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Les prédictions d’ Electionscope pour les législatives : pas de vague rose, débacle du MODEM, FN en baisse ... et pourquoi pas une majorité à droite ?
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Le Tierce dans l'ordre

Les prédictions d’ Electionscope pour les législatives : pas de vague rose, débacle du MODEM, FN en baisse ... et pourquoi pas une majorité à droite ?

Le modèle d'analyses Electionscope vient de publier ses prévisions pour les législatives. Avec quelques surprises.

Bruno Jérôme

Bruno Jérôme

Bruno Jérôme est économiste, maître de conférences à Paris II Panthéon-Assas.

Il est le co-fondateur du site de prévisions et d'analyses politico-économiques Electionscope.

Son dernier ouvrage, La victoire électorale ne se décrète pas!, est paru en janvier 2017 chez Economica. 

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Atlantico : Vous proposez un mode de prévision des résultats aux élections reposant sur l'analyse des scrutins passés. Comment anticipez-vous les législatives ?

 

Bruno Jérôme : Nous attendons une reproduction partielle des résultats de l'élection présidentielle. Finalement, la droite domine toute la façade est ainsi que le centre. Il est par contre intéressant de noter le nombre de départements, en blanc sur la carte, qui sont confrontés à des situations d'égalité. A l'est notamment, les départements en blanc sont concernés par des triangulaires.

 

Sur le chiffre global, nous estimons qu'il y aura 65 triangulaires. La majorité actuelle ne devrait en remporter qu'une vingtaine.

 

Les résultats devraient-ils être très différents des dernières législatives ?

 

Nous n'avons fait nos tests que sur la métropole. Notre outil rend compliqué des évaluations sur les DOM TOM et sur les Français de l'étranger.

 

La majorité sortante devrait perdre 63 sièges au profit de la gauche plurielle. Je dis bien plurielle car les socialistes devraient avoir beaucoup de mal à bénéficier d'une majorité absolue.

 

 


Vous arrivez à près de 15% de scrutins exprimés en faveur du Front national, sans obtenir de sièges. Ces électeurs sont-ils sensés se rediriger ensuite vers la droite ?

 

En réalité, il n'y a pas de répercutions automatique de leurs votes vers la droite. La simulation de notre modèle intègre directement les cas de triangulaires. Historiquement, nous nous reposons sur les résultats qui avaient été précédemment enregistrés lors de ces triangulaires.

 

Avec 14,33% des votes, le vote Front national est largement inférieur à ce qu'a obtenu Marine Le Pen au premier tour de l'élection présidentielle. Cela n'est pas étonnant car le FN a toujours une décote aux législatives.

 

L'abstention devrait jouer énormément. Nous nous sommes basés sur un taux d'abstention de 34%. Il y a beaucoup de déchets du Front national sur le second tour qui devraient pouvoir se reporter sur la droite classique.

 

274 sièges pour la gauche plurielle, 265 pour la droite … le résultat est plus serré que ce que l'on a pu anticiper par ailleurs non ?

 

Absolument. C'est beaucoup plus serré que l'on ne le prévoyait. C'est un effet induit de la présidentielle : le résultat a été là aussi plus serré que les sondeurs ne l'avaient annoncé. En métropole, il n'y aurait que neuf sièges d'écart entre la gauche et la droite dans notre hypothèse moyenne.

 

Cela laisse augurer une opposition de droite extrêmement forte. Le PS devra par ailleurs s'allier avec le Front de gauche et les Verts pour pouvoir faire passer des lois. 274 sièges en métropole, cela signifie que la gauche va devoir également obtenir un bon nombre de sièges chez les Français de l'étranger et des DOM TOM. Au final, cette majorité relativement courte pourrait rappeler la situation de 1988.

 

Pour le MODEM, vous anticipez une véritable débandade. Comment l'expliquez-vous ?

 

Effectivement, c'est pratiquement la fin du MODEM. Dans nos projections, nous analysons l'histoire électorale du centre depuis 1974. En la comparant aux zones de fortes du MODEM depuis 2007, on distingue des départements où cet électorat est résolument à droite ou à gauche.

 

Il y a tout de même quelques départements où le MODEM obtient des résultats moins catastrophiques.

 

Vos résultats sont-ils proches de ceux des instituts de sondage ? En quoi divergez-vous ?

 

Pour l'instant, nos analyses sont assez proches. Notre scénario moyen montre une gauche devant, sans vague rose. La seule petite différence, peut-être, c'est que nous attendons beaucoup plus serré que les instituts de sondage qui attendent 340 sièges pour la gauche.

 

Vous n'avez pas peur de vous retrouver du mauvais côté de la barrière, comme pour la présidentielle ?

 

Nous avons pris l'habitude ! Plus sérieusement, il est toujours possible de se tromper. Ceci étant, nous prenons à présent compte de la marge d'erreur, ce qui nous permet de prévoir plusieurs scénarios avec une hypothèse haute et une hypothèse basse.

 

Parmi ces hypothèses moins probables, y a-t-il des surprises ? Une majorité à droite par exemple ?

 

Oui, l'un de nos scénarios prévoit une poussée de la droite. Si la majorité sortante se trouve dans le haut de la marge d'erreur, cela donne un bloc de droite qui frise les 54% au premier tour. Cela se traduirait par 289 sièges sur la métropole, pile la majorité absolue.

 

Propos recueillis par Romain Mielcarek

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