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Dix ans de militantisme et dix-huit mois de cabinet avant de réaliser : la gauche est nulle et voici pourquoi

La bêtise n'est ni de gauche ni de droite bien sûr, mais la bêtise de gauche est inégalable. Depuis mai 2012, le pouvoir lui donne des ailes. "Elle ose tout" comme disait Audiard. Extrait de "La bêtise de gauche - Abécédaire", publié chez Plon (1/2).

Joséphine  (pseudonyme)

Joséphine (pseudonyme)

Des années de militantisme et un passage en cabinet ministériel ont fini par convaincre Joséphine, dégoûtée, qu'il était temps de faire l'abécédaire de la bêtise de de gauche.

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Presque dix ans de militantisme et dix-huit mois de cabinet avant de réaliser.

La lucidité, c’est comme la foi. On peut vivre sans, mais quand elle frappe, tout change, tout s’éclaire.

Et là, d’un seul coup, à l’épreuve de la réalité, l’évidence m’est apparue. Nous sommes nuls ! Ils sont nuls !

Il n’y avait qu’à regarder le bilan pour s’en rendre compte. Presque deux ans avec tous les pouvoirs, exécutif et législatif, sans parler de la mainmise sur les collectivités territoriales. Et pour quoi ? Le chômage qui explose, les impôts qu’on a augmentés jusqu’à plus soif, la paupérisation galopante, les investissements étrangers qui foutent le camp et les jeunes diplômés qui leur emboîtent le pas. Et, en prime, un pays divisé, déchiré par de prétendues réformes de société de première urgence. Tu parles, résultat, la moitié de la France contre l’autre, pire encore que sous Sarko. Et la communication ! Calamiteux. Je ne parle même pas des histoires d’actrices… Mais tous ces couacs… Leonarda, pour ne citer que celui-là.

Je n’en pouvais plus. C’est à peine si, dans les dîners, j’osais dire ce que je faisais. Je me suis mise à la place du type de chez Renault quand Carlos Ghosn s’amusait à virer pour espionnage des innocents.

Tu n’oses plus sortir de chez toi. Tu as l’impression que tout le monde te déteste, que toutes les conneries de ton employeur sont écrites en fluo sur ton front.

A faire la liste de tous les échecs m’est venue l’idée de ce petit livre. Qu’au moins tout cela n’ait pas servi à rien.

Certains soirs, quand j’écris, je ris toute seule. Mais c’est dur aussi. C’est un peu le journal de mon aveuglement que je tiens ainsi.

J’essaie de comprendre. Et tout d’abord, le péché originel. Hollande. Comment a-t-on pu croire en lui ? Le prendre au sérieux ? A la tête du parti, sa capacité à ne rien faire, à ne fâcher personne, passait pour de la subtilité. Nous n’avons pas voulu voir que c’était sa nature profonde. Ne rien faire. La mollesse incarnée. Pas de volonté, pas d’ambition pour le pays. Un gros malin qui est convaincu qu’il s’en tirera toujours, qu’il récupérera la situation in extremis à son bénéfice. Qu’il y aura chaque fois une crise internationale pour gommer les chiffres du chômage. Il a tenu comme ça un an et demi. Et puis, devant l’accumulation de mauvais résultats, il a bien fallu finalement faire quand même quelque chose. Ce fut le pacte de responsabilité.

Quelle bêtise ! C’est n’importe quoi, ce pacte. Pour une fois, les écolos ont raison. On ne met pas 50 milliards sur la table, comme ça, sans aucune vision. Alléger les charges c’est bien, mais ça va se terminer en saupoudrage généralisé sans aucune retombée positive. Le Medef a été honnête d’ailleurs, il a prévenu. Pas certain que tout cela se traduise en termes d’emplois. C’est le degré zéro de la pensée économique et de la pensée politique réunies, ce pacte. Il aurait tout de même pu être associé à quelques projets d’envergure, l’innovation, les énergies renouvelables… Une ambition, quoi ! Donner l’impression qu’on peut influer sur les choses.

Ça y est. Je me reprends au sérieux alors qu’il faudrait juste en rire, pour ne pas en pleurer.

Je les déteste. Parce que je les connais bien, parce qu’ils m’ont trompée.

Ils ont réussi à faire croire qu’ils avaient le monopole de l’intelligence, de la générosité. Tu parles ! Les plus malins sont carriéristes et ne croient en rien. Ils ont choisi la gauche, comme Mitterrand, parce que la droite était trop encombrée. Qu’on ne me fasse pas croire que Cahuzac était pétri de justice sociale, ou DSK taraudé par l’idée de la parité…

C’est fini. Je les abandonne à leur bêtise. Et je mettrai le point final à mon histoire déçue à la lettre Z, comme zéro.

Extrait de "La bêtise de gauche - Abécédaire", de Joséphine (pseudonyme), publié chez Plon, 2014. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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