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Endométriose : la délivrance du bon diagnostic qui tombe enfin
©ALAIN JOCARD / AFP

Bonnes feuilles

Endométriose : la délivrance du bon diagnostic qui tombe enfin

Dans "Des barbelés dans mon corps", publié aux éditions du Rocher, Virginie Durant raconte son combat contre l'endométriose au grès des médecin, qui sans jamais l'écouter, la prenaient soit pour une folle soit pour une malade imaginaire. Extrait 2/2.

Virginie Durant

Virginie Durant

Virginie Durant a 38 ans. Elle vit en Corrèze où elle anime des ateliers d'écriture. Elle se bat pour une reconnaissance des douleurs féminines, en offrant un espace d'écoute aux femmes qui souffrent de maladies gynécologiques.

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Le mercredi matin, je me laisse conduire par ma mère à la clinique Saint-Germain, à Brive. Construite sur trois étages, cette clinique m’inspire confiance, j’ai l’impression d’aller vers un établissement de médecine « humaine », et non « industrielle ».

Enfin je suis conduite jusqu’à la salle où je dois passer l’échographie – la troisième en l’espace de quatre jours ! L’échographe, une femme, ne se montre pas aussi optimiste que les deux précédents. Le bilan s’alourdit : en plus du kyste lutéal sur l’ovaire gauche, l’ovaire droit est assailli par un kyste d’endométriose. J’ai donc bel et bien lutté toutes ces années contre une endométriose... À l’infirmier, qui vient me rechercher, je livre le bilan.

« Une endométriose ! s’exclame-t-il. Ma pauvre, quelles souffrances ! »

Soudain, arrive précipitamment le chirurgien.

« Je dois vous opérer en urgence. Ce kyste d’endomé- triose m’inquiète, il cache certainement d’autres nodules. Je ne sais pas si je vais pouvoir sauver l’ovaire. Mais l’autre kyste est aussi inquiétant, car ce n’est pas le premier que vous développez. Écoutez, je vais faire mon maximum, mais très certainement je vais devoir procéder à une hysté- rectomie. »

Alors que l’on m’annonce une intervention en extrême urgence et une probable ablation totale de mes organes féminins, je demeure sereine. Le chirurgien, par ses mots, sa compréhension, m’inspire confiance. Quelle que soit l’issue de cette opération, je suis certaine que, grâce à ce chirurgien, je ne vais plus souffrir.Arrivée au bloc, une infirmière m’invite depuis mon lit à m’installer sur la table. Mais je n’ai plus de forces pour bouger mon bassin. Je mesure à quel point mon corps est arrivé au bout.

« Vous êtes un poids plume, dit l’infirmière, je vais pouvoir vous porter », me dit-elle.

Puis, à l’anesthésiste :

« Il faut l’endormir au plus vite, elle est en grandes souffrances.»

« J’ai pu sauver vos ovaires », me murmure une voix en- jouée.

Je suis en salle de réveil. Le chirurgien m’annonce le miracle. Mais je suis assommée. Puis je comprends que l’on me conduit vers ma chambre où m’attendent mes parents.

« Elle ne se réveille pas..., s’inquiète mon père.

Ne vous inquiétez pas, répond le chirurgien. L’anes- thésiste a surdosé, votre fille souffrait, et il y avait de quoi souffrir. J’ai retiré les kystes sur chacun des ovaires, et il y avait aussi des nodules d’endométriose partout dans le bas- ventre : vessie, intestins, rectum. Et l’ovaire gauche était collé à l’intestin par des adhérences.»

Puis il s’emporte :

« Ce n’est pas normal qu’à Limoges on vous ait laissée dans un tel état ! Vous avez dû mener une lutte incroyable !» Ce chirurgien ne sait rien de moi en dehors de mes in- terventions précédentes, il ne sait rien de ma vie... Mais il me comprend. Il comprend que j’ai souffert. Terriblement.

« Je demeure inquiet, j’ai pu sauver vos organes. Mais je ne sais pas si cette intervention va suffire. Il serait bon de songer à une grossesse. Cela me rassurerait pour votre avenir. »

Le chirurgien est inquiet. Mais en mon for intérieur, je souris. En cet instant, je mesure la différence d’approche de mon mal entre ce chirurgien et celui qui m’avait opérée de mes premiers nodules, et qui n’avait pas poussé bien loin ses investigations, jugeant mon cas « bénin »...

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Extrait de "Des barbelés dans mon corps" de Virginie Durant, aux éditions du Rocher

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