Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Science
Crédits Photo: Reuters
L'éruption volcanique du volcan Bardarbunga, qui a débuté le 31 août 2014 s'est finalement arrêtée le 27 février 2015

Un volcan s'éveille

Doukipudonktan ? Les scientifiques militaires comprennent enfin l'origine de l'odeur d’œufs pourris qui avait envahi la Scandinavie toute entière en septembre dernier

Une odeur d’œufs pourris avait envahi une ville sur la côte norvégienne en septembre 2014. Puis ce fut le tour de la Suède et de la Finlande. De quoi alimenter toutes sortes de psychoses.

Des scientifiques auraient enfin découvert ce qui s'est passé le 9 septembre 2014. Ce jour-là une terrible odeur d'œuf pourri envahit toute la ville de Molde, sur la côte norvégienne. Les pompiers sont à pied d'oeuvre pour tenter de résoudre le problème. Les habitants commencent, eux, à sérieusement s'inquiéter. Personne ne comprend d'où peuvent venir ces effluves désagréables.

La psychose s'installe lorsque, le lendemain, une odeur similaire est ressentie à Storuman County, en Suède. Puis, c'est au tour de la Finlande de souffrir de cette odeur pestilentielle. Toute la Scandinavie est donc touchée par cet étrange phénomène. Et si le coupable était tout simplement un volcan dont l'éruption a commencé en Islande? Le volcan Bardarbunga crache en effet de la lave, mais rejette également des gaz et des particules.

L'éruption du volcan Bardarbunga filmée par un drône :

Cette théorie a été étudiée par des scientifiques de l'agence de recherches suédoise basée à Umea. Ces chercheurs ont surtout essayé de comprendre s'il était possible que les gaz rejetés par le volcan soient ressentis par des des humains aussi loin, et trois semaines après l'éruption.

En effet, il est possible que les habitants d'une ville entière, voire d'une région, subissent les odeurs d'oeuf pourri. En 2013, en France, une odeur avait ainsi été ressentie dans toute la vallée de la Seine, de Rouen à Paris, et même jusqu’au sud de l’Angleterre. Une réaction chimique impromptue, survenue dans l’usine Lubrizol de Rouen, qui a déclenché les émanations d’éthylmercaptan. L’exploitation de cette usine qui fabrique des lubrifiants, et est classée Seveso, a été stoppée par arrêté préfectoral, malgré le caractère "non toxique" de la fuite, martelé par les ministères de l’Ecologie et de l’Intérieur : "Le mercaptan est un marqueur très olfactif de type gaz de ville, connu de tous, et qui ne présente pas de risques pour la santé".

Les scientifiques scandinaves ont, eux, identifié le gaz, le sulfure d'hydrogène, car c'est celui dont l'odeur caractéristique ressemble à celle de l'oeuf pourri. Il leur suffisait désormais de trouver la quantitié rejetée par le volcan. Mais, les géologues n'effectuent pas de mesure directe du taux de sulfure d'hydrogène. Les satellites de télédétection, eux, sont capables de mesurer la concentration de dioxyde de soufre, qui est également libéré en grande quantité lors des éruptions.

Les chercheurs utilisent ces données, puis le sens des vents et en concluent que ces concentrations de gaz dans les régions concernées en Norvège, Suède et Finlande pendant plusieurs jours, n'étaient pas assez conséquentes. Ils affirment que le dioxyde de soufre n'est pas le responsable car les niveaux sur ces zones étaient bien en dessous du seuil olfactif que les humains peuvent détecter.

En revanche, ils concluent : "Nous soutenons que la cause de l'odeur nauséabonde était le sulfure d'hydrogène provenant de Bardarbunga." Ce modèle de calcul, perfectible, permet donc de mesurer la présence d'un gaz même quelques semaines après sa diffusion. Le fait que cette découverte ait lieu en Suède n'est pas anondin. En effet, en 1986, la Suède est le premier pays à avoir alerté sur l'étendue du nuage radioactif provenant de Tchernobyl jusqu'à ses frontières.

L'éruption volcanique du volcan Bardarbunga, qui a débuté le 31 août 2014 s'est finalement arrêtée le 27 février 2015, et a donc duré presque six mois. Cela faisait plusieurs semaines que l'activité sismique ralentissait. Au final, le champ de lave a atteint 85 km² avec une épaisseur moyenne de 10 à 14 m et un maximum de 40 m, pour un volume de 1,4 km³. L'éruption fissurale d'Holuhraun dégage d'importantes quantités de gaz et a déjà expulsé plus d'un kilomètre cube de lave sur une zone de plus de 72 km². Résultat, cette éruption est maintenant la plus importante d'Islande depuis l'éruption du Laki en 1783 où 15 km3 de lave avaient jailli des entrailles de la Terre, indique la chaîne de télévision islandaise RÚV.

Voici des images de l'éruption :

Lu sur MIT Technology Review

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !