dans les départements de sciences humaines américains ou le postmodernisme est dominant depuis près de vingt ans. La première connexion « française » avec ce phénomène est tout aussi ironique que perverse. Le postmodernisme a l’origine du mouvement Woke, surtout associé aux travaux de Foucault, Deleuze, et Derrida est dénommé « French theory » en Amérique. Dans ses revendications actuelles, ce courant philosophique qui questionne les dimensions hégémoniques des idées reçues est fortement teinté d’un puritanisme calviniste Anglo saxon qui cherche à protéger la « pureté » et voit des victimes et des méchants partout. La « French theory » a l’américaine voit aujourd’hui un retour de plus en plus fort en France - par exemple dans le mouvement #balancetonporc, dans les politiques anti -existes d'Emmanuel Macron, et dans les milieux universitaires. 

Il y a encore quelques années, l'anticonformisme américain était incarné par le fait d'être cool, mais aujourd'hui, c'est le fait d'être woke qui est de plus en plus valorisé dans la culture américaine, comme l'a montré par exemple David Brooks dans le New York Times. Comment décrire ce qui a changé par rapport à une valorisation du cool dans la culture politique américaine et dans notre culture politique ?

Anne-Sophie Chazaud : La succession de phases de pression/dépression est une donnée constante de l’action humaine, à titre individuel et collectif, comme d’ailleurs au plan économique. Les spécialistes des drogues savent par exemple que les époques se succèdent où une société optera majoritairement pour des drogues qui auront tendance à viser le fait de « planer » (recherche du cool) ou au contraire recherchant un état de surexcitation hyperactive (woke).

L’attitude valorisée actuellement est celle d’un éveil vindicatif qui n’est du reste pas sans poser des questions en termes d’équilibre psychique : notons en effet qu’être toujours en éveil finit par ressembler à une forme d’état psychotique proche de la paranoïa. Un peu de repos ne devrait pas faire de mal, notamment pour prendre le temps de la réflexion, de la mise en perspective, de la distanciation dialectique. C’est d’ailleurs l’un des points que souligne David Brooks dans l’article que vous mentionnez : l’état de veille activiste constant, s’il peut a priori traduire le fait de se sentir positivement concerné par la société et les problèmes qui la traversent, ne permet pas véritablement l’action ni la recherche de subtilité requise pour créer des solutions. On se risquerait volontiers à dire qu’entre le Woke et le Walking Dead, il n’y a parfois qu’un tout petit pas.

Il convient de noter que cet état de fébrilité combative, de stupeurs et tremblements toujours en déambulation, correspond mécaniquement à ce que produisent les réseaux sociaux dans leur forme spécifique et à quoi aucun d’entre nous n’échappe tant il est inutile de remonter jusqu’à Heidegger pour savoir que l’Etre et la Technique ont partie intrinsèquement liée. En l’occurrence, l’indignation est un des modes d’être valorisés et promus par la post-modernité technologique, quand bien même il s’agirait de s’indigner de toute cette indignation : même la critique du Système fait partie du Système.

C’est la raison pour laquelle il est vain de n’être que dans la critique de ce phénomène. Etre concerné par l’état de la société, par les questions d’injustice, de discrimination, être sensible à la souffrance, à l’avenir de la planète ne sont pas des causes risibles en soi. Ce qui pose problème est l’hystérisation engendrée par cette attitude d’indignation permanente qui donne souvent le sentiment que ses acteurs sont à la recherche frénétique de nouveaux sujets de combat : c’est la lutte en elle-même qui devient l’enjeu, au détriment du réel auquel elle prétend s’appliquer. Le cas de l’engouement fanatique, de l’ordre de l’adoration religieuse, autour du personnage de Greta Thunberg, en est une bonne illustration : peu importe si la demoiselle possède de vraies solutions, de vraies réponses, peu importe qu’elle n’ait pas eu un mot non plus que le moindre début d’idée lors de son passage à Paris au sujet du CETA pourtant très controversé au plan écologique ; ce qui seul compte est la démarche en elle-même, l’indignation sans cesse mise en scène. Peu importe la science, peu importent les acteurs de terrain.

Samuel Veissière : Vous faites là une très bonne observation. La culture américaine a toujours valorisé un certain iconoclasme anticonformiste et individualiste. Les mouvements de droits civils des années 50, comme les premières vagues de droits de femmes, se battaient effectivement contre des injustices au niveau des droits de certains individus (femmes, noir, homosexuels, etc) qui furent heureusement rectifiées. 

Au premier abord, il semble étrange que les nouvelles générations soient si obsédées par des injustices autour du genre, sexualité, et des différences culturelles alors qu’il existe de nombreuses politiques publiques pour garantir l’équité et la parité. En observant le phénomène de plus près, on se rends compte que les demandes du mouvement Woke (les revendications identitaires des minorités doivent être accommodées par tout le monde) sont en fait très individualistes, et prônent un culte très prononcée du Moi. La culture du Cool et la culture du Woke sont toutes deux individualistes et allergiques au contrat social. 

