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Crédits Photo: KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Edwy Plenel Gérald Darmanin polémique René Bousquet ministre de l'intérieur police Vichy

Antifascisme de pacotille

Edwy Plenel est en très, très grande forme : il assimile la police d'aujourd'hui à celle de Vichy en 1942 !

Non il ne picole pas. Tout chez lui est soigneusement réfléchi et calculé.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Un jour le patron de Mediapart entendit des voix. Elles lui dirent : "camarade toujours tu combattras le fascisme". L'ordre de mission était clair et représentait pour Plenel son ticket d'entrée au paradis où l'attend Léon Trotsky alors que le pauvre Staline gémit en enfer. 

Le problème est que les fascistes manquent à l'appel : un gibier en voie de disparition. Que pouvait-il faire pour que son tableau de chasse soit bien rempli ? Comment combattre alors que l'ennemi, aussi précieux, se fait inexistant ? 

Plenel relut Tartarin de Tarascon qui tuait et tuait des lions imaginaires. Et il inventa des fascistes. Par monts et par vaux, qu'il neige ou qu'il vente, il arpenta la France en criant "le fascisme ne passera pas".

Et plus il y avait de fascistes, plus Plenel se grandissait dans son héroïsme. Ainsi sa gloire se hissait jusqu'au firmament. Mais ce n'était pas suffisant pour lui. Il vient, ayant bien cherché, de trouver de nouveaux trophées qui se dissimulaient dans les heures les plus sombres de notre histoire. 

Un autre antifasciste, le maire écologiste de Colombes, avait, dans un élan de vérité, assimilé les policiers d'aujourd'hui aux policiers de la rafle du Vel d'Hiv en 1942. Le destin des migrants délogés de leurs camps devenait ainsi celui des Juifs qu'on emmenait vers les chambres à gaz. 

Mais sous les huées ce sympathique édile baissait la tête et fit amende honorable. C'était sans compter avec Edwy Plenel qui prit sa défense et salua ses propos qu'il n'avait pas eu le courage d'assumer jusqu'au bout. 

Puis Plenel visa plus haut. Il publia une photo de René Bousquet, l'organisateur de la rafle du Vel d'Hiv, en compagnie d'officiers SS. Et il convia Darmanin à la méditer avec ce commentaire : "c'est comme ça que ça commence". En la personne du ministre de l'Intérieur, le patron de Mediapart avait ciblé un fasciste de taille, un fasciste à la dimension voulue : un cachalot comparé au menu fretin qu'il avait pêché jusqu'à maintenant. La vigueur de son engagement passionné est illustrée par une photo de Plenel portant un t-shirt "urgence la police assassine". 

Cependant, il faut essayer de comprendre les tourments du patron de Mediapart. La classe ouvrière, indispensable avant-garde de la révolution tant désirée, ayant quitté la scène il s'est rabattu sur le prolétariat étranger : immigrés et migrants. C'est avec eux, grâce à eux, que naîtront les lendemains qui chantent. 

Avec le patron de Mediapart, nous avons fait un détour instructif vers les années 30. Restons y. Il y eut à cette époque un personnage très doué pour la propagande et le mensonge : Goebbels. Nous invitons Plenel à méditer son exemple.

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