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Bonnes feuilles

Et seule la Tour Eiffel devînt digne de Neymar : le jour où le Brésilien commença à être l'attraction principale de toute un pays

Qui se cache derrière l’homme qui valait 222 M€ ? Le joueur le plus cher de la planète, Neymar Junior, 25 ans, est devenu une star planétaire. Il se déplace en jet-privé et fréquente le gratin. Mais le numéro 10 du PSG a longtemps connu une autre réalité, celle qui colle aux semelles de millions de Brésiliens. Extrait de "Neymar, le prince du Brésil" d'Eric Frosio, aux éditions Solar (2/2).

Éric Frosio

Éric Frosio

Éric Frosio, correspondant de L’Équipe et de RTL au Brésil, vit à Rio. Il a suivi les tout premiers pas de Neymar dans le football bien avant que le Brésilien ne devienne une star.

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Zinédine Zidane avait eu droit à l’Arc de triomphe après son doublé en finale de la Coupe du monde 1998. Pour l’arrivée de Neymar au Paris Saint-Germain, c’est la tour Eiffel, parée de rouge et de bleu, qui a souhaité la bienvenue au Brésilien. Après avoir dépensé 222 M€ d’indemnité de transfert, le président Nasser al-Khelaïfi pouvait bien offrir le plus prestigieux des monuments parisiens à sa nouvelle tête de gondole… Avant d’être « ébloui » par cet hommage, le trente-septième Brésilien de l’histoire du club a d’abord été présenté aux médias du monde entier puis aux fans du club parisien. Il est 13 h 37, vendredi 4 août, quand l’auditorium du Parc des Princes voit enfin débarquer ce « nouveau Messi » que le président du PSG promettait depuis longtemps. Face à plus de trois cents journalistes, Neymar, impeccable dans son costume noir, s’installe aux côtés de Nasser al-Khelaïfi. Il adresse un clin d’œil complice à sa famille et un petit signe à Maxwell, coordinateur sportif, Jean-Claude Blanc, directeur général, et Antero Henrique, directeur sportif, tous installés au premier rang. Pini Zahavi n’est pas très loin. Après les échecs de 2010 (avec Chelsea) et 2016 (avec Manchester United), l’ancien journaliste devenu agent a enfin réussi son coup. L’Israélien de 74 ans, qui aurait touché 12 M€ de commission, observe le cirque médiatique se mettre en branle, l’air satisfait. Après quelques applaudissements pour saluer l’arrivée de la recrue la plus chère de l’histoire, une salve de questions, dans toutes les langues, lui est soumise. Calmement, Neymar évoque sa volonté de devenir le numéro 1, son départ du Barça qui a été « la décision la plus difficile de [sa] vie », l’argent « qui n’a jamais été une source de motivation », avant de conclure par ses objectifs, aussi démesurés que ceux de ses nouveaux patrons : « Je veux faire l’histoire du PSG. L’écrire. Notre plus grand défi, maintenant, c’est la Ligue des champions. Mais on veut gagner tous les titres possibles et ne rien laisser de côté. » Quarante minutes plus tard, la star enlace sa mère, puis son père, avant de quitter l’auditorium pour rejoindre la pelouse du Parc des Princes. Il en hume l’atmosphère avant de se livrer à son premier shooting photo avec le maillot qui sera bientôt floqué du numéro 10, « légué » par Javier Pastore.

La suite sera beaucoup plus bruyante. En sortant du stade pour saluer la foule présente déjà depuis quelques heures, Neymar se retrouve face à trois cents membres du collectif Ultras Paris, déchaînés, qui craquent des fumigènes et qui chantent à la gloire de leur nouvelle coqueluche. Certains ont déjà le maillot jaune Brésil sur le dos. À la boutique des Champs-Élysées, il s’en vendra 10 000 en seulement quelques heures. La folie Neymar peut débuter ! Elle se prolongera le lendemain, dans le cadre du match PSG-Amiens. Pas encore qualifié, le Brésilien se contentera d’un tour d’honneur sous les yeux des fans qui l’acclament de plus belle quand il lance un « Ici, c’est Paris », en français dans le texte. C’est donc depuis les tribunes qu’il assiste au premier match de Ligue 1 de la saison. Encore un peu timides, les hommes d’Unai Emery se contentent d’une petite victoire (2‑0), grâce à des buts de Cavani et Javier Pastore. C’est huit jours plus tard que le numéro 10 réalise ses débuts, à Guingamp, au cœur de la Bretagne. L’événement devient planétaire et le Roudourou « the place to be ». Le match, diffusé dans 183 pays, est évidemment visible au Brésil, qui interrompt la diffusion d’un match de championnat pour ne pas rater les débuts de Ney. Dans un match où il se sait scruté par tous, « le joueur le plus cher de l’histoire » est plutôt relax. Déjà en jambes, il enchaîne les beaux gestes : petit pont, déviations en une touche de balle, raids solitaires, passes lasers… La recrue fait le show, sans trop en rajouter. À force de mettre le feu dans le camp guingampais, il voit Ikoko marquer contre son camp (52e ). Il adresse ensuite une passe décisive magnifique à Cavani (62e ) avant de clore lui-même la marque (0‑3, 82e ). « Il est capable de tout faire ! C’est un privilège de jouer avec Neymar », se félicite alors Thiago Motta.

Extrait de "Neymar, le prince du Brésil" d'Eric Frosio, aux éditions Solar 

"Neymar, le prince du Brésil" d'Eric Frosio

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