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Bonnes feuilles

Dans un couple (comme en politique...), toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire !

Le docteur Mimoun, gynécologue et thérapeute de couple depuis plus de 25 ans, a aidé de nombreux couples en crise à retrouver le chemin de l'harmonie. Accompagné de François Ducroux, il expose six grands principes pour être heureux en couple et traverser les inévitables disputes qui surgissent tout au long de la vie à deux. Extrait du livre "L’égoïsme partagé" de Sylvain Mimoun et François Ducroux, chez Eyrolles (2/2).

Sylvain Mimoun

Sylvain Mimoun

Sylvain Mimoun est gynécologue, andrologue, psychosomaticien. Il est directeur du Centre d'andrologie de l'hôpital Cochin à Paris; Il est également chroniqueur radio et TV, notamment au Journal de la santé (France 5) où il tient la rubrique "Questions sexo".

Il est l'auteur de "La masturbation rend sourd : 300 idées reçues sur la sexualité " aux éditions First.

Voir la bio »François Ducroux

François Ducroux

François Ducroux est journaliste et réalisateur de documentaires scientifiques. Il a été rédacteur en chef d'émissions d'investigation.

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Notre époque est celle de la transparence. Le couple idéal serait celui où l’on se dit tout, où chacun des conjoints n’a pas de secret pour l’autre, où l’on se raconte sans tabou tout ce que l’on vit au travail, en dehors, où l’on s’avoue toutes ses petites faiblesses, ses traumatismes d’enfance, voire ses infidélités.

Tout cela provient d’une fiction  : au sein du couple, il n’y aurait plus de «  je  », mais seulement le «  nous  ». L’amour estomperait les individualités pour laisser place à une entité unique. Alors que même fous d’amour, nous restons deux êtres distincts et qui doivent le rester. Car c’est notre altérité, notre part de mystère qui attire l’autre. En outre, l’injonction de tout se dire peut avoir des effets pervers dommageables à votre couple. Nous allons voir ici que tout n’est pas bon à dire et que certains secrets doivent être gardés. L’égoïsme partagé consiste à ne pas tout dévoiler, à garder votre part de mystère, à mentir par omission, voire à mentir tout court. La priorité n’est pas que l’autre sache tout, mais qu’il se sente bien.

« On se dit tout » : erreur ! Arrêtez de vous plaindre

Notre partenaire est aussi notre confident, quoi de plus tentant que de s’épancher auprès de lui, lui raconter jour après jour tous nos tracas, petits et grands  ? À première vue, partager notre égoïsme, c’est s’autoriser à vider notre sac auprès de l’autre afin de s’en sentir allégé. Mais attention à ne pas le saturer, car en général il y en a un qui se plaint plus que l’autre…

Il est fréquent, de retour du travail, d’avoir envie de raconter nos petites misères à notre partenaire qui partage notre vie. Une journée au bureau comporte son lot de stress. On a besoin en rentrant chez soi de l’évacuer. « Chabot m’a encore fait un sale coup aujourd’hui, je n’en peux plus de ces contrats à éplucher. » Sujet de conversation pas folichon, convenons-en, mais après tout si l’on ne confie pas à sa moitié ce qu’on a sur le cœur, à quoi bon vivre ensemble ?

Il est pourtant judicieux de ne pas commencer la soirée en déversant sur l’autre son trop-plein de rancœurs et de frustrations. Si votre partenaire vous prête gentiment une oreille compatissante, vous pouvez vite prendre de mauvaises habitudes : vous courez le danger de le submerger de vos propos négatifs, de le soûler… Et si cela se reproduit trop souvent, il y a un risque de rejet. Que vous soyez homme ou femme, vous allez à ses yeux devenir la petite chose gémissante, quelqu’un qui donne envie de prendre ses jambes à son cou ! Alors, que faire ? Jusqu’où aller dans les confidences ?

Si vous êtes encore préoccupé en rentrant chez vous, faites d’abord retomber la pression. Commencez par vous allonger, vous recentrer sur vous-même en respirant profondément par l’abdomen pendant une dizaine de minutes. Et si vous éprouvez malgré cela le besoin de vous épancher, il est essentiel de d’abord chercher à savoir où en est l’autre. S’il est fermé, ce n’est pas le moment. Il se peut que votre conjoint ait, lui aussi, eu des problèmes dans la journée. Ne venez pas l’accabler avec les vôtres sans avoir frappé à sa porte. La personne qui partage votre vie ne veut et ne peut pas être votre thérapeute.

Précision  importante  : même si votre conjoint est thérapeute de métier, c’est la personne la moins bien placée pour recevoir vos doléances, car il vous aime et ne pourra pas « faire le tri ». L’intérêt du psy, c’est d’entendre les bonnes comme les mauvaises choses sans affect. Le conjoint, lui, ne peut pas avoir cette distance. Lui raconter, par exemple, un traumatisme de votre enfance risque de lui donner de vous l’image effrayante de quelqu’un de traumatisé, avec en prime la culpabilité de se sentir impuissant à vous soulager. La meilleure façon d’éviter que votre couple ne devienne un «  bureau des pleurs  » est de pouvoir discuter d’abord d’autre chose, de sujets plus légers : les enfants, les projets à court terme.

Cela permet de créer un sas de décompression, une cellule de dégrisement le temps de faire retomber le stress du boulot. Et d’attendre d’être sur l’oreiller pour confier ses états d’âme. La sécurité du lit et la proximité de l’autre les rendra moins angoissants, vous les relativiserez d’autant plus que vous aurez passé la soirée à parler d’autre chose.

Extrait du livre "L’égoïsme partagé" de Sylvain Mimoun et François Ducroux, chez Eyrolles 

Prix : 14€90

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