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Le "child exchange" permet aux parents américains lassés de l'enfant qu'ils ont adopté de les donner à une autre famille, en toute illégalité.

eBébé

Etats-Unis : l'enquête qui révèle que des parents échangent sur Internet les enfants adoptés dont ils ne veulent plus

Megan Twohey, journaliste d'investigation de Reuters a démontré l'existence d'un marché noir sur les sites de Yahoo! et Facebook pour les enfants adoptés.

"Nous avons adopté une Chinoise de 8 ans. Malheureusement, après cinq jours passés à la maison, le courant ne passe pas. Ça intéresse quelqu’un ?" Choquant. Et réel. Des annonces de ce type, Reuters en a découvert plus de 5 000 sur le Web. Pendant 18 mois, la journaliste d'investigation Megan Twohey a enquêté sur un trafic incroyable : le "child exchange", l'échange d'enfants. Dans un reportage interactif en cinq parties publié du 9 au 11 septembre, elle révèle l'existence de groupes Facebook et Yahoo! permettant aux parents américains de "donner à d'autres familles" les enfants qu'ils ont adoptés.

Egalement appelée "private re-homing" (changement de foyer privé), cette pratique est, bien sûr, parfaitement illégale. Et le "don" peut parfois tourner au véritable cauchemar pour l'enfant. C'est ce qu'a vécu Quita, jeune Libérienne de 16 ans. Bien décidé à s'en "débarrasser", le couple Puchalla, qui a adopté l'adolescente, l'a confiée au Eason. Des parents peu recommandables, qui ont perdu la garde de leurs enfants biologiques à cause de problèmes psychiatriques et de tendances violentes. Quelques années plus tôt, ils avaient été accusés d'abus sexuel sur des enfants qu'ils baby-sittaient. Dès sa première nuit, Quita a dû dormir nue avec le couple.

Megan Twohey explique que le "child exchange" permet aux familles d'adopter un enfant par simple procuration, sans avoir à affronter le parcours du combattant administratif habituel (à l’origine cette procédure a été mise en place pour des régulariser des situations temporaires). De plus, une procédure d'adoption classique coûte cher : plusieurs dizaines de milliers d'euros. Par ailleurs, ces parents échappent aussi aux contrôles sévères des services sociaux.

En tout, la journaliste affirme avoir découvert quelque 261 enfants "donnés" ces cinq dernières années. La plupart sont âgés de 6 à 14 ans - le plus jeune d'entre eux avait à peine 10 mois - et originaires de Chine, de Russie, d'Ukraine, d'Ethiopie...

Informé de l'existence de ce trafic sur son site, Yahoo! a fermé tous les groupes repérés par Reuters. Facebook, en revanche, a refusé d'en faire autant. Un porte-parole du réseau social a ainsi justifié cette décision : "Internet est un reflet de la société, que les gens utilisent pour toutes sortes de communications et régler toutes sortes de problèmes, y compris les plus compliqués comme c’est le cas ici." S'il est toujours actif, le groupe "Way stations of love" est désormais privé.

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