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Education : tous les secrets pour donner à votre enfant l'envie de lire et écrire
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Bonnes feuilles

Education : tous les secrets pour donner à votre enfant l'envie de lire et écrire

Alain Sotto et Varinia Oberto donnent des pistes aux parents pour que leurs enfants puissent appréhender dès leur plus jeune âge le plaisir, l'enrichissement et l'émotion qu'apporte la lecture. Extrait de "Donner l'envie d'apprendre" (1/2).

Alain  Sotto et Varinia Oberto

Alain Sotto et Varinia Oberto

Alain Sotto est psychopédagogue. II s'est spécialisé dans les stratégies d'apprentissage pour enfants et adultes.

Varinia Oberto est pédagogue et écrivain. Elle est responsable du suivi méthodologique d'enfants en difficulté scolaire.

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Amener l’enfant au plaisir de lire

Afin que l’enfant n’abandonne pas la lecture au profit de la télé ou des jeux vidéo, il est du rôle des parents de la faciliter. L’enfant devient un lecteur à deux conditions. La première se situe quand, apprenant à lire, il comprend que les mots ont du sens, et qu’il traduit en images ce qu’il lit. Il « filme » l’histoire, la remet en images, les siennes. S’il ne réussit pas cela (souvent il ne sait pas qu’il a à le faire), il reste cantonné dans une lecture privée de sens et il perd le goût de la lecture, goût qu’il a perçu à écouter les histoires que lui lisait ses parents au coucher quand il était plus petit.

La deuxième condition pour que l’enfant ait plaisir à lire est que ses parents, ou au moins l’un d’eux, aiment lire et le montrent : le plaisir est communicatif.

L’enfant doit appréhender dans les toutes premières années le plaisir, l’enrichissement, l’émotion qu’apporte la lecture. L’erreur serait pourtant de le forcer : on risquerait de le détourner à jamais des livres.

Le moment de la lecture doit être un moment privilégié. Et pour que le partage ait lieu, pour que passe l’émotion, on s’implique dans cette activité, on vit l’histoire que l’on parcourt.

Dans sa première année d’école, l’enfant n’est pas encore capable de transposer ses acquis ailleurs que dans son livre de classe. Même s’il lit bien, se saisir du sens de tout un texte est encore compliqué pour lui. Alors on lit pour lui. À sept, huit ans, l’enfant lit, puis la mère, puis l’enfant. Ou la mère lit un soir quand il est trop fatigué pour le faire. Ensuite, on peut imaginer que l’enfant, plus indépendant, veuille lire, fantasmer, rêver tout seul. Encore qu’il arrive à certains d’aimer partager ce plaisir. Et comme il est toujours complexe d’entrer dans une histoire, si l’on sent que l’enfant a du mal à ouvrir un livre, on lui lit les premières pages pour l’installer dans l’histoire.

Quant à l’adolescent, pourquoi ne pas découvrir son univers, faire l’effort de l’explorer pour y trouver de l’intérêt et parvenir à partager avec lui : lire une bande dessinée qu’il a particulièrement aimée, un article de sa revue favorite, en parler. Une certaine complicité établie, il est alors beaucoup plus aisé de l’entraîner en douceur vers quelques lectures, disons, plus classiques.

La lecture de plaisir a aussi une fonction d’apprentissage. L’enfant a accès à des connaissances auxquelles il ne prêterait pas attention si elles lui étaient proposées sous une forme plus scolaire. De plus, sans en être vraiment conscient, il engrange des mots nouveaux. Il lit un mot, le comprend plus ou moins grâce à son contexte. Il le retrouve dans une autre phrase ou un autre livre, un autre contexte, et le sens se précise. L’enfant s’approprie le mot.

Astuce : Un autre moyen d’intéresser l’enfant à la lecture est de laisser traîner au salon et un peu partout dans la maison livres, revues, journaux.

L’écrit

Depuis qu’il est tout petit, l’enfant a le modèle de l’adulte en train de lire. Mais il ne lui est jamais donné de modèle pour produire de l’écrit. On lui met sous les yeux des textes achevés. À un élève qui fait une rédaction, l’enseignant demande de faire un brouillon, de se relire avec soin, de corriger. L’apprentissage est laborieux, d’autant plus que l’enfant ignore qu’écrire, même pour l’adulte, ne peut se faire sans hésitations ni ratures. Il pense n’être pas doué pour rédiger puisqu’il est incapable de produire facilement un écrit à peu près satisfaisant.

Amener l’enfant à l’écrit est une tâche difficile pour les parents, d’autant qu’à l’école ses productions sont soumises à évaluation. Alors tout est bon à la maison pour le familiariser à sa diversité. Pour le pousser à prendre un stylo ou à ouvrir l’ordinateur, on donne de l’importance aux petits écrits.

Pour ce genre d’écrits, une erreur serait de se focaliser alors sur l’orthographe. C’est cela qui le plus souvent inhibe l’enfant, les dictées et le rouge qui souligne toutes les « fôtes ».

Si on ne le prend pas en « faute », si on le laisse écrire tranquillement, il est alors possible qu’à un moment ou un autre, il vienne de lui-même poser une question. Ou, ne se sentant pas jugé, qu’il accepte une ou deux suggestions (pour ne pas dire corrections).

Astuce, Les petits écrits

  • Suite ou fin d’un feuilleton, d’un livre.
  • Lettres aux grands-parents ou à un personnage imaginaire.
  • Légendes de ses dessins.
  • Bulles de bandes dessinées.
  • Messages pour un jeu de piste.
  • Formulaires.
  • Listes de courses.
  • Rédaction d’invitations pour son anniversaire.
  • Petits récits inventés.
  • Paroles de chansons.
  • Programme des vacances.

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Extrait de "Donner l'envie d'apprendre, nouvelle édition augmentée", Ixelles Editions (mars 2013)

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