Et en-dehors des films d’action... que se passe-t-il vraiment lorsque vous vous faites tirer dessus ? | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Science
Et en-dehors des films d’action... que se passe-t-il vraiment lorsque vous vous faites tirer dessus ?
©capture écran YouTube

Pan, dans les dents

Et en-dehors des films d’action... que se passe-t-il vraiment lorsque vous vous faites tirer dessus ?

La réalité de la guerre est différente de celle des écrans.

Se prendre une balle de pistolet ou de fusil d'assaut n'est pas quelque chose de souhaitable. Cependant, dans le cas malheureux où vous vous retrouveriez touché, il est bon de savoir comment réagir pour éviter de passer l'arme à gauche.

Et les films de guerre ne constituent en aucun cas une base de données suffisante. C'est ce que nous apprend Connor Narciso, vétéran des forces spéciales américaines, dans un article sur le site Wired. En tant qu'ancien militaire ayant combattu en Afghanistan et mari d'une urgentiste à l'hôpital Johns-Hopkins à Baltimore (Maryland), Narciso a acquis de solides connaissances en ce qui concerne les blessures par balles et comment éviter le pire.

Clichés

Tout d'abord, il met un terme aux idées reçues : une simple balle dans la jambe peut mener à la mort, plusieurs balles dans le thorax peuvent dans certains cas épargner la vie de la victime et se tirer une balle dans la tête n'est pas gage de sûreté. Pour cause, ce n'est pas tant l'impact de la balle qui est fatal, mais la perte de sang qu'elle entraîne. En zone de guerre américaine, 90% des morts qui auraient pu être évitées avec une intervention médicale étaient dues à une perte de sang trop importante.

Comme le raconte Narciso, l'un de ses frères d'armes, malgré son physique de colosse, a bien failli perdre la vie lorsqu'une balle lui a perforé la cuisse et réduit le fémur en bouillie. Sur son chemin, le bout de métal lui a également éclaté l'artère fémorale, qui peut faire jusqu'à un centimètre de diamètre. Autant dire qu'avec le stress et l'effort physique, il s'écoule beaucoup de sang lorsque l'artère est sectionnée. Narciso raconte d'ailleurs que si le blessé s'en est finalement tiré, sa jambe a dû être amputée au-dessus du genou en raison du manque d'afflux sanguin. Heureusement, le corps humain a la faculté, dans une certaine mesure, de détourner le sang des membres atteints pour le rediriger vers les organes vitaux.

Facteur chance

D'autres ont bien plus de chance, comme cet homme qui a survécu après s'être pris dix balles dans tout le corps, y compris dans la mâchoire et l'abdomen, ou ce Libanais qui a survécu après avoir reçu six balles dans le thorax, que Narciso cite. Pour peu que les projectiles se logent entre deux côtes sans heurter d'organes vitaux ou d'artères importantes, la victime a des chances de s'en sortir. Enfin, comme l'explique Slate, une balle dans la tête n'est pas forcément synonyme de mort, comme en témoigne cet homme qui avait tenté par trois fois, sans succès, de se suicider en se faisant sauter la cervelle.  

Autant dire que les héros des films de guerre que l'on voit galoper sur le champ de bataille avec les membres en sang se fichent bien de nous. Dans les chances de survie à une blessure par balle, le facteur chance y est pour beaucoup. Ainsi, l'idée selon laquelle les forces de l'ordre tentent de viser les jambes pour ne pas tuer la personne qu'ils poursuivent, ne relève que de la pure légende. Comme l'explique Narciso, il n'existe à sa connaissance aucun policier ou soldat qui s'entraîne à ne viser que les zones les moins vitales. Mis à part les organes vitaux, c'est l'afflux sanguin qui déterminera les chances de survie de la victime. Et les jambes ne sont clairement pas la partie du corps la moins irriguée.

Bons réflexes

Autre cliché que l'on rencontre souvent à l'écran : après avoir sauté dans l'eau pour échapper à ses assaillants, le héros doit nager tout en évitant les rafales de kalachnikov qui fendent l'eau à une vitesse à peine réduite. Cela est faux, encore une fois. Comme le démontre bien l'équipe de Mythbuster dans cette vidéo, même une balle de sniper tirée presque à bout portant ne saurait toucher une cible immergée à 35 centimètres sous la surface de l'eau. Pour cause, l'eau étant un liquide incompressible, la balle ne ferait que de grosses éclaboussures et se désintégrerait en quelques dixièmes de seconde. Pareillement, à en croire cette vidéo du National Geographic Channel, si l'on alignait une dizaine de ballons remplis d'eau et que l'on tirait dessus à bout portant, seuls quatre ballons seraient percés.

Alors que faire pour augmenter ses chances de survie à une vilaine balle coincée dans le bras par exemple ? Tout d'abord, essayer de faire pression sur la blessure ou faire un garrot afin de limiter la perte de sang. Là-dessus, les films sont réalistes. Si l'hémorragie est interne, la décoloration et le gonflement du membre pourront vous alerter. Dans le cas où c'est votre poumon qui est touché, tentez d'obstruer le trou afin d'éviter un pneumothorax, c’est-à-dire la suffocation liée à l'entrée d'air dans la cage thoracique. Quoi d'autre ? Eh bien, pas grand-chose. Comme dit précédemment, la chance y est pour beaucoup…

Si une simple balle est aussi dévastatrice, on vous laisse imaginer ce que donnerait l'une de ses balles dites "invasives" dont la démonstration sur un bloc de gelée transparente est faite en vidéo.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !