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Et le shérif Trump jeta son étoile…
©Reuters

Western contemporain

Et le shérif Trump jeta son étoile…

Le nouveau président des États-Unis ne fait rien comme les autres. Et l'Europe, hébétée, le regarde malheureuse.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Mais il est fou, ce Trump ? Il a nommé David Friedman, un pro-israélien farouche, au poste d'ambassadeur en Israël. Et le diplomate, à peine désigné, s'est empressé d'annoncer qu'il déménagera son ambassade à Jérusalem, reconnaissant la ville comme "capitale éternelle" de l'État hébreu. Il est fou, vraiment fou ! Les Etats arabes vont hurler. L'Autorité palestinienne va grincer des dents. Et l'Europe va geindre.

Mais il est fou ce Trump ? Il a osé – aucun de ses prédécesseurs ne l'avait fait – décrocher son téléphone pour appeler la présidente de Taïwan, l'autre Chine. Cette Chine que les diplomates occidentaux ne veulent pas voir de crainte de fâcher Pékin. La Chine, la grande, a couiné. La Chine est un grand pays. Les États-Unis aussi, vient de lui rappeler Trump.

Il est fou, ce Trump ? Il a nommé à la tête du département d'État un pétrolier proche de Poutine. Son élection a été applaudie avec enthousiasme par la Douma russe. Un président américain ami de la Russie, c'est vraiment incongru ! L'Europe inquiète regarde l'olibrius. Elle n'aime pas Poutine. Mais elle fait quoi contre Poutine ?

Toutes ces initiatives, a priori dérangeantes, du président américain signent la naissance d'une nouvelle puissance : l'Amérique. L'Amérique seule, fière, isolationniste, arrogante peut-être. America first… America is back… Et on s'aperçoit que l'apocalypse annoncée n'a pas eu lieu. Les Chinois ont-ils vendus leurs dizaines de milliards de bons du Trésor américain pour mettre le dollar à genoux ? Les Arabes ont-ils retiré les avoirs, colossaux, qu'ils ont placés dans les banques américaines ?

Non, c'est Clint Eastwood, toujours prêt à tirer, qui a raison. Et nous, c’est-à-dire l'Union européenne ? Eh bien, nous on compte pour du beurre. C'est ce que nous fait savoir Donald Trump. Un homme qui défie le géant chinois, qui se fout éperdument des réactions arabes, qui s'offre le luxe insolent de faire des mamours à la Russie n'en a rien à faire de l'Europe, de ses atermoiements, de ses faiblesses, de ses lâchetés.

Pendant longtemps (et aujourd'hui encore d'une certaine façon), nous avons vécu sous parapluie américain. C'est l'Amérique, et elle seule, qui nous protégeait du bloc soviétique pendant que nos dirigeants allaient faire des génuflexions à Moscou, Varsovie, Bucarest et Prague. Bien à l'abri, nous n'avons rien fait pour construire une Europe forte, digne et consciente de son identité. Comble de la déchéance, nous en sommes réduits à payer les Turcs pour qu'ils prennent les migrants dont nous ne voulons pas.

Ainsi Rome paya les Barbares avant de périr sous leurs coups. Si on veut comprendre le comportement de Trump et sa vision de l'Europe, il faut voir, ou revoir Le train sifflera trois fois. Le shérif, Gary Cooper, affronte une bande de hors-la-loi. Il demande l'aide des habitants de la ville. Tous se défilent. Ils ont peur. Finalement, le shérif parviendra à les neutraliser. La ville enthousiaste accourt alors pour l'acclamer. Gary Cooper d'un geste méprisant détache son étoile, la jette par terre. Et il s'en va. 

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