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Il s'enfonce

Edgar Morin ou comment la haine de soi peut rendre fou…

La vieillesse est un naufrage. Jamais ça ne s'est autant vérifié que dans son cas.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

Voir la bio »

Benoît Rayski : Edgar Morin fut grand en son temps. Mais c'était il y a très, très longtemps. Il écrivit quelques beaux livres dont certains ne dissimulaient pas ses origines. Vint la guerre d'Algérie qui lui fit aimer le FLN.

Cet amour fut contrarié par les sanglantes exactions commises par ce parti une fois arrivé au pouvoir. Morin élargit alors son champ amoureux aux Arabes. Et quand ça lui parut insuffisant il déclara sa flamme à l'islam.

Une telle passion ne pouvait s'accommoder du stigmate de ses origines. Morin commença à s'en libérer. Avec une série d'articles publiés dans Le Monde : "Moi, Marrane". C'était un début. L'article contenait des considérations suffisamment ambiguës et en même temps claires pour qu'on comprenne qu'il ne voulait plus être Juif.

Une polémique s'en suivit. Les Israéliens et bon nombre de Juifs s'étonnèrent de cette apostasie voulue et revendiquée. La colère aidant, Morin s'en prit à Israël, qui opprimait les Palestiniens et aux Juifs qui n'aimaient pas les Arabes.

La mue était achevée. Et Morin quitta ce peuple qui n'était pas digne de lui. Restait l'islam. Une religion au charme fascinant. Et il brûla la synagogue pour se prosterner devant la mosquée.

Une victime expiatoire et innocente s'offrait à ses sentiments enflammés : Tariq Ramadan. Un prédateur sexuel? Non! Un prédicateur respecté et talentueux. Qu'il soit en prison remua l'âme sensible de Morin. Car avec lui c'était tout l'islam qu'on emprisonnait.

Il a exprimé sa révolte dans un tweet récent sur les plaignantes qui accusent Ramadan. " A-t-il violé trois femmes ou ont elles violé trois fois la vérité ?". Pauvre Morin. La presse française l'a oublié. Il se console en lisant la presse arabe où ses propos sont à l'honneur.

Droit de réponse d'Edgar Morin 

Edgar Morin : Votre article du 28 juillet contient de nombreuses et graves inexactitudes factuelles - pour ne pas dire calomnies - dont le seul dénominateur commun est ostensiblement l'animosité que vous me portez et qui m'oblige à exercer le présent droit de réponse. 

J'ai été partisan de l'indépendance de l'Algérie mais je n'ai jamais "aimé" le FLN et encore moins soutenu sa stratégie puisque j'ai au contraire défendu l'honneur de Messali et des messalistes calomniés et assassinés par le FLN. 

Je n'ai jamais contesté l'existence d'Israël, ni "brûlé de synagogue", pas plus que je ne me suis prosterné devant aucune religion. La colère délirante est chez ceux qui m'attribuent ma soi-disant apostasie, "honte de soi" (titre de l'article qui m'attaque). J'ai toujours reconnu mon origine juive et ai fait un livre plein de piété sur mon père et mes ascendants : "Vidal et les siens" 'Le Seul, 1989). Où est la "honte de soi" ? Si je dis que je fais partie du peuple maudit, je dis aussi que je ne fais pas partie du peuple élu. 

J'ai manifesté non pas "un amour particulier", mais de la compassion pour tous les opprimés dont les Palestiniens, et je me refuse à tout antisémitisme, à toute arabophobie et à tout mépris raciste ou religieux quel qu'il soit. Résistant sous l'Occupation je n'ai jamais été anti Allemand mais anti nazi. 

Je suis libre penseur et j'ai justement défendu dans un débat avec Tariq Ramadan l'idée que l'homme a créé Dieu et non l'inverse. Je considère que les trois monothéismes, qui ont la même base biblique, ont une conception monopoliste de la vérité. 

Je n'ai pas défendu Tariq Ramadan, j'ai déploré les conditions de sa détention et j'attends le jugement d'un procès sans préjugé concernant les accusations de viol. 

Je ne peux que déplorer les termes de votre article qui trahissent un esprit partisan bien éloigné de la rigueur qu'exige le métier d'informer. 

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