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Jouissez, vous êtes filmés...

Enquête chez les accros du sexe en ligne : ces pulsions que les femmes tiennent à cacher

Enquête dans l'univers de ceux qu'on appelle désormais les "sexcaminternautes"... (Partie 6)

Christine De Villiers

Christine De Villiers

Christine De Villiers est journaliste et reporter.

Elle dirige les Editions Gérard de Villiers depuis 1998.

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 A lire également, le premier épisode : Cette détresse affective qui rend les femmes plus entreprenante

A

ma grande surprise, je vais rester longtemps cachée derrière cette photo. Pas toujours aisément.  

Devant parfois déjouer des pièges, ou mentir de façon éhontée.

Dès le lendemain, 8 heures, Véronique se connecte sur le chat du site. J’y suis aussi. « Vous ici ! Je suis si heureuse, ma journée commence bien. » Véronique est en quasi permanence connectée sur ce site de rencontre via son Blackberry. Elle consulte ses mails, en envoie, et surtout…Me cherche dès qu’elle le peut. « Dès que je me connecte, et que je vous vois, je suis troublée. Avez-vous reçu mes photos ? » Oui. Bien sûr. « Vous êtes très jolie dans votre salle de bains. Quel chance j’ai de pouvoir vous admirer nue. » Jouer au playboy n est pas toujours évident, mais Véronique est prête à tout croire. Y compris les mots les plus improbables. « Vous me faites un effet terrible, Thierry. J’ai pensé à vous dès mon réveil. Et là, j’espérais vous trouver connecté. Ouf, vous l’êtes. J’aimerais vous faire autant d’effet que vous m’en faites. C’est possible, pensez vous ? Vous êtes tellement beau ». 

Si elle envoie des photos d’elle nue à tous les profils du site qui l'intéressent, et qu’elle la joue version la fable de Jean de la Fontaine, tous les "renards" du site doivent rêver. Et c’est bien ce qu’elle cherche. Sauf que là, mon profil la fait clairement rêver plus que les autres. « J’ai regardé sur le net. Waouh…Suis impressionnée. Vous avez fait l’Ecole de l’Air ? » Oui. Véronique m’envoie sur le chat des icônes en pagaille, des appels du pied aussi lourds qu il est possible. « Vos dernières conquêtes ont donné quoi ? ». « Oh, pas grand-chose : un ingénieur en informatique, séduisant mais pas très disponible, je lui parle toute la nuit 2 à 3 fois par semaine. Et un gendarme, très mystérieux avec lequel je suis en contact  les jours impairs ».

Je n’en suis là qu’à ses premiers aveux. Un peu plus tard, elle m’avouera qu’elle continue à avoir des relations sexuelles avec le père de ses 3 enfants, et qu’elle attend des nouvelles d’un autre commandant de bord sur 747 aussi. Elle aime l’uniforme, décidément…Et elle en consomme autant qu’elle peut. Mais, dans  le virtuel.

« Avec vous, je me sens déjà tellement à l’aise, j’ai l'impression de vous connaître depuis déjà … Longtemps. Je dois filer, là. Vous êtes connecté plus tard ? » Oui, bien sûr. Je suis là pour çà….

Depuis plus d’1 heure, une niçoise me contacte avec insistance sur le chat du site.

« Bonjour, je m’appelle Thierry. Et vous ? »

« Audrey. Je suis heureuse de vous parler. Votre profil est génial. Quel métier…Vous avez de la chance ».

Même émerveillement de la part d’Audrey, même discours. A la différence qu’Audrey semble très préoccupée par les « contingences matérielles ». J’en suis à me demander si je ne suis pas en face d’une professionnelle.

« Vous semblez charmante. Dommage, pas de photo de vous ».

Qu’à cela ne tienne. Audrey est prête à m’adresser ses photos sur ma boite mail. Dans les 5 minutes.

Et, effectivement, alors que je continue à converser avec elle sur le chat, je reçois l’alerte de l’arrivée de ses photos.

« Je vous laisse regarder. Je vous attends, vous me direz ce que vous en pensez. ».

J’ouvre le mail d’Audrey. Les photos sont plus soft en apparence. Mais très suggestives. Audrey est habillée. Veste cintrée, suffisamment décolletée pour que je puisse voir son décolleté, jupe archi moulante, escarpins très hauts. Tout est siglé. La ceinture porte les deux célèbres initiales L et V. Le sac le double C de Chanel. A son poignet, une montre en or modèle panthère de Cartier. D’autres photos la montrent posant sur le capot d’une Ferrari, d’une Rolls et d’une Mercedes. Clair qu’Audrey est une classique Miss Croisette. Pur produit de la Côte d’Azur.

Audrey n’est pas une créature de cinéma. Mais est tout de même jolie femme. Elle affiche 38 ans sur son profil. A priori…Il faut rajouter quelques années. Classique.

« Je n’ai pour l instant rencontré personne, malgré de très nombreux contacts. Mais aucun ne m'a intéressé. Je n’aime pas trop le virtuel, mais en attendant… »

En fait Audrey s’en défend. Mais adore le virtuel. Elle inonde ma boite mail d’autres photos. De plus en plus « hard ». Et en pleine action.

« C’est mon ex qui les a faites.  Vous aimez ? »

Oui. Bien sûr.

« Quel magnifique corps. Vous devez être un rêve ».

 

Audrey est aux anges. Elle se voit déjà transportée dans une autre vie. Plus luxueuse que celle qu elle mène aujourd'hui. Mais elle est du genre : « Il faut me mériter. » Audrey ne se laisse aller que pour la bonne cause.

Et, pour tester Audrey, ne pouvant pas le faire moi-même en webcam, je la recommande à un ami commandant de bord présent sur le site. Coup de chance : elle lui plaît.

Contact, webcam , puis « sexcam » entre eux. Audrey n est pas farouche devant la cam.

« Mieux qu’un film porno… », me raconte-t-il.Mais il précise qu'il a bien voulu se prêter au jeu une fois. Pas d’accord pour être sollicité deux fois par la charmante Audrey.

Pascal Lardillier, auteur de « Les réseaux du cœur », éd. François Bourin, explique aussi ce phénomène.

Mais son constat est affligeant. « Beaucoup de femmes aiment se sentir séduites (ou séduire) sans implication dans le réel. Ce sont des séductrices purement virtuelles. Elles aiment le « hot ». Mais il est difficile d’obtenir des témoignages, très peu de femmes avouant s’adonner à ce que lui, professeur d’université à Dijon, appelle « l’onanisme online ».

Ces femmes aiment le « hard », le « hot », le « cru »…Et n hésitent pas à jouer le rôle de nouvelles actrices d’un curieux cinéma porno à domicile.

Rien à voir avec les hommes qui sont en fait plus directs. Les femmes se cachent.

Mais où sont passé les théories des américaines Kate Millett et Betty Friedan, à l'origine du mouvement Women’s Lib », pour ensuite influencer nos féministes ???

La réponse se trouve dans les témoignages des hommes…

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