Le fil conducteur entre ces deux culture est donc indéniablement l'individualisme. La culture du cool est très individualiste et celle du woke également. En effet, elle revendique à tout prix les droits sacrés des individus et des minorités dans un éventails de plus en plus complexe où chacun maitenant a des revedications sur son identité.

Cependant, il est vrai que la culture du cool était bien plus relaxe, plus anticonformsite par rapport aux valeurs traditionnelles. A l'inverse, avec la culture du woke on observe un retour au puritanisme. Un puritanisme qui n'est pas explicite puisque les individus appartenant à cette culture ont l'impression d'être révolutionnaires, d'être anti-établissement mais en réalité leurs idées sont assez puritaines surtout dans leur rapport à la sexualité et à la fragilité. C'est en somme un phénomène qui est assez subtil et complexe.

Ce qu'on appelle les Social Justice Warriors, c'est à dire les figures de proue de cette nouvelle attitude, sont-ils de vrais rebelles ? 

Samuel Veissière : Je ne pense pas que l'on puisse les qualifier de "rebelles". Être Woke dans les milieus universitaires et éduqués est maintenant devenu moralement et politiquement obligatoire. 

Le mouvement devient aussi de plus en plus normatif en entreprises, dans les médias, dans les politiques publiques, et à l’école, en ce qu'il colle tout à fait à la culture du consommateur roi. 

La sacralisation de la victime permet maintenant à peu près tout le monde (à part aux « mâles blancs cisgenres hétérosexuels ») de porter plainte pour injustice et atteinte à leur individualité, ce qui pousse les organisations à instaurer des politiques de surveillance pour fliquer le langage et les mouvements de tout le monde. Je dirais plutôt que les SJWs sont les agents d’un projet totalitaire qui prend des ampleurs de plus en plus orwelliennes.

Anne-Sophie Chazaud : L’attitude Woke relève de la posture : il s’agit, à l’heure de l’affichage sur les réseaux sociaux, à l’heure des selfies et du tout-narcissique, d’être vu en train de s’activer contre les injustices. Ce mouvement joue beaucoup du reste sur la honte que pourrait susciter le fait de ne pas adhérer à telle ou telle cause réputée juste. Là encore, la question des nouvelles technologies joue son rôle puisque celui qui n’adoptera pas la bonne posture sera soumis au lynchage médiatique.

De ce point de vue, il y a quelque chose de l’ordre de la pacotille dans ces combats, en raison même de leur forme. Les Megane Rapinoe, Greta Thunberg, Carola Rackette, pour ne citer que ces trois exemples d’égéries post-modernes d’un sociétalisme victimaire tous azimuts, ne prennent en réalité que peu de risques. Lorsque la footballeuse Rapinoe défie Trump, on se demande bien quels risques elle prend réellement dans un monde médiatique très majoritairement hostile au président républicain : on aurait a contrario aimé l’entendre pourfendre le traitement réservé aux femmes ou aux homosexuels dans le pays sponsor de la Coupe du Monde à laquelle elle a participé, en l’occurrence le Qatar. Mais sans doute était-ce là un engagement trop risqué... Lorsque Rackette contribue au trafic de main d’œuvre à bas coût sans se soucier de savoir si elle alimente ce faisant la traite d’êtres humains par des trafiquants sans scrupules, recueillant toutefois ainsi la bénédiction de toutes les belles âmes européennes, on doute qu’elle se demande si son action ne nuit pas fondamentalement à la dignité des personnes qu’elle croit défendre.

Ce système d’action, basé sur la posture et la visibilité, repose avant tout sur un hyper-moralisme qui confine à l’obsession. Ce nouveau catéchisme ressemble à tout sauf à une véritable transgression rebelle, d’autant qu’il ne fait en général que véhiculer en mode « jeune » les pré-requis du modèle néo-libéral-libertaire sur lequel repose le système actuellement dominant (économiquement et culturellement). Il est d’ailleurs important de souligner que ces postures de combat parfois outrées jusqu’au burlesque dans la grande Nef des Fous à laquelle s’apparente désormais l’intersectionnalité des luttes, se préoccupent de causes qui ont remplacé la défense des travailleurs et des classes sociales défavorisées (l’ancien prolétariat et salariat) par la pseudo-défense de minorités dont on prétend ad nauseam qu’elles sont opprimées. Le sociétal a remplacé le social, ce qui s’accommode parfaitement du système économique dominant et qui en a même besoin pour prospérer, chacune de ces minorités fournissant autant de marchés potentiels.

Telle est d’ailleurs l’une des critiques désormais adressées au Woke dans le domaine économique des entreprises, ces dernières étant soupçonnées de se servir de ces causes dans le seul but de développer leurs parts de marché. Le cas de Gilette se mettant à pourfendre la « masculinité toxique » représente par exemple cette tendance. L’attitude Woke devient, en soi, une marque, un produit vendeur, un argument de vente publicitaire, étant elle-même le produit d’un système. La boucle est bouclée.

Au-delà de l'anecdote linguistique, qu'est ce que le terme dit du changement d'attitude politique des jeunes générations ? L'engagement qu'elles affirment est-il un réel engagement ?

Anne-Sophie Chazaud : Si l’on peut se féliciter de ce que les jeunes générations se sentent concernées et s’impliquent dans la vie collective, ce qui est en tous points infiniment plus intéressant que ne le furent les postures molles de la « bof génération » ou les langueurs gâtées des post-baby boomers surtout préoccupés de leur nombril, la question se pose de ce que l’on définit comme étant « politique ».

De ce point de vue, et en dépit de la perméabilité des attitudes entre l’Amérique du Nord et l’Europe, des disparités dans les types d’engagement et dans la vision des questions sociales sont à observer. En effet, si aux Etats-Unis, l’attitude Woke aboutit de manière mécanique à un engagement quasi-réflexe anti-Trump, pro-migrants etc, la jeunesse européenne fournit quant à elle d’importants bataillons sur le versant « populiste » du paysage politique. Il est intéressant, de ce point de vue, d’observer la disparité des convictions et engagements des jeunes selon les disparités sociales et territoriales qui ont pu être analysées lors du mouvement des Gilets Jaunes : la jeunesse des grandes métropoles européennes, des villes/monde, n’a certainement pas la même représentation de ces postures militantes que celle de la France dite « périphérique » ou de certains pays européens particulièrement attachés à la préservation de leur identité nationale. L’effondrement des partis traditionnels aux dernières élections françaises (présidentielle, législatives puis européennes) mais aussi la jeunesse relative de l’électorat à la fois écologiste et patriote semblent indiquer qu’il n’y a pas de règle unique dans la traduction politique du phénomène ici décrit.

Samuel Veissière : Les SJWs sont pour la plupart des idéologues sincères. Mais au delà de leur participation accidentelle dans une culture totalitaire, ils œuvrent surtout pour maîtriser leur réputation dans un jeu de compétition morale aux proportions maniaques à l’ère des médias sociaux. 

Il y a donc l'illusion d'un engagement politique et d'une prise de conscience plus forte. Nénamoins, dans les faits, l'engagement politique et la prise conscience étant devenus normatifs, tellement moralement obligatoires, tellement à la mode qu'ils sont presque devenus un automatisme dans les milieux éduqués, bien-pensants et universitaires. Devenir woke y coule de source ! 

Ainsi, il n'y a guère de prise de conscience indviduelle. C'est véritablement un mouvement de masse qui est devenu quasiment hystérique. Ce qui est dommage puisqu'à la base l'intention était bonne -la promotion des droits humains de manière plus nuancée- mais s'est par la suite défromée. En outre, il est de plus en plus diffcile de critiquer cette mouvance pusiqu'à l'ère des réseaux sociaux on est immédiatement "cancelled" (annulé). 

Les "woke" et les "social justice warriors" luttent globalement contre des réalités fondatrices de la culture occidentale : paternalisme, Etat-nation, capitalisme, etc. N'ignorent-ils pas ses avantages ?

Samuel Veissière : Le philosophe Allan Bloom notait déjà il a trente ans que les jeunes universitaires américains ne s’intéressaient plus à la riche histoire de leur civilisation, et qu’ils n’étaient pas non plus intéressés par les splendeurs des autres cultures, au delà d’une célébration simpliste de leur victimisation par la colonisation occidentale. 

Ce même procèdé moralisateur et dénué de contenu est maintenant devenu dominant à un niveau tout à fait caricatural. Les immenses avancées scientifiques, médicales, littéraires, artistiques, morales et philosophique de la civilisation occidentales sont maintenant exclusivement décrites comme « sexistes », «violentes », « coloniales », etc. La science elle-même est souvent dénoncée comme une entreprise exclusivement coloniale, ne reflétant que les « biais culturels » de mâles blancs colonialistes (par example, quand on se borne à croire qu’il n’existe aucunes différences biologiques entre les sexes). Cette négation  catégorique des avantages de la civilisation occidentale est criticable en ce qu'elle est néfaste pour les nombreuses populations blanches, prolétaires, rurales, masculines, et non éduquées qui se retrouvent blâmées de tous les malheurs du monde sans avoir le droit à la fierté culturelle que l’on adule pourtant pour tous les peuples dits « minoritaires ». 

C’est ainsi que la montée de l’extrémisme identitaire d’extrême droite est co-construite avec l’extrémisme Woke des élites culturelles. Nos sociétés ont effectivement besoin de se réveiller, et c’est vers l’intégrisme du bien pensant politiquement correct que nous devons identifier des « violences cachées ». 

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !